Solidarité internationale antifasciste – 17 déc.

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Solidarité internationale antifasciste

Vendredi 18 novembre, Mikhail Norokha, militant antifasciste ukrainien de 17 ans, a été retrouvé assassiné. Après plusieurs tentatives, l’extrême-droite locale a eu sa peau. Le Collectif Antifasciste Rennais tient à saluer la mémoire de Mikhail, mort de n’avoir pas toléré le fascisme, et assure ses camarades de lutte antifasciste de tout son soutien. Dans les pays de l’ancien bloc soviétique, la violence des groupes fascistes, encouragée par la relative impunité dont ils bénéficient et de nombreuses complicités, atteint des proportions effarantes. Entre janvier et septembre 2010, on dénombrait rien qu’en Russie 23 meurtres et au moins 241 agressions commis par des néonazis.

Cependant, l’Est de l’Europe n’a pas l’exclusivité de la violence meurtrière de l’extrême-droite. Après le massacre norvégien d’Anders Behring Breivik cet été, moins de trois mois après les émeutes anti-Rroms en Bulgarie, c’est à Florence qu’un militant fasciste de Casapound a assassiné deux vendeurs ambulants Sénégalais et blessé gravement un troisième ce mardi 13 décembre.

Derrière le fascisme…

Ces meurtres ne sont pas des actes isolés commis par des fous, déconnectés d’un contexte d’ensemble. A l’heure où sévit la pire crise du capitalisme de l’histoire, le nationalisme et le racisme servent de dérivatifs pour détourner la colère populaire des véritables fauteurs de misère. L’ensemble de la classe politique cède aux sirènes du repli chauvin et à la tentation protectionniste aux accents patriotiques. Allant bien plus loin, l’UMP adopte unes à unes les thèses de l’extrême-droite les plus nauséabondes, des propos de divers ministres sur les étrangers et l’immigration à la pétition « contre la christianophobie » signée par 59 députés, collant ainsi à la ligne des intégristes de Civitas. Cette surenchère xénophobe et réactionnaire fait évidemment le lit du Front National qui jouit dans les circonstances d’une précampagne électorale sur son terrain de prédilection et d’une médiatisation importante et bienveillante. Afin de sauver la bourgeoisie et le système en place en détournant le ras-le-bol populaire, Marine Le Pen va même jusqu’à se donner des pseudos accents anti-système, au moment même où ses grands amis grecs du LAOS participent au gouvernement d’union nationale dont le seul but est de sauver les intérêts des banquiers et du FMI.

Dans ce contexte, une multitude de groupuscules fascisants se sentent pousser des ailes. Si en France, le meurtre n’est pas érigé en méthode militante du quotidien, l’extrême-droite radicale multiplie les provocations, officiellement par des manifestations de rue et autres coups d’éclat (interruptions de pièces de théâtre, de spectacle comique, actions médiatiques …), plus officieusement par le cumule de menaces de mort, les agressions physiques parfois graves comme à Lyon ces derniers mois, devant le Lycée Autogéré de Paris cette semaine ou la tentative de meurtre à Rennes en mai dernier. A Rennes comme ailleurs, des groupuscules fascisants comme Égalité & Réconciliation ou les Identitaires tentent de s’affirmer. Le Collectif Antifasciste Rennais fera tout pour s’opposer à leurs tentatives d’imposer leurs thèses racistes, sexistes et homophobes.

Le fascisme, c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève.


L’assassinat de Mikhail Norokha comme de tant d’autres vient prouver s’il en était besoin qu’au-delà du slogan, il s’agit là d’une réalité concrète.
Les idées d’extrême-droite ne sont pas un courant de pensée comme un autre qu’il faudrait tolérer, dont il faudrait débattre. Ses promoteurs ne sont pas des citoyens comme les autres avec qui il faudrait discuter en essayant de se convaincre loyalement. Ce sont des personnes dangereuses aux idées dangereuses qu’il faut combattre sans relâche.

Paix entre les peuples, lutte entre les classes.

Face à l’offensive réactionnaire, il faut dénoncer la supercherie fascisante, pur produit du système d’exploitation capitaliste. Il faut opposer à ces idées mortifères une solidarité populaire et internationaliste, une résistance multiculturelle et déterminée à l’oppression imposée par les classes dirigeantes, multiplier les luttes pour l’émancipation et la justice sociale.

En cette journée internationale d’hommage à Mikhail Norokha, le Collectif Antifasciste Rennais s’associe aux divers groupes antifascistes pour assurer que nous ferons vivre les idées et les combats pour lesquels il a été assassiné.

International antifascist solidarity

On Friday, 18 November, Mikhail Norokha, a 17-year-old Ukrainian antifascist activist, was  found murdered. After several attempts, the local extreme-right actually killed him. The Collectif Antifasciste Rennais1 would like to salute the memory of Mikhail, dead for standing up against fascism, and bring its support to his antifascists comrades. In the countries of the former Soviet bloc, the fascist groups’ violence, taking strength in the relative impunity granted to them, is rising to frightening levels. Talking solely of Russia, between January and September 2010, 23 murders and at least 241 attacks against people were commited by neonazis.

However, Eastern Europe has no exclusiveness for the extreme-right’s deadly violence. After the Norwegian Anders Behring Breivik’s massacre this summer, less than three months after the anti-Rrom riots in Bulgaria, a fascist activist from Casapound murdered two Senegalese street vendors and seriously wounded a third, tuesday 13 december in Florence.

Behind fascism…

Those murders are not isolated crimes commited by crazy people, disconnected from a larger scale situation. In the context of the worst crisis of capitalism in history, nationalism and racism are acting as smoke and mirrors to turn the people’s anger away from the real misery makers and towards others. All the political field is attracted by the call of nationalist regression and the temptation of so-called patriotic protectionism. The UMP2  actually goes much further, in that it includes in its own poltical disourse and stance, one after the other, the most disgusting ideas of the extreme-right. Examples of this conscious integration of extreme-rightist views range from the ministers’ talks about foreigners and immigration, to the « petition against christianophobia » which was signed by 59 members of parliament, who thus adhere fully  to the fundamentalist line of the organisation Civitas.3  This choice for upgoing xenophobia is obviously a good thing for the Front National4 , which is earning the benefits of a pre-campaign for the upcoming elections that is clearly playing on its own turf, gaining among other things a large and friendly visibility in the media. In order to save the bourgeoisie and the existing system by twisting away the people’s anger, Marine Le Pen5 pretends to be anti-system, while at the very same time, her Greek friends from the LAOS party are involved in the Greek government of national unity, the only purpose of which is to save the banks’ and IMF‘s interests.

In this context, a lot of fascist-like small groups feel themselves increasingly free to act and develop. In France, if murder has not yet become a daily activist practice, the radical extreme-right is multiplying provocations, officially through street demonstrations and other communication actions (interrupting theatre plays, humoristic shows, actions designed for media only…), more informally by mutliple death threats, physical assaults sometimes very serious such as in Lyon those last months, in front of the Lycée Autogéré de Paris6 this week or attempt of murder like in Rennes in may 2011. In Rennes like anywhere else, some small fascist groups like Égalité & Réconciliation or the Identitaires are trying to make themselves a home. The Collectif Antifasciste Rennais will do everything to fight the will of the new fascists to impose their creed of racism, sexism and homophobia.

Fascism is a gangrene, eliminate it or die from it …

The murder of Mikhail Norokha as many others proves once again, should any proof be necessary, that beyond the slogan above stands a danger that is very real. The extreme-right is not a political movement like the others and its ideas should be not be tolerated or discussed. Their popularizers are not citizens like the others whom we should talk to, or try, in good faith, to convince. They are dangerous people selling dangerous and sordid ideas that we must fight relentlessly and at all times.

Peace between people, struggle between classes.

Against the reactionary attack, we must bring to light the fascist lie, directly produced by the capitalist system of exploitation. We must oppose to those deadly ideas an internationalist people’s solidarity, a multicultural and determined resistance to the oppression led by the ruling classes, multiply the struggles for emancipation and social justice.

In this international day of tribute to Mikhail Norokha, the Collectif Antifasciste Rennais joins all the antifascists groups to assure that we will keep alive the ideas and the struggles for which he was  murdered.

  1. Collectif Antifasciste Rennais : antifascist organization active in the city of Rennes, in Brittany, west of France. []
  2. UMP : right-wing party of the French president Nicolas Sarkozy, getting much more right-wing everyday… []
  3. CIVITAS : fundamentalist catholic organisation which made demonstrations recently to censor theatre plays. []
  4. Front National : extreme-right party, created in 1973. []
  5. Marine Le Pen : leader of the Front National. []
  6. LAP : self-managed highschool in Paris, a another exists in the city of St Nazaire. []


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