Brochure du collectif : « Vigilance antifasciste » (V.2)


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Partout et toujours, vigilance antifasciste !

Le fascisme et le racisme ne sont pas morts, pas plus en Bretagne qu’ailleurs. Un contexte qui leur est clairement moins favorable que dans d’autres régions ne doit pas nous faire oublier que la menace est présente aussi chez nous. Et que si celle-ci est contenue, c’est justement parce que la réponse à l’extrême-droite sous toutes ses formes est immédiate. Cette réponse doit être intelligente, informée, et surtout pérenne.
Ce texte constitue une courte introduction à la lutte antifasciste en Bretagne. Il n’est ni complet ni suffisant : des lectures et des recherches annexes sont absolument nécessaires pour parfaire sa connaissance de l’extrême-droite. Sa seule ambition est de constituer une boîte à outil minimale en direction de celles et ceux qui souhaitent s’informer et agir sans savoir vers où se tourner.

Ce document a été élaboré par le Collectif Antifasciste Rennais, mais nous devons signaler que la partie concernant les symboles de l’extrême-droite provient d’un tract remanié du SCALP Limoges (http://www.scalp87.altern87.org/), lui-même basé sur des informations de l’Action Antifasciste (http://actionantifa.over-blog.org/). D’autres symboles et organisations d’extrême-droite mériteraient d’être cités, absents de ce texte par simple manque de place. Des informations complémentaires peuvent être trouvées sur notre site (www.antifabzh.lautre.net) ou sur ceux de référence cités dans les notes, en fin de document.

1 – Connaître ses ennemis

Riposte Laïque, Une Autre Jeunesse, Groupe Union Défense, UNI, Action Française, Bloc Identitaire, RED, GRECE, Résistance Républicaine, Parti Anti-Sioniste, Égalité et Réconciliation, Solidarité et Progrès, We Are Change …

Si ces noms vous sont inconnus ou sonnent à vos oreilles de façon positive, alors c’est que vous ignorez ou méconnaissez quelques unes des structures d’extrême-droite les plus actives en France ces dernières années. Souvent groupusculaires, ces rassemblements parfois extrêmement hétéroclites contribuent en-dehors des partis d’extrême-droite traditionnels à l’implantation de thèses racistes, xénophobes, sexistes ou homophobes. Et comme ils sont moins connus, il y a des chances pour que vous les croisiez sans même le savoir dans des manifestations, concerts, fêtes de quartier …
Plus encore que des organisations comme le Front National, dont les idées sont connues de tous et toutes, ces petites structures avancent le plus souvent masquées, camouflant leur fond idéologique nauséabond derrière un détournement de thématiques historiques de la gauche. On y retrouvera donc pèle-mêle la lutte palestinienne, la défense de la laïcité, l’opposition à la mondialisation capitaliste, la défense des cultures et langues régionales, l’écologie ou encore l’agriculture bio. Cette récupération se double d’un lissage vestimentaire qui sème le doute, faisant le plus souvent disparaître le look du traditionnel skinhead nazi au profit de vêtements et de coiffures passe-partout. De quoi y perdre son latin si on ne creuse pas plus avant les intentions réelles de ces individus.

Alors comment savoir si l’aimable jeune homme vaguement barbu, habillé en hippie, qui vous aborde pour discuter de résistance aux banquiers de la City est un gauchiste ou un fasciste dissimulé ?

2 – Connaître leurs thématiques

Depuis les attentats du World Trade Center, les extrêmes-droites ont impulsées un nouvel axe thématique qui était tout indiqué par les circonstances : la lutte n’était plus ouvertement pour la défense d’un occident chrétien, mais contre l’islamisme. Ce retournement de la proposition, plus subtil que le très impérial choc des civilisations, permet de diluer l’aspect profondément réactionnaire du discours, tout en investissant certains champs qui étaient traditionnellement ceux de la gauche.
La défense de la laïcité contre un Islam prétendument agressif, par exemple, permet d’assimiler islamiste, musulman et étranger en un seul groupe uniforme et dangereux qu’il convient de circonscrire ou d’expulser. Bien entendu, la laïcité a bon dos, et il paraît à première vue aberrant de la voir défendue par des chrétiens traditionalistes. Ce que cela signifie en réalité, c’est que la laïcité est assimilée à un type de société particulier : une société démocratique, blanche, chrétienne, capable de tolérance. De facto, tout autre type (ou supposé type) de société, de part sa simple différence, devient donc un danger pour la laïcité, et donc par ricochet, un danger pour la démocratie, la tolérance, la chrétienté et la race blanche. Avantage corollaire non-négligeable pour l’extrême-droite : des intégristes catholiques aux adeptes du paganisme, tout le monde peut se retrouver sur un thème politique commun, ce qui est loin d’être aussi simple qu’il y paraît.
Ce tour de passe-passe sémantique peut sembler grotesque, mais il a pourtant infusé dans la société française sans la moindre difficulté, à tel point qu’aujourd’hui, le chef de l’État peut déclarer à la fois que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé »1 et parlant des musulmans (ou les définissant ?) étaler sans pudeur et sous les applaudissements que « quand on habite en France, on respecte ses règles, c’est-à-dire qu’on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles et on n’égorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les règles républicaines. »2. Ces deux propositions étant énoncées alors même que le chef de l’État prétend défendre la laïcité, ne sont qu’apparemment antagonistes : comme on l’a vu, il suffit de changer le sens du mot laïcité pour tenir un discours apparemment conforme aux canons démocratiques français, tout en étant en réalité profondément raciste et réactionnaire.
L’amalgame est fait et il perdurera, jouant des ambiguïtés des mots, de la maîtrise insuffisante des concepts manipulés, mais également des préjugés persistants de la population française, qui trouvera un confort moral certain à substituer arabe par islamiste.
Cette manière de procéder de l’extrême-droite, qui retourne comme un gant les slogans historiques de sa famille politique pour mieux les faire épouser les apparences des thèses de la gauche, se retrouve dans de multiples sujets qui tournent tous plus ou moins autour de cette question porteuse de l’Islam comme danger. On pourrait citer par exemple la défense des cultures et langues régionales : au lieu de défendre une Europe blanche et Chrétienne, on préfère se déclarer « ethno-différentialiste ». En gros, ça permet de dire que toutes les cultures sont intéressantes, fascinantes et glorieuses, mais qu’elles ne peuvent s’épanouir que dans un cadre donné. On a donc une fascinante culture bretonne qui ne peut s’épanouir qu’en Bretagne, une intéressante culture flamande dans le Nord, et une glorieuse culture arabo-musulmane … au Maghreb et au Proche-Orient. On a dit la même chose qu’avant, on a très clairement exprimé l’intention de mettre les arabes dehors, mais on l’a fait grâce à un discours à première vue moins ouvertement raciste.

Ce discours est loin d’être politiquement isolé, loin d’être invisible et inaudible : il est au contraire quotidiennement consolidé sur les chaines de la télévision publique ou dans nos journaux, à travers des figures de proue comme Éric Zemmour ou des dossiers d’investigation biaiseux comme ceux de l’Express3. Sous des dehors parfois violemment provocateurs, ces agressions permanentes permettent plus qu’une expression d’extrême-droite à forte diffusion : Le Pen passe régulièrement à la télévision depuis des années, il n’y a donc pas un phénomène de nouveauté dans l’expression raciste à grande échelle. Ce qui est nouveau, c’est que s’instaurent à la fois une banalisation liée à la répétition constante du message, mais aussi et surtout une discussion autour de thèmes imposés par des fascistes et cautionnée par des « personnalités de gauche » comme par un cadre prétendument neutre (la télévision publique par exemple). Alors qu’auparavant la discussion et le débat avec l’extrême-droite étaient absolument inimaginables (et revendiqués comme tels), ils deviennent aujourd’hui parfaitement courants. On peut donc obtenir sur un plateau de télévision, un débat entre un tenant de thèses ouvertement racistes et un people quelconque, vaguement de gauche. Ce qui est important, ce n’est pas tant ce qui est débattu. Ce qui est important, c’est qu’on accepte que le fascisme et le racisme sont des composantes politiques ni pires ni meilleures que les autres et parfaitement discutables, sous le prétexte de la liberté d’expression, et donc là encore, de la démocratie. Autre exemple de la compatibilité du racisme et de la démocratie, la condamnation de Brice Hortefeux pour « injure envers un groupe de personne en raison de leur origine » (autrement dit pour injure raciste) ne l’empêche pas de continuer à exercer ses fonctions de ministre de l’Intérieur et de l’Immigration4. C’est la porte ouverte en grand aux pires débordements.

Bien sûr, pour en arriver à de telles extrémités, le processus a pris de très longues années et une bonne dose d’intelligence. Le GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne) et le Club de l’Horloge ont été deux mouvements efficaces pour instiller ces idées dans la classe politique française, qui s’en fait l’écho entre vingt et trente ans plus tard en qualifiant l’exercice de décomplexion. On parlait en effet déjà d’Europe des ethnies en 19635. La complexité du discours raciste actuel est le fruit d’une longue réflexion et d’un travail intellectuel de longue haleine auprès des politiques et de la population.
Les quelques points évoqués ci-dessus ne sont bien sûr nullement limitatifs, et il conviendrait d’approfondir bien d’autres torpilles politiques soigneusement mises au point par l’extrême-droite, comme par exemple la récupération du combat palestinien qui est habilement exploitée par Égalité et Réconciliation ou le Parti Anti-Sioniste, ou bien encore l’aide aux sans-abris réalisée par l’association SDF qui distribue des repas contenant du porc. Des informations complémentaires et fortement recommandées sont disponibles sur les sites internet de Reflex-es6 et de No Pasaran7 sur  toute cette mouvance des petites organisations et leurs axes politiques.

A ce stade, il devient évident que pour lutter contre l’extrême-droite, il faut se pencher un minimum sur ses composantes modernes, et pour lutter pied à pied contre celles-ci, savoir reconnaître leurs signatures parfois discrètes dans nos environnements immédiats.

3 – Connaître leurs méthodes

Au quotidien, l’extrême-droite se focalise sur des actions modestes, moins visibles, mais néanmoins bien réelles. Alors que pouvez-vous trouver près de chez vous, en Bretagne ? Quelles structures ? Quels moyens d’action ? Quelles tentatives d’infiltration ?

Adsav est un parti d’extrême-droite breton aujourd’hui en baisse de régime, mais encore ponctuellement dangereux. Fondé en 2000, il reprend des thèmes et des références visuelles directement issus de la collaboration bretonne pendant la guerre, et en particulier de ce qu’on a appelé le mouvement Breizh Atao. Défendant une Bretagne indépendante, l’action du parti se limite le plus souvent à des collages d’affiches et à quelques commémorations éparses sur d’anciens champs de bataille. Ces dernières peinent de plus en plus à rassembler des militants, mais cela ne réduit pas le risque, les effectifs d’Adsav regroupant tant des personnes âgées que quelques gros skinheads des familles. Dernièrement, ils ont tenté de participer à une action du collectif 44=Breizh à Nantes et n’ont pu transformer l’essai, grâce à la vigilance des antifascistes présents en nombre ce jour-là.
Outre ses affiches violemment racistes, Adsav diffuse également un journal appelé War Raok. Celui-ci est déposé par les militants chez certains marchands de journaux, PMU, etc … Il y a donc de fortes chances pour que les lieux où il est déposé soient fréquentés, même de façon lointaine, par des militants d’Adsav. Le parti entretient également des liens avec Unvaniezh Koad Kev, une association cherchant à réhabiliter l’abbé Perrot, un collaborateur breton exécuté par la résistance en 1943.

Le Bloc Identitaire est un mouvement assez peu implanté en Bretagne, mais malgré tout visible parce qu’il tente de coloniser notre espace visuel par une utilisation massive d’autocollants, d’affiches, de tags. Axé sur la défense des identités régionales, il s’implante partout où il est susceptible d’exploiter le filon. On le retrouve donc en PACA, à Lyon, dans le Nord où il surfe sur la culture flamande, et sans surprise, depuis quelques temps en Bretagne, attirés par la forte singularité et vitalité culturelle de la région.
Le mode d’action des identitaires est d’acheter un local qui sert de centre de formation théorique et pratique, mais également d’entraînement à divers sports de combat. A partir de ce point d’ancrage, se créent des sections par ville pour tenter de rayonner. En Bretagne, ce lieu privé est situé à Guerlesquin, dans le Finistère. Le Bloc se camoufle sous trois noms différents : l’association Ti-Breizh, l’association Jeune Bretagne et l’association Solidarité Kosovo, toutes trois satellites du Bloc Identitaire.
Afin d’infiltrer les structures liées à la culture bretonne, Jeune Bretagne tente diverses actions dont il faut se méfier, parce qu’elles sont difficiles à cerner pour qui ne connaît pas leur milieu. On les a donc vu dans le désordre tenir des stands de nourriture bio ou de gastronomie locale dans des festoù-noz peu informés, tenter de participer à des cortèges de manifestations contre la réforme des retraites, mettre en place des cours de breton gratuit, mais également de façon nettement moins ambiguë venir agresser des manifestations en soutien aux sans-papiers, ou aller remplacer déguisés en cochons la nourriture des rayons hallal de supermarchés par du porc et de l’alcool. De façon détournée, ils ont également tenté de mettre en place à Rennes un « apéro saucisson-pinard », initiative liée à celle de la Goutte d’Or à Paris8, finalement interdite par la préfecture.
A Rennes, ils trouvent des relais chez les Breizh Stourmer, petit kop de supporters du Stade Rennais, ainsi que dans une frange réduite de la scène métal.

Égalité & Réconciliation est une association politique d’extrême-droite fondée par Alain Soral. Cet ancien membre du FN brouille sciemment les pistes : le tournant ouvertement conspirationniste prit par sa ligne politique, ses saillies antisémites de plus en plus claires et sa démagogie paternaliste à l’attention des français d’origine immigrée présentent un visage réactualisé de l’extrême-droite. Autour de ce mouvement gravitent un certain nombre d’électrons libres, qui développent un arsenal d’écrits, d’analyses et de vidéos qui tentent également de rendre audible cette parole d’extrême-droite nouvelle formule. On peut citer parmi eux des auteurs comme Laurent James ou Marc-Édouard Nabe, l’inévitable Dieudonné, etc.
La ligne d’É&R est difficile à suivre parce qu’elle ne cesse de changer. Ses masques de prédilection restent malgré tout depuis plusieurs années l’antisionisme, la défense des musulmans de France et de la jeunesse des quartiers populaires ainsi qu’une réconciliation nationale entre le FN et les populations d’origine immigrée. Dans le fond rien de bien nouveau : le discours d’É&R est en réalité assez proche de celui de Charles Maurras, théoricien de l’Action Française.
Au plan national, É&R entretient des liens avec le Parti Anti-Sioniste et soutient régulièrement de sinistres personnages comme Mahmoud Ahmadinejad, Vladimir Poutine ou Bashar al-Assad.
Á Rennes, dirigée par Tanguy Casteit, É&R reste une organisation groupusculaire au mode de fonctionnement erratique. Malgré tout, le culot de ses militants est au rendez-vous et ils essaient de noyauter des actions de soutien au peuple palestinien ou d’organiser des débats sur des thématiques qui sont traditionnellement associées à la gauche. On les retrouve dissimulés sous des noms divers comme Parousia, ou le Cercle Malcolm X pour tenter d’exister.
Leur base théorique est d’extrême-droite  et d’une grande violence : sexisme, antisémitisme ou homophobie sont au rendez-vous dans leurs écrits et dans leurs actes, comme ils ont déjà eu l’occasion de le prouver sur Rennes.

Le Front National est présent également en Bretagne, quoique peu puissant. Ses rares tentatives d’exister passent surtout par l’organisation de repas avec les responsables frontistes nationaux, comme Jean-Marie Le Pen,  Marine Le Pen ou Bruno Gollnisch.
Il présente malgré tout des candidats aux élections sur le territoire qui sans faire de scores impressionnants se maintiennent généralement au même niveau.
Cédric Abdilla, responsable de la fédération départementale est également membre du Comité Central du Front National depuis le congrès de Tours.

Solidarité & Progrès est un parti politique en provenance des États-Unis, racolant dans les rues sur des thèmes confus et vaguement gauchisants. Ce mouvement a été structuré autour de et par Lyndon LaRouche, un escroc mégalomane et raciste. Il diffuse en France un journal appelé Nouvelle Solidarité.
La difficulté concernant S&P est qu’il s’agit avant tout d’un mouvement sectarisant, tablant sur un recrutement de personnes fragilisées : celles-ci enrôlées, tout est fait pour les maintenir dans la sphère d’influence du parti (vie en communauté avec des membres de S&P, lecture des textes de LaRouche en groupe, interdiction de se pencher sur d’autres sources d’informations …). Se consacrant à temps-plein à la propagande de S&P – ce qui explique leur présence constante dans nos rues – elles finissent par être complètement déconnectées du monde réel.
Mais si l’on écarte cet aspect spécifique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un parti profondément raciste. On se contentera d’une des dernières déclarations fracassantes de LaRouche pour le mettre en lumière : « Vous trouverez dans l’ascendance d’Obama, si vous remontez son arbre généalogique, des gens en train d’escalader et de se balancer sur les branches, là – de tous les coins du monde ! De toutes les parties du monde ! Ce type est l’homme universel. Tous les singes dans tous les arbres, de tous les coins du monde, ont pris part à l’acte sexuel qui a produit Barack Obama. Et il travaille pour le crime organisé – qui est une branche des services secrets britanniques »9. On passera sur la critique des financiers aux patronymes juifs, sur le négationnisme pratiqué régulièrement au sujet des camps de la mort, les multiples blagues racistes qui émaillent les discours de ce triste sire, etc.
S&P est un mouvement assez procédurier, il faut faire attention à ce qu’on fait, dit ou écrit lorsqu’on aborde leurs faits et gestes. Par exemple, le parti n’est pas classé officiellement comme secte en France, ce qui conduit régulièrement à des plaintes pour diffamation. Les militants prennent systématiquement en photo les personnes qui s’opposent à eux pour constituer des fichiers  : ne vous laissez surtout pas faire. Ils appellent la police lorsqu’ils font face à de la contestation et portent plainte pour toutes sortes de motifs, souvent fantaisistes, parfois complètement mensongers. Ils ne sont jamais seuls dans la rue et sont souvent accompagnés par un membre plus âgé, posté en guetteur à une certaine distance du groupe. L’organisation présentait deux candidats en Bretagne pour les dernières élections cantonales : Lilian Renault à Rennes et David Cabas à Ploërmel.

We Are Change est une espèce de Solidarité & Progrès-bis, en plus déjanté. Leurs sites internet (un par ville) compilent des liens vers des sites sur les extraterrestres ou les francs-maçons, mais également vers des pages d’Égalité et Réconciliation. Ce groupuscule comprend excessivement peu de membres, mais ils se mêlent souvent à des manifestations, comme par exemple dernièrement sur les retraites, où ils diffusent leurs brochures. On peut également les apercevoir en t-shirt rouge de temps à autre à Rennes, place de la Mairie, pour une distribution de tracts.
Peu actifs, ces militants font partie de la nébuleuse complotiste comprenant également Solidarité & Progrès et Égalité & Réconciliation.

Quelques autres mouvements existent localement, mais d’une façon tellement marginale qu’ils frôlent l’inexistence. Pour les nommer : le Groupe Union Défense (GUD) et l’Union Nationale Inter-universitaire (UNI) qui survivent péniblement autour de la faculté de droit, ainsi que l’Action Française, moribonde, ramassant à grand’peine quelques royalistes et nationalistes. De-ci de-là, des individus non-encartés font également épisodiquement parler d’eux sans être une réelle menace politique, même s’ils peuvent représenter une menace physique qu’il ne faut ni écarter, ni sur-estimer.
Certains lieux rennais gagnent à être évités si on tient à ne pas rencontrer ces individus. Ceux-ci ont en effet tendance à fréquenter par exemple le bar Le Troll Farceur ou la boutique Old but Crazy.
Bien que ces organisations ou individus défendent des thèses parfois antagonistes, tous sont en réalité très proches : la manifestation des catholiques intégristes à Rennes le 10 novembre 2011 a été l’occasion de tous les réunir. Comme quoi …

4 – Connaitre leur symbolique

Voir le document *.pdf pour plus d’informations.

5 – Agir

Que faire contre l’extrême-droite ? D’abord s’informer, démarche primordiale pour cerner ses ennemis. Ensuite militer au quotidien contre son implantation.

Ce militantisme ne signifie pas obligatoirement un engagement dans un parti, un syndicat, un collectif, c’est avant tout commencer par de petites actions quotidiennes profondément nécessaires. Arracher les affiches ou les autocollants d’extrême-droite, les recouvrir par des autocollants antifascistes. Ne jamais laisser passer une réflexion raciste, sexiste ou homophobe dans une discussion : faire de la pédagogie quand il s’agit de bêtise ordinaire, expulser immédiatement et sans discussion l’importun quand il s’agit de propos assumés. Rompre tout rapport avec toute personne entretenant des liens d’amitiés avec des fascistes avérés. Empêcher les diffusions de tracts des mouvements d’extrême-droite, sans toutefois se mettre en danger physiquement ou sur le plan judiciaire. Être vigilant sur les symboles portés par les gens en tout lieu. Faire un minimum de vérification sur les groupes musicaux qu’on écoute, sur les concerts où on se rend, sur les livres ou les magazines qu’on parcoure. Participer aux manifestations ou aux actions organisées localement par les organisations antifascistes.
En bref : exclure, marginaliser, invisibiliser les propos, pratiques, visuels ou individus d’extrême-droite ; refuser toute discussion avec les fascistes « organisés » ; rendre l’antifascisme le plus visible possible.

Toutes ces actions ont un impact réel mais elles ne sont malgré tout pas suffisantes pour écarter durablement le danger. S’investir de façon plus conséquente devient nécessaire dans le contexte politique actuel.

Plusieurs possibilités : adhérer à un parti politique, un syndicat ou une organisation de gauche, parce que luttes sociales et projets politiques permettent d’attaquer de front les idées d’extrême-droite en étant une force de proposition, plutôt qu’en se contentant d’un simple refus de la haine.
Éducation, organisation et luttes collectives sont les seuls moyens efficaces de battre sur le long terme les idées simplificatrices et réactionnaires pour la bonne raison qu’on sait que misères sociale et culturelle sont un terreau fertile pour le fascisme. La solidarité de classe est un rempart incontestable contre les replis ethniques, culturels ou cultuels.

S’investir dans des organisations qui combattent des formes particulières du racisme, par exemple en soutenant les personnes sans-papiers, en intégrant des associations féministes, en se joignant aux mouvements contre les différentes homophobies.

Participer à des collectifs ou associations antifascistes agissant spécifiquement sur la question. Le Collectif Antifasciste Rennais est un exemple de structure de ce type, réunissant sur des bases anticapitalistes et antifascistes des individu-es non-encarté-es, ainsi que d’autres provenant de différentes formations politiques, associatives et syndicales.

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Notes

  1. Discours du président à Latran, 20 décembre 2007. []
  2. Émission « J’ai une question à vous poser », TF1, 6 février 2007. []
  3. Un exemple parmi d’autres numéros et d’autres journaux : L’Express, L’Occident face à l’Islam, le retour de la menace terroriste, la montée des fondamentalistes, l’échec de l’intégration, les forces politiques qui en profitent, mercredi 6 octobre 2010. []
  4. Le 6 septembre 2009, à Seignosse, dans les Landes, Brice Hortefeux avait déclaré a propos d’un militant UMP d’origine arabe : «Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes». []
  5. Guy Héraut, L’Europe des ethnies, Presses d’Europe, Nice, 1963. []
  6. http://reflexes.samizdat.net/ []
  7. http://nopasaran.samizdat.net/ []
  8. Pour plus d’informations, voir en ligne l’article de Reflexes : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article463 []
  9. Conférence du 12 avril 2008 devant ses partisans du Worldwide LaRouche Youth Movement. Source et texte original à cette adresse http://lyndonlarouche.org/larouche-obama.htm []


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