Dossier – Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne

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40 pages pour revenir en détail sur les manoeuvres de l'extrême droite.

Dans le cadre des prochaines élections législatives une plateforme dénommée Bretagne nous avons foi en toi présente dix candidats en Bretagne. Il nous apparaît primordial en tant que militants antifascistes de rappeler la place de cette liste sur l’échiquier politique, à savoir : une liste d’extrême droite montée par l’association Jeune Bretagne membre de l’Autre Jeunesse, réseau regroupant les organisations de jeunesse du Bloc Identitaire.
Jeune Bretagne
n’en est pas à sa première participation électorale. Aux dernières élections cantonales ils ont en effet présenté deux candidats. Sur le canton de Fouesnant en la personne de Yann Vallerie avec pour suppléante Olivia Couic, et Mickael Prima sur le canton de Rosporden avec pour suppléante Agnès Belbeoc’h.
Derrière des thématiques et propositions apparemment consensuelles ils masquent leur véritable projet politique axé sur une vision ethno-différentialiste du monde. Pour simplifier l’idée il s’agit pour eux de militer pour une Europe blanche dont ils créent et entretiennent le mythe.
Pour mieux cerner cette liste nous procéderons en plusieurs étapes, revenant dans un premier temps sur les bases de ce mouvement, puis sur l’histoire et l’actualité du Bloc Identitaire. Enfin nous nous intéresserons à Jeune Bretagne et aux rapports qu’ils entretiennent avec la liste Bretagne nous avons foi en toi.
Nota bene : toutes les informations contenues dans ce dossier sont publiques et généralement encore accessibles sur la toile pour qui veut s’en donner la peine – nous donnons systématiquement les liens à cet effet. Il arrive cependant que des éléments disparaissent du web. Dans ce cas, nous les présentons sous forme de captures d’écran.

1. Que sont le mouvement identitaire et ses bases ?

Le mouvement identitaire reprend les thèmes traditionnels de l’extrême droite, tout en ayant pour ambition de les moderniser. Il s’appuie sur une distinction entre « trois patries charnelles », selon leur appellation, s’articulant sur l’ancrage régional, national et européen. Les amenant à construire une géopolitique très particulière de l’Europe et dans notre cas de la France. Jean-Yves Camus illustre bien l’arrivée de cette problématique régionaliste dans ce discours d’extrême droite :
« Il faut signaler l’apparition d’une problématique nouvelle : celle des extrême-droites régionalistes et/ou « identitaires », qui veulent mettre un terme à l’État-Nation pour construire des entités étatiques basées sur l’ethno-nationalisme. En regardant les exemples du Vlaams Belang ; de la Lega Nord et de mouvements de moindre importance comme Alsace d’Abord et l’émergente Plataforma per Catalunya, on peut émettre l’hypothèse selon laquelle l’ethno-nationalisme est à mettre en rapport avec les « populismes de la prospérité », qui combinent une revendication nationaliste ancienne avec celle, plus nouvelle, de l’égoïsme économique. On peut aussi postuler que ces mouvements sont une réponse d’adaptation à la mondialisation, soit par opposition frontale à celle-ci soit, de manière plus subtile, par acceptation de la mondialisation économique, mais en introduisant pour en contrebalancer les effets, celle de « résistance ethnique. »1
Cette « nouvelle » problématique régionaliste puise néanmoins ses sources dans des références bien connues de l’extrême droite européenne pour Stéphane François :
« Les thèses géopolitiques des Identitaires sont le résultat d’une synthèse doctrinale […] . La grande référence identitaire est à chercher dans les textes des SS français en particulier ceux de Robert Dun et de Saint-Loup. Cette référence a été transmise par les dissidents du GRECE, en particulier Pierre Vial et Jean Mabire, membres fondateurs de Terre et Peuple. Pierre Vial était l’ami de Robert Dun et de Saint-Loup. »2
L’idéologie raciste de ce courant repose sur le postulat de l’existence d’une civilisation européenne : les « indos-européens ». Là, resurgit l’idée redondante de l’extrême droite, celle de l’existence d’une race blanche. Une idée développée par Hans F. K. Günther, un raciologue nazi qui soutenait que les Indo-Européens étaient détenteurs d’une « mentalité » propre définissant l’esprit européen.3 Contrairement à d’autres mouvements qualifiés de fascistes, le mouvement identitaire ne dispose pas d’un corpus unifié, pas plus que d’un ouvrage de référence tel que Mein Kampf. On peut rappeler que l’on constatait déjà, au sein du PPF des années 1930 et 1940, cette même absence de doctrine unifiée. Constat similaire en ce qui concerne le FN, puisqu’on retrouve une même incohérence interne à tel point que les sociologues l’ayant étudié ont parlé de « l’extrême droite éclatée. »4 En somme, le mouvement identitaire est pourvu des mêmes faiblesses que ses aïeux.
Saint-Loup et Robert Dun

À gauche, Saint-Loup, de son vrai nom Marc Augier, en uniforme de la Légion des Volontaires Français (la LVF, une branche SS constituée de français, dissoute et intégrée en 1944 à la division SS Charlemagne) à Smolensk en 1942. À droite, Robert Dun, de son vrai nom Maurice Martin, en uniforme SS. Ce sont eux qui, après guerre, produiront une partie des écrits dont on retrouve la marque profonde dans la ligne politique de la mouvance identitaire.

Hans F. K. Günther

Hans F. K. Günther, eugéniste allemand, en 1935. Reprenant la théorie de Joseph Arthur de Gobineau sur l’inégalité des races, il a eu une influence décisive sur la pensée raciste national-socialiste et a reçu de multiples récompenses du NSDAP et d’Hitler pour ses travaux.

Rassenkunde des Deutschen Volkes

« Rassenkunde des Deutschen Volkes » un des ouvrages de Hans F. K. Günther.

2. Histoire et actualité du Bloc Identitaire

Le Bloc Identitaire5 est né un an après la création des Jeunesses identitaires en 2002. Ces groupes ont pour caractéristique d’être formés par d’anciens militants ayant œuvré dans d’autres organisations d’extrême droite, parfois en passant par le FN. Par exemple, Fabrice Robert, l’actuel président du Bloc Identitaire est lui-même passé par d’autres structures politiques affiliées à l’extrême droite, notamment par Unité Radicale et le MNR. La filiation Unité Radicale et Bloc Identitaire est flagrante, ainsi Fabrice Robert, Philippe Vardon et Guillaume Luyt membres du bureau national du Bloc Identitaire en 2003 ont tous été au MNR et à Unité Radicale.
L’acte de naissance de l’organisation Les Identitaires est à mettre au compte de la dissolution d’une autre organisation Unité Radicale, en août 2002, suite à la tentative d’assassinat visant le 14 juillet 2002 le président Jacques Chirac et perpétrée par un de ses membres, Maxime Brunerie.
Cette dissolution va donner naissance à plusieurs petits. Christian Bouchet6 lance de son côté le « réseau radical VOXNR », centre
de propagande nationaliste-révolutionnaire accompagné d’une revue, Résistance (sous-titrée : « Au-delà de la droite et de la gauche (…) le Peuple ! »).
De son côté, Olivier Gnutti rassemble des militants toulousains autour de la revue nationaliste-révolutionnaire Rébellion, « bimestriel socialiste, révolutionnaire, européen ».
Les Identitaires naissent donc lors de la réunion à Salon-de-Provence les 29 et 30 août 2002 d’une quinzaine de militants ex-MNR et FN, d’anciens membres du GUD et ex-membres d’Unité Radicale. Parmi ces quinze personnes figurent notamment Fabrice Robert, Philippe Vardon, Guillaume Luyt, qui vont se répartir les présidences des Jeunesses Identitaires créées en septembre 2002 et du Bloc identitaire, en avril 2003 (Fabrice Robert président et Guillaume Luyt vice-président).
« Le bloc Identitaire et les Jeunesses Identitaires sont deux mouvements distincts mais fonctionnant en synergie étroite. »7
Unité Radicale - Maxime Brunerie

À gauche, un autocollant Unité Radicale siglé de plusieurs organisations d’extrême-droite. À droite, l’arrestation de Maxime Brunerie, le 14 juillet 2002.

Fabrice Robert - Philippe Vardon

À gauche, Fabrice Robert. À droite, Philippe Vardon. Plus bas à gauche, les mêmes dans leur groupe Fraction Hexagone, devenant par la suite Fraction, qui a eu son petit succès dans le milieu skinhead d’extrême droite.

Fraction - Philippe Milliau

À droite, Philippe Milliau, aujourd’hui exclu du Bloc Identitaire, et dont nous reparlerons plus tard dans ce dossier.

Les Jeunesses Identitaires qui se veulent « radicales, populaires, révolutionnaires », publient un communiqué appelant à la résistance :
« Face à la répression orchestrée par le système cosmopolite jacobin, au lendemain de l’ultime trahison de Bruno Mégret et à la veille d’une énième guerre de chapelles au Front National, les Jeunes Identitaires ont aujourd’hui décidé qu’il était tant que la jeunesse commande à la jeunesse ! […]
Pour défendre notre terre et notre peuple, autant menacés par la peste que représente l’immigration-invasion que par le choléra mondialiste, nous appelons solennellement tous les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage, à rejoindre nos rangs. »8
Et de poursuivre dans la charte qu’ils publient :
« Parce que notre révolte est légitime. Parce que nous ne voulons plus voir notre peuple vivre dans la misère imposée par le capitalisme et la peur imposée par les bandes ethniques. Parce que nous voulons, comme chaque peuple en a le droit, vivre sur notre terre selon notre identité.
Nous avons fait le choix de la résistance !
Nous serons présents partout où notre combat l’impose, et nous ne tolérerons pas de voir des jeunes Français traités en étrangers sur leur sol.
Que ce soit face aux multinationales, face aux institutions corrompues ou face à la racaille, les Jeunesses Identitaires feront bloc ! »9
De son côté, le Bloc Identitaire rédige une « charte identitaire » dans laquelle il souligne son :
« – dégoût du matérialisme, du consumérisme et de l’exploitation des travailleurs par le grand actionnariat international,
– opposition totale au dogme du métissage ethnique et à la culpabilisation permanente des peuples européens,
– hostilité à l’impérialisme, qu’il soit d’origine nord-américain ou musulman […] ,
Nous voulons construire ensemble, disent-ils, un projet alternatif à celui qui domine aujourd’hui.
À l’idéologie marchande nous voulons opposer notre foi en l’homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.
Assumant notre héritage, nous refusons de nous vautrer dans l’autoflagellation pour les crimes supposés de nos parents. Nous sommes fiers de notre civilisation européenne et, de la même manière que l’on considère l’Afrique comme le «continent noir», revendiquons sans ambiguïté notre appartenance au continent blanc. »10

Rappelons que la stratégie d’Unité Radicale est similaire à celle mise en place par François Duprat11, lui même inspiré par les Nationalistes Révolutionnaires allemands. En créant de simples groupes coordonnés à la lisière du FN, il pense faire cohabiter une organisation de combat et une organisation de formation et d’encadrement, s’inspirant littéralement des SA, en considérant que le NSDAP n’a pu prendre le pouvoir qu’avec l’appui de ses troupes de choc destinées à briser toute forme d’opposition. On a là le cocktail sur lequel repose ces groupes obnubilés par une culture viriliste, héroïque, sexiste et raciste.

L’apparition des Identitaires tient pour beaucoup à une politique axée sur l’utilisation systématique d’internet et des réseaux sociaux permettant de relayer à grande échelle leurs quelques actions militantes. Actions elles-mêmes conçues pour répondre aux attentes médiatiques en essayant de fournir un contenu quasi-directement exploitable ce qui va leur assurer une couverture disproportionnée par rapport à leur poids réel. Ainsi les « apéros saucisson pinard » dont le premier du genre devait avoir lieu dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris relève d’une exploitation maximale du contexte, de l’outil internet et des techniques de communication. Il prend pied à l’époque où les apéros sauvages lancés via Facebook défraient la chronique : quoi de mieux alors pour faire parler de soi ? S’engage alors une course à l’échalote avec le FN pour récupérer la mainmise de la stigmatisation des populations dites étrangères en France dans un contexte où l’extrême droite lance une campagne contre les prières musulmanes organisées dans la rue. Le lieu du rassemblement est en soi une provocation puisqu’il s’agit d’un quartier populaire de la capitale où se côtoient des gens de toutes origines. Finalement cet « apéro saucisson pinard » aura lieu au niveau d’un carrefour parisien « populaire » comme pourrait le dire le couple Sarkozy, les Champs-Élysées, co-organisé avec Riposte Laïque. Ce fut une véritable réunion de famille des anciens et nouveaux de l’extrême droite. On y note la présence de : Serge Ayoub alias Batskin, skinhead fasciste qui fait son retour, la direction politique du Bloc Identitaire, Frédéric Chatillon ex du GUD aujourd’hui très proche de Marine Le Pen, les complotistes antisémites Dieudonné, Alain Soral et Thierry Meyssan, Bruno Larrebière alors directeur du journal d’extrême droite Minute, des hooligans du Kop of Boulogne12

Dans le même registre, ils inondent la toile de vidéos du type flash mob avec faux appels à la prière à 06h00 du matin auprès des sites où pourraient se construire une mosquée. Concrètement, leurs actions se traduisent par des apparitions de commandos masqués à l’aide de têtes de cochons, par exemple en prenant d’assaut des fast-foods comme Quick. Grâce à la visibilité acquise lors des apéros, ils vont pouvoir populariser leurs futures réunions. Ils vont poursuivre leurs démarches racistes en organisant des événements plus politiques comme les « Assises contre l’Islamisation » où diverses organisations d’extrême droite se retrouvent parmi lesquelles : le Bloc Identitaire, l’UDC suisse, l’English Defence League, Risposte Laïque, Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil, l’aide de la Ligue de Défense Juive pour la sécurité.13 Plus proche de nous, les « Assises contre le Droit de Vote des Étrangers » n’ont pas donné lieu à la même couverture médiatique, bien qu’ils aient repris les ingrédients de leur premier « coup d’éclat ». En ce qui concerne les manifestations, ils ont connu quelques déboires, lors de la « Marche des Cochons » à Lyon, notamment en raison des débordements, des saluts nazis et des agressions commises par leurs militants et/ou leurs sympathisants. Incapables de tenir leurs troupes, ils n’ont pas réussi à faire bonne figure et à maintenir leur apparente respectabilité. Retenons que Jeune Bretagne est partie prenante de ces événements.

Partout où les Identitaires et les autres segments de l’extrême droite sont présents, il faut constater une recrudescence des violences à l’encontre des populations d’origine étrangère et des militants de gauche, ce qui est particulièrement vrai sur Lyon, Toulouse, Paris14. Les ouvertures de locaux sont un des moyens que les groupes d’extrême droite trouvent pour se réunir et s’ancrer sur les villes, notamment à Toulouse avec le local de « l’Oustal » et à Lyon « la Traboule ».

En Bretagne, c’est « Ti-Breizh », une maison achetée à Guerlesquin, dans le Tregor, qui sert de quartier général aux Identitaires. Son relatif isolement géographique est à double tranchant : loin des centre-villes, le local identitaire ne peut aussi facilement servir de catalyseur sur l’extrême droite, ce qui limite quelque peu la hausse des violences dans une région qui reste fortement opposée aux idées d’extrême droite. En revanche son éloignement permet toute sorte de « camps d’été » qui sont autant d’occasion de former les militants, en particulier au combat, comme c’est le cas régulièrement depuis l’ouverture du local en 2009.

Dans les pages suivantes, nous allons nous attacher à expliciter les liens entre Jeune Bretagne, Bretagne nous avons foi en toi et l’extrême droite : la dangerosité de la mouvance identitaire est réelle et ne doit pas être sous-estimée. Bien que marginalement implantée, Jeune Bretagne est une organisation qui peu facilement tromper sur sa nature réelle, et ce faisant s’introduire dans des milieux a priori préservés, comme les milieux écologistes, culturels, etc. Les quelques éléments suivants devraient contribuer à clarifier les choses.

Ti-Breizh

Ti-Breizh, le local acheté par les identitaires : ils y organisent des activités ouvertes à la population, se voulant une MJC d’extrême droite.

3. Le cas Jeune Bretagne et son articulation avec la liste Bretagne nous avons foi en toi

Historiquement, plusieurs revues et organisations nationalistes bretonnes ont porté le nom de Jeune Bretagne, parfois repris en breton : Breizh Yaouank. Ce nom n’a rien d’anodin, il est connoté et régulièrement remployé par l’extrême droite en Bretagne. Par exemple, en 1971, Jeune Bretagne devient le nom d’un mouvement de jeunesse créé par les animateurs du journal de l’extrême-droite bretonne Bretagne-Action (en référence à Europe-Action).

A partir de 1976, Jeune Bretagne est un mouvement autonome dont les militants sont proches de la Nouvelle Droite, son secrétaire national s’appelle alors Bruno Guillard et son « responsable des relations ethniques » a pour nom Denez Guillemot. Précisons que la Nouvelle Droite est un courant néo-droitier né dans les années 1970 dont le discours est pour le moins ambiguë afin de reprendre à son compte des thèmes de gauche ou d’extrême gauche tout en ayant pour but de faire valoir une idéologie fasciste, sinon fascisante15.

Selon Alain de Benoist, « Jeune Bretagne repoussait la tentation séparatiste, en même temps qu’elle refusait une simple décentralisation. Le rêve indépendantiste est un rêve dangereux. A la veille de créer l’Europe des peuples, le séparatisme breton créerait une plaie infectée au flanc de notre continent. L’autonomie est dans le domaine des choses accessibles à moindre frais […]. Jeune Bretagne critiquait aussi l’action insurrectionnelle ou terroriste. L’exemple de l’Irlande du Nord, affirmait-elle, est par excellence l’exemple à ne pas suivre. »16

En 2008, Jeune Bretagne reprend du service et devient le nom du mouvement de jeunesse du Bloc Breton, section régionale du Bloc identitaire. L’association a été officiellement créé le 19 août 2008 à Pontivy. Son premier porte-parole est Mickaël Prima, fils de l’humoriste niçoise Noëlle Perna, remplacé par Yann Vallerie, ancien militant d’Adsav. Lors des élections cantonales de 2010, Jeune Bretagne présente deux candidats : Mickaël Prima, dont la suppléante est Agnès Belbeoc’h (ex-militante du FN du MNR et de Terre et Peuple) dans la circonscription de Rosporden où il obtint 15,52% des voix, en raison de l’absence du FN et de la droite, et Yann Vallerie, dont la suppléante est alors Olivia Couic, dans la circonscription de Fouesnant où il obtint 4,01% de voix.

Les actions locales organisées par Jeune Bretagne sont assez limitées, puisqu’ils se mettent en scène via internet en postant sur leurs exploits, à savoir : le collage de stickers et d’affiches, quand ce ne sont pas des photos de groupe avec des banderoles. Ils adoptent un mode de fonctionnement proche de celui de n’importe quelle formation d’extrême droite en organisant des camps d’été et autres formations, notamment des formations de combat, durant lesquelles ils tentent de s’inculquer un minimum de discipline. L’objectif étant d’être apte à réaliser des actions violentes, ainsi qu’à entretenir un esprit de corps (voir page 12).

Entraînement au combat

Entraînement au combat dans la propriété de Jeune Bretagne à Guerlesquin.

Les Identitaires ont des affinités avec d’autres groupes d’extrême droite comme l’English Defence League avec qui des échanges de bons procédés sont entretenus puisque certains de ses membres étaient présents à la « Marche des Cochons » et que le couple Yann Vallerie – Mickael Prima était présent à Luton durant l’une de leurs démonstrations de force,  où ils ont même été invités à prononcer un discours dans un anglais approximatif.17

Ils affectionnent également les fascistes italiens de Casapound, puisqu’ils n’hésitent  pas à poser avec le créateur de ce mouvement, ainsi qu’avec les belges du Vlaams Belang (ex-Vlaams Block qui fut dissout par les autorités), ou le leader suisse de l’UDC Oskar Freysinger (page 12).

Yann Valérie et Mickael Primaavec Oskar Freysinger et avec l'EDL.

À gauche : Yann Valérie et Mickael Prima de Jeune Bretagne encadrant Oskar Freysinger de l’UDC suisse. À droite : Mickael Prima et Yann Valérie de Jeune Bretagne à Luton, en chasuble de l’English Defense League, durant une de leur démonstration de force. Ils avaient pris la parole un peu plus tôt pour fustiger « the islamic scum » (en français « la racaille musulmane »).

Marche des Cochons

Christophe Daniou, cinquième en partant de la droite, durant la « Marche des Cochons » à Lyon, le 14 mai 2011.

À gauche, un pochoir Jeune Bretagne à Rennes, en janvier 2012. Le symbole est un lambda. À droite, le même lambda ornant les drapeaux d’Une Autre Jeunesse, dont fait partie Jeune Bretagne, à Paris, le 23 octobre 2010.

Une Autre Jeunesse

Cette manifestation nationale d’Une Autre Jeunesse mobilise les troupes des Jeunesses Identitaires et du Bloc Identitaire. À droite, Philippe Vardon, l’un des responsables du Bloc Identitaire. Le lambda est un symbole couramment utilisé par l’extrême-droite : il ornait les boucliers spartiates, symbolisant le rejet de l’envahisseur.

Billy Roper

Par exemple… À gauche sur les deux photos, Billy Roper, fondateur du mouvement nazi White Revolution aux États-Unis. Plus bas, le symbole du mouvement : là encore, un lambda.

Lambda White Revolution

On propose de compléter rapidement la biographie de quelques membres de Jeune Bretagne :

Claude Guillemain, 68 ans, expert en micro-finance internationale, 5e circonscription des Côtes d’Armor, président de l’association fédéraliste Breizh 2004 qui soutient la liste de Jeune Bretagne.

A lui seul le personnage résume bien l’esprit de la liste : une juxtaposition d’associations bidons pour gonfler le nombre de soutiens, maquillant difficilement l’activisme d’extrême droite de leurs militants. En effet Claude Guillemain se présente comme président de Breizh 2004, cela nous ne pouvons le lui enlever. Breizh 2004 se pose comme groupe de réflexion métapolitique. La sémantique est importante puisque le terme correspond à une stratégie de cette mouvance identitaire posant la métapolitique comme mode d’action. Cette stratégie vise à faire de la politique sans paraître en faire directement, en s’inscrivant dans le champs culturel, social, environnemental. Le terme n’est donc pas anodin. La composition de cette association est elle aussi très intéressante puisque dans un communiqué de juin 2009 à propos des élections régionales de 2010, nous trouvons comme signataires Claude Guillemain et… Gérard Hirel. Cet ancien haut gradé de la gendarmerie dont nous avions déjà tiré le portrait18 a été membre du FN et du MNR et plus particulièrement intégré aux services chargés d’en assurer la sécurité, DPS pour le FN et DPA pour le MNR. Après avoir été exclu d’Adsav en 2009, il s’occupe en entretenant l’Organisation Bretonne de Renseignement spécialisée dans la dénonciation des militants de gauche. Il a été condamné en 2003 pour provocation à la haine raciale : il avait écrit aux maires bretons pour annoncer « une invasion de 1 850 000 personnes en Bretagne, composée de musulmans-Maghrébins, de noirs d’Afrique générant des maladies, une délinquance et une déliquescence de l’identité bretonne. » Il appelait à « activer des unités d’autodéfense » pour faire face à ce « déferlement ».

Continuons sur Claude Guillemain. Son passé et ses soutiens présents ne peuvent laisser de doute sur la nature de son engagement politique. Il fut membre de Strolad ar Vro mouvement indépendantiste breton d’extrême droite dirigé par Yan Fouéré qui s’est construit pour lutter contre les indépendantistes de gauche. Cumulard patenté il assume la responsabilité du Réseau des Bretons de l’Étranger, autre coquille vide qui ne semble tourner qu’autour de sa personne et bien loin d’un réseau ne semble avoir pour but que de faciliter ses contacts dans le monde de la micro-finance. Il y tient d’ailleurs des discours xénophobes notamment contre une proposition de la ministre Yamina Benguigui : « Nous fondant sur la norme d’égalité, nous soutenons qu’il y a lieu de protéger tout Breton, et autres ressortissants de l’Union européenne, en lui ouvrant le droit, chaque fois qu’il constate l’effet pervers d’une disposition offrant un avantage à un étranger, d’exiger soit le même avantage, soit une compensation financière, à charge de l’institution l’ayant ainsi discriminé. »19 Pour conclure sur le portrait de ce personnage quelques articles publiés sur le site de Breizh 2004 sont éloquents. Reprise d’un article de Novopress l’agence de presse du Bloc Identitaire à propos de la Dessouchière20, reprise d’une conférence du théoricien d’extrême droite Alain de Benoist21 et de sa pensée sur l’immigration22 et lien vers Zentropa23 site internet d’extrême droite chantre de la métapolitique dont les sources politiques sont éloquentes comme le montre cet interview de Rivarol reprise par Novopress : « [Rivarol] : Quelles furent les sources idéologiques et culturelles de la synthèse réalisée par votre équipe ?

Zentropa : La multiplication des sources est notre source principale. Toutes les citer serait donc laborieux et imparfait… S’il fallait vraiment en mettre plus particulièrement certaines en exergue, nous pourrions évoquer le catholicisme social, la révolution conservatrice, le fascisme italien, et pour la période plus contemporaine, toutes les critiques de la technique et du libéralisme productiviste, de Gunther Anders à Jean-Claude Michéa… »24

Ils y font l’apologie de Casapound haut lieu du fascisme contemporain :

« Zentropa : Casapound est une expérience politique de premier plan et d’une très grande richesse à de nombreux points de vue (culturel, social, humain, organisationnel…). C’est un laboratoire d’idées mises en action qui rompt avec la plupart des impasses et des errements qui ont mené « nos milieux » à un état quasi-végétatif de simple témoignage. Il ne s’agit évidemment pas d’idéaliser ou d’idolâtrer ce modèle mais de saisir toute l’originalité et la pertinence de cette aventure qui montre à tous qu’il est possible de construire des alternatives concrètes de grande envergure. »25

Christophe Daniou, 26 ans, commercial, 1e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Peu prolixe sur internet, Christophe Daniou est surtout quelqu’un qui voyage : responsable de Jeune Bretagne pour Rennes, il se déplace beaucoup pour nouer des liens militants. C’est dans cette logique déjà qu’il défilait avec d’autres militants identitaires lors de la manifestation organisée à Rennes le 10 novembre 2011 par Civitas (catholiques intégristes reliés à l’extrême droite chrétienne). On le retrouve au gré des manifestations ou événements identitaires un peu partout en France (voir page 12), comme par exemple à Toulouse où il a inauguré le triste week-end du 31 avril 2012 en volant aux organisateurs la banderole prévue pour la manifestation en faveur de l’Occitanie. Une manifestation dont les mêmes organisateurs les avaient fermement éconduits, ne tolérant pas l’extrême droite dans leurs rangs. La journée s’était tragiquement terminée par un blessé très sérieux, plongé dans le coma : roué de coups par des supporters racistes proches des identitaires locaux, il est resté entre la vie et la mort une longue et inquiétante journée.26

Il faut dire que Christophe Daniou revenait juste d’un séjour à Casapound, un des hauts lieux d’expérimentation du fascisme européen, en Italie. De quoi gonfler le moral d’un militant d’extrême droite comme lui… Ce voyage, suivi d’un deuxième mi-mai 2012, est attesté par la photographie consultable ci-dessous.

Christophe Daniou à Casapound.

Quatrième à partir de la gauche, Christophe Daniou de Jeune Bretagne et son drapeau breton posent pour la posterité avec Gianfranco Iannone, au premier rang, troisième à partir de la droite. Cette photo a été prise en février 2012 durant un séjour de formation à Casapound.

Jeune Bretagne - Gianfranco Ianonne

À gauche, les autocollants de Jeune Bretagne souillent désormais le paysage italien. À droite, Gianfranco Iannone.

Ianonne - Casapound

À gauche, encore Gianfranco Iannone, sur scène avec son groupe ZetaZeroAlfa, né en 1997. Ce groupe aux textes fascisants est également l’inventeur de la Cinghiamattanza, pratique qui consiste pour les spectateurs à ôter leurs ceinturons et à se frapper mutuellement avec. À droite, toujours Gianfranco Iannone, à la tête de ses troupes, devant les bâtiments de Casapound, le mouvement fasciste qu’il a créé (le nom du mouvement provient d’Ezra Pound, fasciste américain venu s’installer en Italie pour soutenir Mussolini).

Casapound en manifestation

Casapound en manifestation. On remarquera les drapeaux frappés de l’éclair dans un cercle.

British Union of Fascists - Oswald Moseley

À gauche, le même drapeau, emblème du parti nazi anglais fondé en 1932 par Oswald Moseley, la British Union of Fascists. À droite, Oswald Moseley et ses partisans. Il sera emprisonné durant la guerre pour prévenir le risque d’une cinquième colonne nazie en Angleterre.

Les victimes de Gianluca Casseri

Aucune surprise donc, que les mêmes idéologies racistes induisent les mêmes conséquences meurtrières… Deux des victimes de Gianluca Casseri à Florence. En décembre 2011, armé d’un .357 Magnum, ce membre de Casapound assassine froidement deux personnes d’origine sénégalaise et en blesse trois autres avant de se suicider. On n’ose dès lors imaginer quel type de formation Christophe Daniou de Jeune Bretagne est allé chercher à Casapound, un mois après cette tuerie raciste et deux mois avant d’être candidat aux élections legislatives sur la liste Bretagne nous avons foi en toi.

Simon Danjou, 22 ans, chargé de communication, 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Instigateur d’un « apéro saucisson pinard » sur Rennes, le 02 juillet 2010, avec l’aide de sa petite amie Aurore Marie Clarine Pêcheul, autre candidate de la liste. Cet événement n’a finalement jamais eu lieu suite à une interdiction préfectorale, Luc Ankri, le directeur du cabinet du préfet déclarant : « Nous sommes très vigilants. […] D’autant que les motivations réelles des organisateurs restent floues. »27 La diplomatique formulation de la préfecture n’est pas anodine et si les motivations pouvaient sembler floues à l’époque, elles se sont parfaitement éclairées par la suite. Plutôt discret – son seul texte accessible sur le net a été écrit pour le compte de l‘organisation d’extrême droite Riposte Laïque -, le profil politique du bassiste du groupe de metal Thomas Bressel’s Xperience devient plus évident lorsqu’on s’intéresse à sa concubine Marie Pêcheul, moins réservée que son compagnon…

Aurore Marie Clarine Pêcheul, 21 ans, 3e circonscription des Côtes d’Armor. C’est elle qui la première a appelé officiellement à un « apéro saucisson pinard » à Rennes. L’invitation proposait à l’époque de « se réunir, dans un esprit gaulois, afin de profiter des spécialités de nos terroirs, afin de clamer qu’il est encore possible aujourd’hui d’être Français, fier de ses racines, des traditions culinaires françaises, et sans être néo-nazi comme on voudrait le faire croire. »28 Petite amie de Simon Danjou, et absolument pas « néo-nazi » elle a malgré tout « envie de butter toutes ces vermines de negros »29 (sic), n’aime ni « le maroc et tout ces bougnoules »30 (re-sic) ni « les étrangers (qu’ils rentrechez eux!!!) »31 (toujours-sic). On notera encore la profonde sérénité qui se dégage de ces quelques propos complémentaires :

« […] je supporte de moins en moins que des putains de vermines viennent en France nous pique nos logement, nos boulots, et ce que je supporte encore moins c’est que notre «belle» république donne tout a ces gens qui ne parlent même pas français merde qu’il retourne d’où ils viennent, c’est honteux. aujourd’hui la FRANCE = une Déchetteries polluée par toutes ces merdes qui ne devrais même pas exister… la prochaine fois qu’un connard de roumain m’agresse pour une pièce c’est à mes doc dans sa gueule dont il va avoir droit!!! »32

Aurore Marie Clarine Pêcheul

À droite, Aurore Marie Clarine Pêcheul sans son déguisement de candidate respectable. À gauche et en bas, les captures d’écran de ses Myspace et Skyblog.

Aurore Marie Clarine Pêcheul

Yann Vallerie, 28 ans, travailleur indépendant, 4e circonscription du Finistère. Yann Vallerie est l’un des responsables de Jeune Bretagne, mais il en est aussi le fondateur. Après s’être essayé à différentes organisations sans grand succès (dont Adsav, parti qui se pose en héritier des collaborateurs bretons durant la guerre), il a trouvé un premier point d’appui en créant les Breizh Stourmer, un kop de supporter du stade rennais. Bien que restant peu investis, les membres du kop sont le premier soutien nécessaire pour tenter une implantation plus politique. Il fonde donc une section des identitaires en Bretagne avec Mickaël Prima et anime seul ou presque la structure pendant plusieurs années. Il y a en définitive peu à dire sur ce personnage qui ne soit pas déjà d’une façon ou d’une autre dans les présentations de ses co-listiers que nous avons faites précédemment. Le fait qu’il soit à la tête d’individus aussi clairement dangereux en fait en soi leur égal. À la fois fondateur et aux commandes de la structure, il est profondément responsable de ce qui en découle.

S’il fallait ne donner qu’un exemple des idées qu’il défend, on pourrait donner celui-ci, qui est récent : le 28 février 2012, Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg (respectivement journaliste et député socialiste) sont agressés par une bande de jeunes fascistes. Les propos cités sont parfaitement révélateurs quant aux motifs de l’agression : « « La France aux français et autres « Le Pen président » […] « Jean-Marie nous a donné la permission de minuit pour chasser les youpins de Paris », ou encore « juden, juden, juden ! » »33
Que fait Yann Vallerie ? Il écrit un texte de soutien… aux agresseurs.

« Quand on stigmatise, insulte, traine dans la boue en permanence une partie de l’opinion publique, il faut toujours s’attendre, un jour ou l’autre, à un retour de bâton. […]

Visiblement ces personnes souhaitaient surtout exprimer (sans doute maladroitement vu les propos rapportés) le ras-le-bol d’une partie de la jeunesse française « Desouche » face au traitement qui lui est réservé au quotidien par les médias et les politiciens de la bien-pensance, toujours prompts à défendre les autres avant les nôtres. […]

Mme Pulvar, Mr Montebourg : ne vous vient-il pas à l’idée que vous êtes avant tout responsables de la situation d’hier ? […]

La fracture sociale, ethnique, culturelle qui se creuse de plus en plus sur le territoire français est inévitable et amènera, dans les prochains mois, dans les prochaines années, des incidents autrement plus importants que ceux d’hier, prémices d’une guerre civile annoncée. Les procès, la prison, la répression, la censure, l’isolement, l’étouffement économique n’y feront rien… »34

On pourrait continuer ainsi avec chacun des candidats, mais le profil politique de ceux-ci a déjà été parfaitement mis en lumière : faut il encore en rajouter ?

A l’instar de leur grands frères du Bloc Identitaire, ils reprennent le principe des coquilles vides et des associations-paravents, en parvenant à dissocier leur local géré par l’association Ti-Breizh (Guerlesquin) de leur mouvement politique Jeune Bretagne. Par ailleurs, parmi les soutiens de la liste, nous serions curieux de connaître les missions et le bureau de l’association Kreiz Breizh Solidarité, qui n’est même pas déclarée en préfecture comme son inexistence au Journal Officiel semble l’attester.

Pour Jeune Bretagne ces élections législatives sont aussi la sortie du bac à sable. Si jusqu’à récemment ils étaient membres du Bloc Identitaire les présidentielles de 2012 ont influé de façon importante sur leur destin. En effet le Bloc Identitaire a d’abord tenté de présenter un candidat en la personne d’Arnaud Gouillon. Au vu de son prévisible échec ils ont retiré sa candidature. S’en est suivie une consultation interne sur le positionnement à adopter pour les  présidentielles : qui fallait-il soutenir ? Les choix proposés s’articulaient entre deux candidats et une candidate : Frederic Nihous, Francois Bayrou (dans une sorte d’humour potache qui leur est spécifique), Marine le Pen, ou encore aucun soutien apporté. La majorité du Bloc a choisi l’absence de soutien à 62,64%.

De là naissent des divisions puisque Philippe Vardon un des fondateurs du Bloc appelait à soutenir Le Pen, quand Philippe Milliau35, lui aussi un « historique », penchait pour l’absence de soutien. La division s’est accentuée jusqu’à l’exclusion de Philippe Milliau du Bloc suite à une tentative de coup de force.36

Cette exclusion influe énormément sur Jeune Bretagne : Milliau est à la fois leur cadre idéologique et celui qui leur apporte le capital financier – un capital financier non-négligeable puisqu’il a permis l’achat de Ti-Breizh, le local identitaire de Bretagne.

Sans entrer dans les détails des querelles internes au Bloc Identitaire, la situation pour Yann Vallerie et Mickaël Prima, les dirigeants de Jeune Bretagne, était plutôt simple : soit ils restaient au sein du Bloc Identitaire et perdaient l’appui financier de Philippe Milliau, soit ils quittaient le Bloc pour en devenir une organisation-sœur, comme cela a été le cas également pour Opstaan, la maison flamande. Ils ont donc choisi très logiquement la seconde issue.

Cela cependant ne signifie en rien que tout rapport soit rompu avec le Bloc Identitaire ou les Jeunesses Identitaires : seul Philippe Milliau est persona non grata en leur sein. Si le choix de Jeune Bretagne risque de faire grincer plus d’un dentier en France cela n’empêche pas que les organisations comme les individus restent très proches. Surtout : à part la question stratégique du soutien à la présidentielle, il s’agit surtout de querelles d’égos qui n’entament en rien le fond idéologique des structures en présence.

Cela explique l’importance de ces élections législatives pour Jeune Bretagne : se faire connaître devient pour eux un impératif absolu. La cohérence politique n’étant pas le fort de ce courant il est cependant possible qu’ils nous réservent de nouvelles surprises d’ici peu.

Bretagne nous avons foi en toi inscrit dix propositions dans sa profession de foi. La stratégie électorale de Jeune Bretagne vise à se construire une légitimité et une insertion dans le champ politique. Pour cela ils choisissent de se positionner comme un mouvement au contour politique très flou, avançant des revendications quasi-consensuelles, reprises à d’autres, voir tout simplement démagogiques.

Mais si leurs véritables propositions ne sont pas inscrites dans leurs professions de foi, elles le sont en revanche dans leurs textes et actions au quotidien. Nous vous proposons donc ci dessous un aperçu de leur programme réel qui ne laisse planer aucun doute sur la nature d’extrême droite de la liste Bretagne, nous avons foi en toi.

Et pour commencer parlons du nom de la liste lui-même : Bretagne nous avons foi en toi. En apparence, rien de particulièrement alarmant. Mais la traduction en breton qui en est effectué est, elle, beaucoup plus révélatrice : Feiz ha Breizh. Hormis le fait que le sens n’est pas tout à fait le même – Foi et Bretagne étant sensiblement différent de son pendant en français – Feiz ha Breizh (qui est également l’adresse du site de la liste) est également le nom d’un journal de triste mémoire. En effet, il était l’organe de presse du Bleun-Brug, l’organisation de l’abbé Jean-Marie Perrot qui en sera directeur jusqu’au 12 décembre 1943, date à laquelle il sera exécuté par la résistance bretonne pour collaboration. Dans les pages de ce torchon raciste, entre deux coups de main au nazis et fascistes bretons, l’abbé Perrot se complaisait dans l’antisémitisme le plus virulent :

« Nul ne doit être accusé ou traîné en justice pour les Juifs tués… […] « Il n’y a qu’une chose à faire d’eux […], les obliger à restituer leurs rapines, dédommager les passagers dont ils ont endommagé les bagages, et les mettre à ramer à la place des Chrétiens. » […] Voilà ce que nous devons à nouveau faire d’eux à présent, un peu dans tous les pays d’Europe. »37

On pourrait penser que le choix d’un titre si clairement connoté n’est qu’une maladresse commise par les candidats de la liste Bretagne nous avons foi en toi si le contenu du site de Jeune Bretagne ne venait immédiatement non-seulement invalider cette supposition, mais  accréditer la théorie selon laquelle Bretagne nous avons foi en toi a fait le choix délibéré d’une référence au nazisme et à la collaboration.

Pour preuve cet article publié le 09 mars 2009 commémorant le 66ème anniversaire de l’exécution de l’abbé Perrot « assassiné le 12 décembre 1943 en raison de se foi. »

L'abbé Perrot

Captures d’écran de l’ancien site de Jeune Bretagne. Les articles étaient régulièrement signés « yann », ce qui laisse penser qu’ils étaient rédigés par Yann Vallerie.

Pour preuve cet article du 24 mars 2009 en hommage au nazi Olivier Mordrelle que l’on célèbre comme « poète » alors qu’il était plutôt connu de la résistance pour son rôle à la tête de l’Heure Bretonne, de Stur, ou encore au sein de Radio-Paris.

Olivier Mordrelle

Pour preuve encore cet article du 06 février 2009 rendant hommage à la fois à Breiz Atao, autre journal collaborateur raciste, et à Roparz Hemon, linguiste ayant cordialement fréquenté tous les nazis que la Bretagne comptait pendant la guerre.

Breizh Atao

Voir encore cette note du 26 novembre 2009 ou l’on trace le « portrait d’un […] penseur politique […] qui nous paraît intéressant », Ramiro Ledesma Ramos, théoricien du national-syndicalisme, un courant fasciste espagnol. Lui aussi exécuté : cette fois par les répulicains espagnols.

Ramiro Ledesma Ramos et national-syndicalisme

Ces articles ayant curieusement disparus du site de Jeune Bretagne, nous vous les présentons sous forme de captures d’écran en pages 24 et 25. Bref, en un mot comme en cent : Bretagne nous avons foi en toi fait clairement référence au nazisme et à la collaboration, dans le nom même que la liste s’est choisie. Cela seul devrait suffire à cerner sa réalité politique.

Mais il ne faut pas en rester là : car si Bretagne nous avons foi en toi donne des indices indirects, Jeune Bretagne est explicite au quotidien. Nous vous laissons donc découvrir dans les pages suivantes le contenu de leur propagande.

Expulsions

Au vu de tous ces éléments, la totalité de la ligne politique de la liste Bretagne nous avons foi en toi, malgré ses tentatives de dissimulation, se trouve résumée en une seule  et unique phrase de la profession de foi d’Emeline Berhault et Marie Pêcheul : « Je suis donc ce que l’on pourrait appeler « une bretonne pure souche. » »

Chassez le naturel…

Le 02 juin 2012, Jeune Bretagne organise à Vannes un débat qui ressemble à s’y méprendre à une tentive d’union de l’extrême-droite en Bretagne : en rupture de ban avec le Bloc Identitaire, n’importe quel allié serait le bienvenu. Ce sont donc Adsav et Riposte Laïque qui sont les invités principaux, mais il ne fait guère de doute que le Renouveau Français vannetais, ainsi que quelques isolés se revendiquant Nationalistes Autonomes iront également participer à la rencontre.

Bien que les chances d’aboutir à une union soient quasi-nulles tant les positionnements sont aux antipodes les uns des autres, la volonté de fédérer les courants d’extrême-droite est en soi un signe que ceux-ci l’estiment peu ou prou nécessaire.

À nous tous et toutes de rester vigilants  à l’avenir, pour que la Bretagne reste une terre inospitalière au fascisme, qu’il avance en pleine lumière ou en se dissimulant.

Samedi 02 juin 2012 à VannesMaitres chez nousTract distribué

Vidéo réalisée

Ci-dessous à gauche, première à partir de la droite, Marie Pêcheul précédée vers la gauche de Simon Danjou. Ci-dessous à droite, au centre Christophe Daniou dans son déguisement de Supercochon, qu’il sort habituellement pour aller vandaliser les sections hallal des supermarchés, remplaçant les produits des rayons par du porc et de l’alcool.38

Captures vidéo

Ci-dessus à gauche et au centre, toujours Christophe Daniou. Ci-dessus à droite et au centre, Yann Vallerie.

Jeune Bretagne à Morlaix, le 15 novembre 2011

À gauche Yann Vallérie, puis Simon Danjou. Troisième à partir de la droite, de profil, Christophe Daniou et cinquième à partir de le droite, de dos, Marie Pêcheul.Nous avons donc quatre candidats de la liste Bretagne nous avons foi en toi à une distribution de tracts de Jeune Bretagne à Morlaix, le 15 novembre 2011.

Distribution

Une photographie du tract distribué.

Le tract en version informatique.

Le tract en version informatique.

Plus bas, un extrait du texte écrit sur le site de Jeune Bretagne pour commenter la diffusion du tract, intitulé «Tractage à Morlaix + formation JB ». Il illustre sans ambages le fait suivant : Jeune Bretagne et Ti-Breizh sont une seule et même structure. Il permet également de mieux saisir les activités menées à Guerlesquin. Qu’est donc l’Airsoft évoqué dans le texte ? « L’airsoft est une activité ludique de simulation de combat utilisant des répliques d’armes à feu propulsant à l’aide de gaz ou air comprimé des billes en matière plastique de 6mm d’un grammage variant entre 0,12 g à 0,50 g. »39

« Samedi matin, une douzaine de militants de Jeune Bretagne se sont rendus […] à Morlaix, sur le marché, à la rencontre des habitants. […]  Dans la foulée, l’après midi s’est tenue à Ti-Breizh une session de formation sur la crise économique […] ainsi que sur les solutions que nous pouvons apporter, nous, identitaires, à ce danger. […] Un compte rendu intégral de la formation sera disponible prochainement en téléchargement.
[La] matinée du Dimanche a été consacrée à la fabrication d’un terrain d’Airsoft en compagnie des adhérents de l’association Ti-Breizh. »40

Qui paiera nos retraites ?

((Le 19 février 2011, Jeune Bretagne est allé au Super U du Gros Chêne, dans le quartier de Maurepas à Rennes, pour effectuer cette action coup de poing. Cet exploit est visible dans la deuxième partie de la vidéo présente ici : http://www.youtube.com/watch?v=7BH93MGIJz8))

Cette « nouvelle » problématique régionaliste puise néanmoins ses sources dans des références bien connues de l’extrême droite européenne pour Stéphane François :


  1. Jean Yves Camus, « L’Extrême droite : une famille idéologique complexe et diversifiée », Fragments sur les temps présents, octobre 2008. []
  2. Stéphane Francois, « Réflexion sur le mouvement « identitaire » », Fragments sur les temps présents, mars 2009. []
  3. Hans F.K Gunther, « Les peuples de l’Europe », 1929. []
  4. Perrineau Pascal, Laurent Annie, « L’extrême droite éclatée », In: Revue française de science politique, 49e année, n°4-5, 1999.pp. 633-642. []
  5. Pour une histoire détaillée du Bloc Identitaire se reporter à « Identitaires, Bloc Identitaire, Jeunesses Identitaires : La soupe aux Vardon», Reflexes, 09 novembre 2007 : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article323 []
  6. Christian Bouchet milite aujourd’hui au FN dans le département de Loire-Atlantique où il est candidat au élections législatives. Il écrit régulièrement dans Nation Presse Info le journal lancé en soutien à Marine Le Pen pour son accession à la tête du parti d’extrême droite. Il est dans une position précaire au sein du FN, sa ligne étant plus à droite que celle que le parti souhaite afficher. A ce sujet, lire « Législatives : Christian Bouchet, candidat FN et sa « légende noire » contre Ayrault », Nolwenn Le Blevennec, Rue89, 21 mai 2012 : http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/05/21/christian-bouchet-candidat-fn-contre-ayrault-et-sa-legende-noire-230774 []
  7. Qui sont les identitaires ? – Dossier de présentation, juin 2008, p.3. []
  8. Extrait du manifeste des Jeunesses Identitaires. []
  9. Extrait du manifeste des Jeunesses Identitaires. []
  10. « La Charte Identitaire », date incertaine, mais antérieure au 11 septembre 2007. N’est plus accessible sur le site des Identitaires, mais lisible sur le lien suivant qui le cite comme source : http://terre-celtique.over-blog.net/article-12295968.html []
  11. Voir ce web documentaire réalisé par Le Monde sur François Duprat : http://www.lemonde.fr/week-end/visuel_interactif/2011/04/08/francois-duprat-une-histoire-de-l-extreme-droite_1504004_1477893.html?xtmc=duprat&xtcr=23 []
  12. Pour plus d’informations, consulter « Apéro saucisson : le « Grand Mezze » de l’extrême droite parisienne », Caroline Monnot et Abel Mestre, blog Droite(s) Extrême(s), 19 juin 2010 : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/06/19/apero-saucisson-le-grand-mezze-de-lextreme-droite-parisienne/ []
  13. Pour plus d’informations, consulter « Les « Assises sur l’islamisation » : pas d’interdiction, mais… », Caroline Monnot et Abel Mestre, blog Droite(s) Extrême(s), 16 décembre 2010 : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/12/16/les-assises-sur-lislamisation-pas-dinterdiction-mais/ []
  14. Pour plus d’informations, consulter « Identitaires, skins : la face noire de Lyon », Anne Laffeter, Les Inrocks, 06 juin 2011 : http://www.lesinrocks.com/2011/06/06/actualite/identitaires-skins-la-face-noire-de-lyon-1114223/ – « Le Vieux Lyon ne veut pas devenir « Facho-land » », Laurent Burlet, Rue89, 15 novembre 2011 : http://www.rue89lyon.fr/2011/11/15/vieux-lyon-ne-veut-pas-devenir-facho-land/ – « L’extrême droite à Lyon », Olivier Minot et Alexandra Malka, émission Les pieds sur terre, France Culture, 09 novembre 2011 : http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-l%E2%80%99extreme-droite-a-lyon-2011-11-09 []
  15. Seidel Gillian, « Le fascisme dans les textes de la Nouvelle droite »,  In: Mots, octobre 1981, N°3. pp. 47-62. []
  16. Alain de Benoist, « Vu de Droite », La source d’or, 1977, p. 522. Pour plus d’information sur ce fondateur du GRECE, membre influent de l’extrême droite contemporaine, consulter « National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ? », Reflexes, 29 mars 2009 : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article433 []
  17. Pour regarder la vidéo du discours (en anglais) : http://www.bloc-identitaire.com/video/356/yann-vallerie-intervenu-nom-bloc-identitaire-manifestation-edl-luton []
  18. Plus d’information à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=73 []
  19. « Je demande la démission de Yamina Benguigui, la nouvelle ministre déléguée aux Français de l’étranger et à la Francophonie », Claude Guillemain, 23 mai 2012 : http://rbe-suarl.com/?p=790 []
  20. « La Desouchière : les elfes s’enracinent dans le Morvan », 15 août 2011 : http://www.breizh-2004.org/wordpress/?p=270 []
  21. « Les principes du fédéralisme selon Alain de Benoist », 29 mai 2011 : http://www.breizh-2004.org/wordpress/?p=264 []
  22. « L’immigration vue par Alain de Benoist », 04 avril 2011 : http://www.breizh-2004.org/wordpress/?p=256 []
  23. « La famille assumait alors toutes ses responsabilités… », 25 septembre 2010 : http://www.breizh-2004.org/wordpress/?p=232 []
  24. Rivarol est un journal d’extrême droite historique, dont Novopress se fait l’écho dans cet article : « Zentropa : l’esprit du clan », 21 août 2011 : http://qc.novopress.info/10344/zentropa-lesprit-du-clan/ []
  25. Rivarol est un journal d’extrême droite historique, dont Novopress se fait l’écho dans cet article : « Zentropa : l’esprit du clan », 21 août 2011 : http://qc.novopress.info/10344/zentropa-lesprit-du-clan/ []
  26. Un communiqué à été diffusé sur cette journnée par l’Union Antifasciste Toulousaine : http://unionantifascistetoulousaine.wordpress.com/2012/04/21/communique-unite-face-a-lextreme-droite/ []
  27. Cité en complément d’une interview de Simon Danjou et Marie Pêcheul dans « La préfecture interdit l’apéro saucisson-pinard », Claire Staes, Le Mensuel de Rennes, 04 juillet 2010 : http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2010/06/30/la-prefecture-interdit-lapero-saucisson-pinard-6282.html []
  28. Cité en complément d’une interview de Simon Danjou et Marie Pêcheul dans « La préfecture interdit l’apéro saucisson-pinard », Claire Staes, Le Mensuel de Rennes, 04 juillet 2010 : http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2010/06/30/la-prefecture-interdit-lapero-saucisson-pinard-6282.html []
  29. Commentaires écrits respectivement les 31 mars 2010, 09 mars 2010 et aux environs du 22 mars 2010 sur son Myspace et son Skyblog aujourd’hui supprimés de la toile. Des captures d’écran sont trouvables en page 19. Le dernier commentaire est encore consultable à cette adresse : http://mouvement-skin.skyrock.com/1154050300-Le-BONEHEAD-1978-a-nos-jours.html []
  30. Commentaires écrits respectivement les 31 mars 2010, 09 mars 2010 et aux environs du 22 mars 2010 sur son Myspace et son Skyblog aujourd’hui supprimés de la toile. Des captures d’écran sont trouvables en page 19. Le dernier commentaire est encore consultable à cette adresse : http://mouvement-skin.skyrock.com/1154050300-Le-BONEHEAD-1978-a-nos-jours.html []
  31. Commentaires écrits respectivement les 31 mars 2010, 09 mars 2010 et aux environs du 22 mars 2010 sur son Myspace et son Skyblog aujourd’hui supprimés de la toile. Des captures d’écran sont trouvables en page 19. Le dernier commentaire est encore consultable à cette adresse : http://mouvement-skin.skyrock.com/1154050300-Le-BONEHEAD-1978-a-nos-jours.html []
  32. Commentaires écrits respectivement les 31 mars 2010, 09 mars 2010 et aux environs du 22 mars 2010 sur son Myspace et son Skyblog aujourd’hui supprimés de la toile. Des captures d’écran sont trouvables en page 19. Le dernier commentaire est encore consultable à cette adresse : http://mouvement-skin.skyrock.com/1154050300-Le-BONEHEAD-1978-a-nos-jours.html []
  33. « Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg pris à partie à Paris », LeMonde.fr, 29 février 2012 : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/02/29/audrey-pulvar-et-arnaud-montebourg-pris-a-partie-a-paris_1649570_1471069.html []
  34. « Tribune libre : Montebourg – Pulvar : les arroseurs arrosés », Yann Vallerie, Novopress, 29 février 2012 : http://fr.novopress.info/109021/tribune-libre-monteboug-pulvar-les-arroseurs-arroses-par-yann-vallerie/ []
  35. Vieux routier de l’extrême-droite, Milliau est passé par le Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne (le GRECE – un think tank d’extrême droite très actif qui n’est pas étranger à la droitisation des élites politiques et médiatiques françaises ces vingt dernières années) puis par le FN. En 1998, au moment de la rupture entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, il se range du côté de Mégret et rejoint le MNR – dont il devient secrétaire départemental pour la Seine-Saint-Denis. En 2006, il est condamné à 6000 euros d’amende, trois ans de privation de droits civiques et d’inéligibilité après avoir abusivement inscrit des personnes sur les listes électorales de son parti. En 2008, Philippe Milliau rejoint le Bloc Identitaire. []
  36. « Philippe Milliau est débarqué du Bloc identitaire, la rançon d’un putsch manqué », Caroline Monnot et Abel Mestre, blog Droite(s) Extrême(s), 19 mars 2012 : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/03/19/philippe-millau-est-debarque-du-bloc-identitaire-la-rancon-dun-putsch-manque/ []
  37. Feiz ha Breizh, 1940. []
  38. Le 19 février 2011, Jeune Bretagne est allé au Super U du Gros Chêne, dans le quartier de Maurepas à Rennes, pour effectuer cette action coup de poing. Cet exploit est visible dans la deuxième partie de la vidéo présente ici : http://www.youtube.com/watch?v=7BH93MGIJz8 []
  39. Pour plus d’information : http://fr.wikipedia.org/wiki/Airsoft
    []
  40. L’intégrale du texte est trouvable ici : http://www.jeune-bretagne.com/2011/11/tractage-a-morlaix/ []


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