Dossier – Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire

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Fusions, arnaques et traîtrises à la chaîne : éléments de réflexion sur l'extrême droite en Bretagne

Un dossier de 43 pages pour faire le point sur la mouvance identitaire en Bretagne, entre le printemps 2012 et début 2013.

Focalisé sur les trois organisations concernées, le dossier revient sur les tentatives d’union et les scissions qui ont émaillées l’année écoulée, et sur les inflexions que cela entraînera sur leur politique courant 2013.
Au printemps dernier le Collectif Antifasciste Rennais avait publié un long dossier portant sur le groupe d’extrême droite Jeune Bretagne, qui concourait aux élections législatives en tentant de se présenter comme un courant politique fréquentable.
Nous déclarions alors : « Il nous apparaît primordial en tant que militants antifascistes de rappeler la place de cette liste sur l’échiquier politique, à savoir : une liste d’extrême droite montée par l’association Jeune Bretagne membre de l’Autre Jeunesse, réseau regroupant les organisations de jeunesse du Bloc Identitaire. »
En partie isolé de par sa rupture avec le Bloc Identitaire, le groupe Jeune Bretagne se trouvait dans une situation délicate. En quête d’alliés, il avait lancé un certain nombre d’appels du pied, notamment en direction d’Adsav-PPB, qui ne comptait pourtant pas parmi les cibles les plus sensibles au marketing identitaire.
L’été est passé. Avec la rentrée des classes, de nouvelles initiatives ont émergé. Il est donc temps de faire un bilan, quelques mois après, sur la situation à la droite de la droite en Bretagne.
Nota bene : toutes les informations contenues dans ce dossier sont publiques et généralement encore accessibles sur la toile pour qui veut s’en donner la peine – nous donnons systématiquement les liens à cet effet. Il arrive cependant que des éléments disparaissent du web. Dans ce cas, nous les présentons sous forme de captures d’écran.

1. La prestation de Jeune Bretagne aux élections legislatives de 2012

Une chose est sûre : ce n’est pas avec les résultats obtenus lors de ces élections législatives que les « identitaires bretons » parviendront à faire croire à une solide implantation sur le terrain. La stratégie d’une liste discrète, camouflant ses véritables motivations, se révèle donc être, du moins pour cette fois, un échec patent.
Yann Vallerie, un de leur responsables, ne passera pas au-delà de 0,58% des suffrages exprimés  dans la 4ème circonscription du Finistère – dont seulement 8 voix dans la commune de Guerlesquin où est implanté Ti-Breizh, le local des identitaires. Seule une de leur candidate de 27 ans, Marie Ollivier, passera péniblement les 1% dans la 3ème circonscription du Morbihan. Christophe Daniou, autre cadre de l’organisation, dont nous aurons l’occasion de reparler plus bas n’est pas plus heureux, avec 0,6 % des suffrages exprimés sur la 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine.
Ce n’est cependant pas tant de leurs scores que nous pouvons tirer des enseignements, mais bien des alliances et recompositions en cours depuis cette élection. Il nous faut donc les connaître et les analyser.
Suite à la publication du dossier du Collectif Antifasciste Rennais, la presse et les électeurs ont vite compris que sous un discours
régionaliste, c’était bien un mouvement d’extrême droite qui se cachait, assez mal, sous le nom « Bretagne nous avons Foi en Toi ». Une anecdote cependant, nous paraît digne d’être citée. L’Agence Bretagne Presse, après une première publication de nos informations, les retirait au motif suivant :
« Bretagne Nous avons Foi en Toi ayant l’intention de porter plainte pour diffamation, nous ne pouvons présenter ce dossier. »1
Intéressante conception du journalisme, qui d’une main supprime des informations publiques et parfaitement étayées au motif d’une plainte fantaisiste, et de l’autre donne la parole à Yann Vallerie pour qu’il puisse librement contrer la diffamation publique dont il s’estimait victime. Cela aura eu néanmoins l’intérêt de voir confirmées certaines informations grâce à Yann Vallerie, qui déclarait donc :
« Le seul « scoop » du dossier est en fait un ancien dérapage Internet d’une jeune fille à peine majeure et qui n’était pas engagée en politique à ce moment. »2
Bref, le pedigree des candidats étayait plus la thèse d’une candidature d’extrême droite que celle d’un ancrage dans ce que l’on a coutume de désigner comme le mouvement politique et culturel breton.
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Le 26 mars 2012 en pleine nuit, des membres de Jeune Bretagne vêtus à la skinhead, accrochent deux banderoles contre l’inauguration du mémorial de l’esclavage à Nantes.3

Deux mois plus tard, nulle trace d’un tel discours dans les professions de foi.

Deux mois plus tard, nulle trace d’un tel discours dans les professions de foi.

Yann Vallerie et Mickaël Prima, représentants du « French movement against islamisation » à un rassemblement de l’EDL à Luton, le 05 février 2011.5

Yann Vallerie et Mickaël Prima, représentants du « French movement against islamisation » à un rassemblement de l’EDL à Luton, le 05 février 2011.4


Ainsi par exemple, Simon Danjou, candidat sur la 2ème circonscription d’Ille-et-Vilaine, est un contributeur du site « Riposte Laïque » de l’association d’extrême droite du même nom. Une association très active contre la ratification par la France de la charte européenne des langues minoritaires au nom de la défense de l’identité nationale française, de l’unité de la république et de la laïcité.5
Difficile donc de le faire passer pour militant breton au sens où l’entendent de nombreuses personnes impliquées dans la défense de la langue bretonne, par exemple. Dans la même veine, notons que lorsque Yann Vallerie a représenté Jeune Bretagne à une manifestation de la très islamophobe English Defence League il y a pris la parole en tant que représentant du « French movement against islamisation ».6

Christophe Daniou quant à lui, s’est rendu plusieurs fois en Italie dans la période de la campagne des législatives pour y visiter Casapound, un immense local néo-fasciste à Rome dont un membre a assassiné plusieurs vendeurs ambulants sénégalais en décembre 2011. Le même Christophe Daniou se trouvait à Toulouse le jour où après s’être fait expulser d’une manifestation de défense de la langue occitane, des militants identitaires rouaient de coups un étudiant Chilien, Manuel Andrès Pardo, à tel point que celui-ci finira plongé dans le coma.7
Perquisitions à l’Oustal, le local des identitaires toulousains, le 28 juin 2012. Une quinzaine d’interpellations sera réalisée dans les milieux d’extrême droite.

Perquisitions à l’Oustal, le local des identitaires toulousains, le 28 juin 2012. Une quinzaine d’interpellations sera réalisée dans les milieux d’extrême droite.

À gauche, Matthieu Clique leader du Bloc Identitaire de Toulouse et auteur présumé des coups ayant entrainé le coma d’Andrès Pardo. À droite, Victor Lenta. Membre du Bloc Identitaire, il a suite à ces événements entraîné plusieurs militants aux Jeunesses Nationalistes.

À gauche, Matthieu Clique leader du Bloc Identitaire de Toulouse et auteur présumé des coups ayant entrainé le coma d’Andrès Pardo. À droite, Victor Lenta. Membre du Bloc Identitaire, il a suite à ces événements entraîné plusieurs militants aux Jeunesses Nationalistes.

À droite sur les deux photos, Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses Nationalistes. La photo de droite a été prise le 28 avril 2012 en Italie, lors d’une cérémonie  en l’honneur de Benito Mussolini organisée par des proches de Casapound.10

À droite sur les deux photos, Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses Nationalistes. La photo de droite a été prise le 28 avril 2012 en Italie, lors d’une cérémonie en l’honneur de Benito Mussolini organisée par des proches de Casapound.8

Casapound, c’est le mouvement fasciste italien auquel appartenait Gianluca Casseri, qui assassinait en décembre 2011 deux personnes d’origine sénégalaise et en blessait trois autres.

Casapound, c’est le mouvement fasciste italien auquel appartenait Gianluca Casseri, qui assassinait en décembre 2011 deux personnes d’origine sénégalaise et en blessait trois autres.

Casapound, c’est le lieu où Christophe Daniou, quatrième à partir de la gauche, partait en formation deux mois plus tard.

Casapound, c’est le lieu où Christophe Daniou, quatrième à partir de la gauche, partait en formation deux mois plus tard.

Christophe Daniou que l’on retrouve ici à droite, fin mars, à Toulouse. On le voit voler la banderole de Convergence Occitane en compagnie de Victor Lenta, à sa gauche. Cette organisation était à l’initiative de la manifestation pour l’Occitanie. Le Bloc Identitaire s’en était vu interdire l’accés par les organisateurs.

Christophe Daniou que l’on retrouve ici à droite, fin mars, à Toulouse. On le voit voler la banderole de Convergence Occitane en compagnie de Victor Lenta, à sa gauche. Cette organisation était à l’initiative de la manifestation pour l’Occitanie. Le Bloc Identitaire s’en était vu interdire l’accés par les organisateurs.

À la suite de quoi il rejoint Matthieu Clique - deuxième à partir de la droite - à l’Oustal, toujours en compagnie de Victor Lenta. La journée aura la conclusion que l’on sait et il y a décidément bien peu d’étapes d’un bord à l’autre de l’extrême droite...

À la suite de quoi il rejoint Matthieu Clique – deuxième à partir de la droite – à l’Oustal, toujours en compagnie de Victor Lenta. La journée aura la conclusion que l’on sait et il y a décidément bien peu d’étapes d’un bord à l’autre de l’extrême droite…

Comme Phillipe Milliau, propriétaire de Ti-Breizh, beaucoup de militants identitaires viennent du MNR de Bruno Mégret. Ajoutons à cela, comme le rappelait le blog « Droite(s) Extrême(s) »9, que le Bloc Identitaire dont Jeune Bretagne est une structure aujourd’hui dissociée mais toujours proche, présentait dans le cadre des mêmes élections législatives une candidate sous l’étiquette Front National : Catherine Blein.10

Il fallait donc faire quelque chose pour faire un peu plus couleur locale, et cette caution est venue grâce au soutien d’Adsav, petite formation d’extrême droite bretonne et indépendantiste.

2. Le colloque de Vannes

C’est à Vannes que Jeune Bretagne a organisé le 2 juin 2012 un débat sur l’immigration. En observant le panel des invités on pouvait noter une volonté de se poser en élément fédérateur de toute l’extrême droite.
Nous écrivions avant ces « assises sur l’immigration en Bretagne » :

 « Le 02 juin 2012, Jeune Bretagne organise à Vannes un débat qui ressemble à s’y méprendre à une tentative d’union de l’extrême-droite en Bretagne : en rupture de ban avec le Bloc Identitaire, n’importe quel allié serait le bienvenu. Ce sont donc Adsav et Riposte Laïque qui sont les invités principaux, mais il ne fait guère de doute que le Renouveau Français vannetais, ainsi que quelques isolés se revendiquant Nationalistes Autonomes iront également participer à la rencontre. »11

Nous ne nous étions pas beaucoup trompé. Seul le Renouveau Français se trouvait en fait à cette date en Loire-Atlantique pour participer à des initiatives intégristes anti-avortement. On peut retenir plusieurs choses de ce « colloque ». D’abord le fait qu’il se terminera par un court affrontement contre des jeunes de la cité voisine pendant lequel un salut nazi a été filmé. Les identitaires exploiteront ce filon en faisant croire qu’ils ont été littéralement agressés par des islamistes et qu’ils se sont empressés de les chasser. L’essentiel de leur communication se bornant à déformer des faits afin de faire croire qu’ils étaient soumis à un danger réel et pressant auquel ils ont été « capables » de répondre, alors même que de leurs propres aveux, ils étaient près d’en venir aux mains rien qu’en débattant entre eux. De tels propos masquent difficilement le ridicule de la situation.12 De plus, Adsav, complètement en perte de vitesse en Bretagne, à sauté sur l’occasion pour tenter de rompre son splendide isolement. C’est un de ses dirigeants, Patrick Montauzier, invité en tant que nationaliste et indépendantiste breton (il est présenté comme tel sur l’affiche de leurs assises), fondateur de cette bande de nostalgiques de la Bretagne blanche, rurale et catholique conservatrice des années 1920, qui prendra la parole. Au nom de l’unité anti-musulmans et d’une haine à peine voilée de l’étranger, il acceptera de partager la tribune avec la très tricolore représentante de Résistance Républicaine, Christine Tasin. Bien connue pour sa vision ultra-centraliste de la France, elle ne cesse de rappeler que Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers en 732. Ainsi déclarera-t-elle à propos du colloque de Vannes :

« Résistance républicaine, nous sommes, comme notre nom l’indique, des républicains soucieux du bien commun et, à ce titre, ennemis du régionalisme, de l’européisme et de l’autonomie des régions françaises, tous projets porteurs à nos yeux d’un éclatement de la nation. Nous sommes jacobins et donc partisans d’un centralisme fort pour une République une, laïque et indivisible, mise en danger par l’immigration depuis trente ans. »13

Un « très léger » compromis avec des ultras-jacobins, donc…

À gauche, l’affiche du colloque. Au centre, le Renouveau Français vannetais était ce jour-là en déplacement à Nantes pour un rassemblement intégriste.  À droite, extrait du chat officiel, en direct lors des conférences. Thor Steinar est une marque allemande de vêtements nazis.

À gauche, l’affiche du colloque. Au centre, le Renouveau Français vannetais était ce jour-là en déplacement à Nantes pour un rassemblement intégriste. À droite, extrait du chat officiel, en direct lors des conférences. Thor Steinar est une marque allemande de vêtements nazis.

Salut nazi filmé par les habitants du quartier, à la porte de l’Hôtel Mercure. Ci-dessous, logo de Jeune Bretagne introduisant leur vidéo sur les faits.

Salut nazi filmé par les habitants du quartier, à la porte de l’Hôtel Mercure.

Logo de Jeune Bretagne introduisant leur vidéo sur les faits.

Logo de Jeune Bretagne introduisant leur vidéo sur les faits.

À gauche, l’assaillant d’extrême droite a sous-estimé le rapport de force. À droite, un second militant armé d’une matraque télescopique. En bas à gauche, un troisième lance une canette. En bas à droite, un quatrième use d’une lacrymogène.

À gauche, l’assaillant d’extrême droite a sous-estimé le rapport de force. À droite, un second militant armé d’une matraque télescopique. En bas à gauche, un troisième lance une canette. En bas à droite, un quatrième use d’une lacrymogène.

A noter que la réaction des militants face à un rassemblement devant l’hôtel Mercure où ils étaient réunis a fait le tour de la blogosphère d’extrême droite laissant entrevoir les liens qui unissent ces différentes factions, et le fait qu’elles s’entendent particulièrement bien pour mettre en place une version des faits qui les arrange, et qui essaye de faire de tout ce joli monde une bande de pseudo-résistants à une islamisation moins réelle que fantasmée.14

Pour qui possède une endurance d’airain, la quasi-intégralité de ce colloque est disponible en vidéo sur internet.15
Nous consacrerons probablement un peu de temps au décortiquage politique de ces discussions, dont le niveau reste malgré tout consternant, lors d’un éventuel prochain dossier. Nous nous contenterons ici de quelques citations des intervenants et du public, afin de donner un aperçu de ce qui a pu se dire au fil de la journée.16

« On est tous amoureux de notre terre […], déclare Pierre Cassen de Riposte Laïque, qu’elle soit la région, qu’elle soit la France et tout, et si on est lucide, on sait tous qu’est-ce qui menace ce à quoi on tient. Je veux dire, on a assisté aux Assises sur la France en danger, moi j’ai été très marqué par les propos d’un intervenant qui s’appelle Marc Rousset qui nous a expliqué : aujourd’hui en France on a 17% de naissance d’origine musulmane (sic). Si rien n’est fait en 2030 on en aura 30%. Si rien n’est fait en 2050 on en aura 50%. […] Je crois que le vrai débat est là. On sait tout à fait que si ce que nous craignons arrive, je pense que Patrick [Montauzier, d’Adsav] pourra constater que les nouveaux arrivants, les musulmans, n’aurons pas plus de respect pour les monuments et la culture bretonne qu’ils n’en ont eu pour la bibliothèque de Constantinople où qu’ils n’en ont eu pour les Buddhas d’Afghanistan. Et nous nous constaterons qu’ils n’en auront pas davantage pour les mairies, pour les symboles sans doute que quelques uns exècrent sur la Révolution Française, sur les statues place de la Bastille, sur nos monuments « Liberté, Égalité, Fraternité ». Tout ça va voler en éclat. »

« [A]ujourd’hui en France on a 17% de naissance d’origine musulmane [.] » - Pierre Cassen, Riposte Laïque. « Et on est en train, gravissime encore plus, de faire de nos enfants des incultes [...] parce qu’ils savent plus qui est Jeanne d’Arc [.] » - Christine Tasin, Riposte Laïque.

« [A]ujourd’hui en France on a 17% de naissance d’origine musulmane [.] » – Pierre Cassen, Riposte Laïque.
« Et on est en train, gravissime encore plus, de faire de nos enfants des incultes […] parce qu’ils savent plus qui est Jeanne d’Arc [.] » – Christine Tasin, Riposte Laïque.

« J’habite un quartier depuis maintenant bientôt quarante ans, à Rennes – je vais prendre un exemple précis parce que je le connais personnellement très très bien – où il n’y avait que des européens, que des bretons, que des blancs, renchérissait Patrick Montauzier d’Adsav. Trente-cinq ans après je suis, dans mon petit collectif, on est deux blancs. Dans les escaliers d’à côté, il n’y a plus un blanc. Sur le marché qui est un très grand marché qui a lieu tous les samedis, un marché populaire, il ne reste plus que trois marchands blancs. […] Il n’y a plus que des vendeurs étrangers. Vous allez à quatre heure-et-demie, ou cinq heures de l’après-midi sur la place de la mairie de Rennes ou place de la République [:] c’est noir. Pas noir de monde : c’est noir. Que des africains. »

« Trente-cinq ans après [...] on est deux blancs. Dans les escaliers d’à côté, il n’y a plus un blanc. [...] Vous allez à [...] cinq heures de l’après-midi sur la place de la mairie de Rennes [...] c’est noir. Pas noir de monde : c’est noir. Que des africains.» - Patrick Montauzier, Adsav.

« Trente-cinq ans après […] on est deux blancs. Dans les escaliers d’à côté, il n’y a plus un blanc. […] Vous allez à […] cinq heures de l’après-midi sur la place de la mairie de Rennes […] c’est noir. Pas noir de monde : c’est noir. Que des africains.» – Patrick Montauzier, Adsav.

Philippe Milliau de Jeune Bretagne, fait l’apologie de l’épuration ethnique – mais seulement pour les noirs et les arabes – sans complexe :

« Contrairement à ce qui nous est affirmé […] par nos ennemis [,] qui disent vous comprenez ils ne repartirons jamais, en tout cas jamais en nombre. C’est impossible ils sont trop nombreux, et puis maintenant ils sont français depuis plusieurs générations, enfin la litanie de ce que nous entendons les uns et les autres. Et puis regardez, ajoutent-ils, les déplacements de population on l’a vu en Yougoslavie, on l’a vu avec les Pieds-Noirs, etc, c’est toujours dramatique, on l’a vu avec les Sudètes17 naguère, bref. Il y a toujours des problèmes, c’est affreux quoi, déplacer les populations en nombre c’est un acte inhumain, terroriste, hostile à l’idée même des Droits de l’Homme et des populations. Et tous ces arguments mis bout à bout font que nous nous habituons progressivement à l’idée qu’ils sont là pour l’éternité. Je voudrais dire quelque chose qui en réplique à ces arguments me paraît très fort. Il y avait en Afrique du Nord environ 1,3 million d’européens (Algérie, Maroc, Tunisie). Sur ce 1,3 million d’européens moins de dix-mille avaient en réalité gardé des attaches directes [.] Dans la réalité il était devenu comme le Boer18 , n’est-ce pas, en Afrique du Sud : quelqu’un du pays, né au pays depuis plusieurs générations. […] Quand ce déplacement de population à eu lieu, c’est objectivement un vrai déplacement. […] Ce que je veux mettre en lumière dans mon propos, c’est que s’agissant des populations arabo-musulmanes et africaines principalement, donc, numériquement important sur notre sol – c’est vrai aussi d’ailleurs pour les populations extrême orientales – pratiquement tous ont gardé les attaches avec leur tribu (sic). […] Parce qu’en réalité ne nous effrayons pas : c’est beaucoup plus facile qu’ils repartent, et pour eux et pour nous, que pour d’autres déplacements de population qui ont eu lieu. […] Donc ne nous faisons pas un monde excessif des facultés que nous avons éventuellement. La seule question c’est : est-ce que nous voulons mettre en œuvre ces facultés ? Et c’est pour ça qu’on se réunit parce que tous ici, on est d’accord sur le fait qu’il faut mettre en œuvre ces facultés et arrêter cet état d’esprit de culpabilité, cet état d’esprit de repentance [.] ( applaudissements nourris dans la salle) »

« C’est nous qui sommes l’Europe aux cent drapeaux, l’Europe des peuples. » - Ronan Le Gall, Adsav. « Ce que je veux mettre en lumière [...] c’est que s’agissant des populations arabo-musulmanes et africaines [...] sur notre sol  [...]  pratiquement tous ont gardé les attaches avec leur tribu. » - Philippe Milliau, Jeune Bretagne.

« C’est nous qui sommes l’Europe aux cent drapeaux, l’Europe des peuples. » – Ronan Le Gall, Adsav.
« Ce que je veux mettre en lumière […] c’est que s’agissant des populations arabo-musulmanes et africaines […] sur notre sol […] pratiquement tous ont gardé les attaches avec leur tribu. » – Philippe Milliau, Jeune Bretagne.

Christine Tasin, de Riposte Laïque, revient quant à elle sur la loi de 2004 concernant le port ostensible de signes religieux à l’école, en explicitant la très particulière vision de la laïcité qu’elle défend :

« Qu’on ai été obligés par, on va dire, concession à la pensée dominante, de baptiser la loi sur le voile, « Loi sur les symboles religieux »,  je crois que personne ne se fait d’illusion c’est évident. Les crucifix ne gênaient personne, les médailles ne gênaient absolument personne tout simplement parce que personne n’allait sous prétexte qu’il portait une médaille de Marie revendiquer quelque chose, un traitement particulier, et ça n’était pas discriminatoire (sic). Il se trouve que, en 2003, malgré ça, la bataille a fait rage et que l’évolution des mentalités étant ce qu’elle est, il a fallu effectivement pour faire passer la loi […] et qu’elle protège notre conception de l’égalité homme-femme, d’enrober sur : interdiction des signes religieux. Nous nous sommes des laïques mais nous sommes pour les croyances, nous respectons les croyances. Ce que nous ne voulons pas c’est que les croyances soient imposées à tous comme c’est le cas avec l’Islam. Nous sommes les premiers à défendre nos racines chrétiennes parce que d’abord ce sont nos racines chrétiennes qui ont abouties à la laïcité, c’est à dire à la libération de l’homme [.] Moi il me semble que si on a quelque chose à faire et c’est le combat qui devrait vraiment nous tenir tous, c’est celui de l’école, c’est celui effectivement de la manipulation intellectuelle qui fait qu’on est en train de faire du vide, qu’on est en train de saper toutes nos racines, toute notre culture, tous nos racines (sic). On est en train de faire étudier à nos gosses aussi bien l’Islam que l’histoire des empires africains, au lieu de s’occuper effectivement de notre Histoire, de l’Histoire qui nous a constitués. Et on est en train, gravissime encore plus (sic), de faire de nos enfants des incultes qui n’ont plus du tout conscience d’appartenir au même groupe, à la même Nation parce qu’ils savent plus qui est Jeanne d’Arc comme ils savent plus qui est Molière. Et il me semble que s’il y a un combat qui est possible, ce serait celui de l’école. ( applaudissements nourris dans la salle) »

Ronan Le Gall d’Adsav rappelle que pour lui le monde est un étranger également détestable, qu’en fait il n’aime personne, à commencer par les Juifs, en s’adressant à Christine Tasin :

« Tout à l’heure on parlait de « Liberté, Égalité, Fraternité », votre « Liberté, Égalité, Choucroute » on pourrait dire… Votre devise. Je rappellerai également que c’est la devise du Grand Orient de France, ennemi par nature des peuples. (regard insistant) Ça veut tout dire. [C’était à la base] une conférence contre l’immigration et en fait ça tourne que contre l’Islam. L’Islam comme l’a dit Patrick [Montauzier, d’Adsav] c’est juste le bras armé de l’immigration, mais il y a d’autres choses. Je vais prendre un peuple que j’aime bien, je vais vous horrifier, mais le peuple alsacien. Ils mangent du cochon comme nous. Ils aiment bien boire un coup comme nous. Mais aujourd’hui, demain, on amène six millions d’alsaciens en Bretagne, ce sera six millions d’immigrés. La Bretagne perdra sa culture, perdra son identité. Six millions de bretons à Strasbourg, Strasbourg ne sera plus alsacienne. C’est pareil en Occitanie, c’est pareil au Pays Basque. […] C’est nous qui sommes l’Europe aux cent drapeaux19 , l’Europe des peuples. […] Je finirai juste en disant un truc, c’est que les français ont la République et l’Islam a l’Oumma. Et vous ne vous rendez même pas compte des points communs que la République Française possède avec l’Oumma musulmane. […] Vous êtes le même système totalitaire, non, on en veut pas. »

Concluons ces citations par quelques interventions du public lui-même :

« Et il y en a tellement, mais vous le savez, vous, qu’en prison ils sont heureux d’y retourner lorsqu’ils n’ont pas réussi leurs forfaits, puisqu’ils sont en colonie de vacance ! Ils sont nourris, ils sont logés, ils sont habillés, ils sont blanchis [bruissement de rires dans la salle], ils ont des douches, ils ont la télévision et tout ça sur mes impôts et les vôtres. Voilà ce que c’est que l’immigration. […] Tout ce que nous pouvons entreprendre, tout ce que nous pouvons imaginer n’a aucune chance de réussir dans l’immédiat […] parce que tout ce qui est dirigé en France, que ce soit les médias, que ce soit les finances, que ce soit les parlementaires, sont menés par une équipe qui ont double-citoyenneté20 et dirigent tout en France, en Allemagne, en Amérique, partout dans le monde. Et tant que nous aurons cette équipe-là pour nous diriger nous serons heureux (applaudissements dans la salle). »

« Bonjour. Je voudrais poser une question à madame Tasin. Pour elle, est-ce que la Nation française est une Nation blanche, déjà ?
Ben ça paraît évident, hein ! déclare quelqu’un dans le public.
Ah non apparemment c’est pas évident pour certains. Si c’est la République une et indivisible, à savoir que la région d’Europe où il y a le plus de naissances c’est Mayotte. Ah ! Ils sont pas trop blancs. Mais ils sont français ! Ce sont des concitoyens. Et pour revenir à l’Islam, le discours petit bourgeois, euh du genre euh les barbus, […] on n’arrête pas d’entendre ça sur l’Islam… C’est l’immigration le problème. La partie émergée de l’iceberg c’est l’Islam, mais c’est un dixième, quoi. Faut arrêter de focaliser sur l’Islam. Le combat si c’est juste de la poudre aux yeux sur les mosquées, faut penser : un copte il a beau être chrétien, s’il vient en Europe c’est un immigré comme un autre, hein. Pourtant il est chrétien. Et en plus c’est un sémite, il a rien à faire chez nous. »

Fermez le ban…

La capacité de Jeune Bretagne  à rassembler les extrêmes droites autour d’elle au nom de l’unité anti-immigrants semble être encore aujourd’hui et malgré les changements importants intervenus plus tard dans l’année, sa seule logique de fonctionnement. Une logique d’extrême droite qu’elle n’a pas le mérite d’inventer, puisqu’elle se calque sur celle du FN. Loin de s’écarter et de prendre son autonomie Jeune Bretagne reste à cette date enlisée dans une nébuleuse marquée par les nationalismes très conservateurs.

C’est dans cette perspective qu’il fallait envisager la prétention de Jeune Bretagne à défiler à Pacé le 7 novembre 2012, pour demander l’expulsion des migrants qui y occupaient un bâtiment. En effet, les premiers signataires de cette initiative, outre Jeune Bretagne sont… Adsav et Résistance Républicaine. A défaut d’avoir des idées, ils mettent en place des actions généralement invisibles dans la rue, mais sur-valorisées par l’usage médiatique qu’ils en font sur la toile, et surtout représentatives d’un credo on ne peut plus moderne : on parle de moi dans les médias, ou je parle de moi dans mes médias, donc j’existe… Suffit-il d’être pris en considération par les médias ou de se créer un ensemble de supports médiatiques pour exister politiquement et socialement ?21

La provocation et le goût pour la mise en scène ont comme énorme avantage de les faire paraître actifs sur le terrain tout en attirant sporadiquement l’attention des médias, alors que dans le même temps, le FN peine à se faire entendre en période non électorale.

Sans surprise, la mobilisation de l’extrême droite à Pacé aura été inexistante, se contentant d’un effet d’annonce. Le communiqué publié à l’époque par nos soins mérite d’être cité :

« […] De nombreuses organisations et de nombreux riverains, plus de 300 personnes, se sont déplacées pour manifester leur soutien aux familles de migrants, dans une ambiance conviviale et résolument solidaires. [L]’extrême droite, ayant dû se contenter d’une manipulation médiatique désormais habituelle, n’aura pas été capable de mobiliser le moindre individu face à la solidarité des acteurs du mouvement social, des habitants de Pacé et des environs. […]

Malheureusement, les migrants seront sûrement expulsés uniquement par la machine préfectorale, qui persiste à vouloir privilégier les intérêts de la propriété à ceux des droits humains les plus élémentaires, comme celui de vivre sous un toit, tout en sachant qu’il n’existe aucune solution de relogement. […] Les élites du PS ont pris le relais de l’UMP et semblent suivre une même route. Nous ne sommes pas vraiment surpris car ces derniers se cachent derrière leur paravent de bons gestionnaires et font preuve de bien peu de courage quand il s’agit d’assumer leurs décisions. Ils espèrent que leurs électeurs, trop occupés à défendre leur emploi ou leur pouvoir d’achat, se désintéressent d’individus stigmatisés et souvent mis au rebut de la société. »22

Jeune Bretagne fera tout de même un communiqué pour annoncer sa victoire : son appel aurait contraint la préfecture à expulser les migrants du lieu qu’ils occupaient.23 Une expulsion en réalité prévue et dont la date était déjà connue depuis plusieurs semaines, conformément aux dispositions légales. En l’occurence, on pourra à bon droit conclure que la préfecture et l’État auront été plus efficaces que Jeune Bretagne dans l’application d’une politique à connotation de plus en plus ouvertement raciste. Rappelons en effet que les migrants expulsés de la maison de retraite désaffectée de Pacé étaient tous en demande d’asile, situation qui contraint l’État à les héberger durant la procédure : la préfecture a constamment essayé de priver ces personnes d’hébergement et a donc ajouté à l’illégalité, l’expulsion au cœur de l’hiver de quelques 300 personnes, dont presque 80 enfants. Une situation qui s’est poursuivie durant tout l’hiver à l’encontre des demandeurs d’asile de la région rennaise par de multiples expulsions de squats et l’entretien d’une situation catastrophique en terme de moyens au 115, chargé de l’hébergement d’urgence. Cette situation, délibérément voulue par le Parti Socialiste (à la tête, ne l’oublions pas, de l’État, des Conseils Régionaux et Généraux ainsi que de la mairie de Rennes) devrait nous interpeller collectivement. Quand le discours socialiste ressemble comme deux gouttes d’eau à celui des identitaires, le climat sent mauvais…24

3. Adsav, Kadarn et Breiz Atao

Fondée en 2000 par Patrick Montauzier, Adsav est une organisation qui se place en héritière des collaborateurs bretons pendant la deuxième guerre mondiale. Ses références explicites y sont extrêmement nombreuses, à commencer par l’utilisation de drapeaux très similaires. Groupusculaire dès son origine, l’organisation ne connaîtra qu’une seule réelle « bonne année » en 2008, où elle présente 6 candidats aux élections cantonales pour des résultats peu élevés (Ronan Le Gall à Briec : 5,21 % ; Erwan Josset à Auray : 4,12 % ; Frédéric Thetiot à Saint-Père-en-Retz : 2,33 % ; Thierry Le Béhérec à Châteaugiron : 4,96 % ; Patrick Montauzier à Dol-de-Bretagne : 4 % ; Roland de la Morinière à Lamballe : 6,29 %). Depuis, ses effectifs ne cessent de décroître. Il faut dire que ses adhérents se recrutent pour une bonne partie dans le petit milieu skinhead breton, ce qui réduit d’office ses opportunités et forces militantes. La principale activité d’Adsav se résumait à des banquets et des commémorations de batailles, mais récemment, celles-ci se sont tellement réduites que seule la publication de sa revue, War Raok, signale encore une activité militante.

À gauche, une photographie des Bagadoù Stourm saluant leur drapeau, prise durant l'occupation. À droite, Adsav organise sa commémoration annuelle à Bain-sur-Oust en 2011 et utilise le même étendard.

À gauche, une photographie des Bagadoù Stourm saluant leur drapeau, prise durant l’occupation. À droite, Adsav organise sa commémoration annuelle à Bain-sur-Oust en 2011 et utilise le même étendard.

Ici lors d'un meeting, Yann Goulet, collaborateur durant la guerre et condamné à mort à la libération, devient chef des Bagadoù Stourm - Groupes de Combat -, la milice du Parti National Breton en 1941.

Ici lors d’un meeting, Yann Goulet, collaborateur durant la guerre et condamné à mort à la libération, devient chef des Bagadoù Stourm – Groupes de Combat -, la milice du Parti National Breton en 1941.

À gauche, Patrick Montauzier à la tribune lors du congrès d'Adsav en 2003. À droite, le Tarz an Deiz, drapeau d'Adsav. Il reprend l'ancien emblème du PNB, le triskell orange dans un disque noir bordé de blanc, le transformant en un soleil celtique se levant sur l'horizon.

À gauche, Patrick Montauzier à la tribune lors du congrès d’Adsav en 2003. À droite, le Tarz an Deiz, drapeau d’Adsav. Il reprend l’ancien emblème du PNB, le triskell orange dans un disque noir bordé de blanc, le transformant en un soleil celtique se levant sur l’horizon.

Adsav n’en est pas à sa première tentative de rapprochement et d’unité avec l’ultra-droite tricolore. Expulsés par les antifascistes des manifestations pour l’unité de la Bretagne, réduits à coller des autocollants comme en octobre 2011 contre un centre d’enseignement de la langue bretonne aux adultes à Rennes ou à détériorer les panneaux du seul mensuel en langue bretonne qui ont pour tort d’après Adsav d’être contrôlés par les « rouges »… leur horizon politique se réduit chaque jour un peu plus. Leur incapacité à être acceptés dans la mouvance politique et culturelle bretonne s’est encore traduite publiquement lorsque Anna-Vari Chapalain, directrice du réseau d’écoles associatives en langue bretonne Diwan, a déclaré à la presse de Louannec, lors d’une manifestation de soutien à l’école Diwan de cette commune privée de locaux d’où Adsav était évidemment absent : « Ils seraient vite jetés dehors »25

Dégradations des locaux de Skol an Esmav, centre d'enseignement de la langue bretonne, commises par Adsav à Rennes en 2011.

Dégradations des locaux de Skol an Esmav, centre d’enseignement de la langue bretonne, commises par Adsav à Rennes en 2011.

Auparavant les parents de cet établissement occupés avaient déclarés au nom du comité de soutien à l’école, devant la presse que celui-ci n’a « aucune relation avec le parti Jeune Bretagne, ne partage pas ses idées et n’admet pas que celui ci s’exprime en son nom. »26 Une déclaration sans doute dure à avaler pour Christophe Daniou originaire du secteur, qui n’est visiblement pas prophète en son pays.

Jeune Bretagne avait sans doute oublié de lire la charte des écoles Diwan qui stipule clairement :

« Diwan se déclare solidaire de tous les peuples qui luttent pour leur identité culturelle, en y insérant les travailleurs immigrés, affirmant que leurs diversités concourent à enrichir le patrimoine humain. »27

Kadarn l’organisation de jeunesse d’Adsav avait déjà défilé en novembre 2011 à Rennes contre la pièce de l’Italien Romeo Castellucci, « Sur le concept du visage du fils de Dieu », présentée au Théâtre National de Bretagne. Ils avaient accepté de faire, là encore, « les régionaux de l’étape » parmi les centaines de manifestants venus majoritairement de Vendée, et de marcher sous les drapeaux tricolores aux côtés des Jeunesses Nationalistes françaises de Gabriac, conseiller Rhône-Alpes, exclu du FN pour sympathies pro-nazi trop voyantes.

La très faible fréquentation du camp d’été 2012 de Kadarn illustre parfaitement le fait que leur rapprochement avec les identitaires de Jeune Bretagne ne leur bénéficie pas en terme de recrutement. Les moyens, la relative réactivité médiatique de ces derniers se font au détriment du bloc Adsav/Kadarn et de sa cohésion.

En effet ce soutien aux initiatives de l’agenda politique de Jeune Bretagne se fait surtout sous l’impulsion des ultras d’Adsav. Tel Eric Alhinc  de Saint-Brieuc qui a joué dans un groupe musical joliment intitulé : Bretonische Waffenverband, le nom de l’unité nazie bretonne qui a fini dans la division francophone Charlemagne de la Waffen SS. Sa formation musicale n’a pas eu un grand succès mais on retrouve sa trace facilement sur le net, sur tous les sites boneheads anticommunistes, notamment chez le Front des Patriotes.

Il a aussi été trésorier de la liste UMP de Trégueux conduite par la conseillère régionale Danielle Jegou, sans que ce parti n’y trouve rien à redire d’ailleurs.

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À gauche – au centre de la photographie – et à droite, Éric Alhinc dit « Ricket », secrétaire national d’Adsav, pendant la prestation de son groupe, Bretonnische Waffenverband, lors d’un RAC. On notera le tatouage du Maréchal Pétain sur le bras droit.

À gauche, Éric Alhinc toujours. On notera le tatouage « 88 » - signifiant « Heil Hitler » - sous le bras droit. Le genre d'évènements  - les RAC - où se produit Bretonnische Waffenverband.

À gauche, Éric Alhinc toujours. On notera le tatouage « 88 » – signifiant « Heil Hitler » – sous le bras droit.  À droite, le genre d’évènements – les RAC – où se produit Bretonnische Waffenverband.

Pas sûr que ce soutien apparaisse des plus cohérent à tous, car aux élections cantonales de mars 2011, voici ce que déclarait Ronan Le Gall, porte-parole d’Adsav, à propos des candidatures Jeune Bretagne (à l’époque encore intégrée au Bloc Identitaire), dont celle de Yann Vallerie : « Nous tenons à préciser que la liste Jeune Bretagne, qui se présente dans deux cantons, Fouesnant et Rosporden, n’a aucun rapport avec Adsav! et que, même si elle en reprend le slogan « Bretons, Maîtres chez nous », elle n’est en réalité que l’émanation d’une officine française des plus ambigüe peinturlurée en Gwenn ha du. Son candidat – pas plus breton que sa liste – a été parachuté à Rosporden dans l’unique but de tromper les électeurs bretons et de bénéficier d’une confusion que nous jugeons malsaine. »28

Pas très sympa… et pas sûr que Vallerie aie une confiance absolue dans ce nouveau camarade. Ou peut être pas si nouveau que cela : on se souvient en effet que Yann Vallerie est passé par Adsav avant de poursuivre son trajet chez les identitaires. N’étant pas à une absurdité près, les consignes de vote données par Adsav seront de voter pour un candidat UDB (gauche autonomiste) plutôt que pour Jeune Bretagne.29 Un candidat qui, horrifié, s’est empressé de réaffirmer son rejet du racisme… En mai 2012 Ronan Le Gall appellera a voter François Hollande au deuxième tour… pour contribuer au déclin de la France en l’accélérant.

L’autonomisation de Jeune Bretagne vis-à-vis du Bloc Identitaire a sans doute permis à Adsav de considérer Jeune Bretagne comme une structure plus locale, mais devant tant de zigzags tactiques, Adsav aura bien du mal à garder sa cohérence. D’autant qu’au plan international, Adsav ne peut plus guère se présenter comme seul interlocuteur des formations type Ligue du Nord en Italie ou Vlaams Belang en Flandres, en raison du travail dans cette direction du Bloc Identitaire. En Corse et en Catalogne les seuls groupes parlant avec Jeune Bretagne ou Adsav sont très marginaux et exclus de la dynamique indépendantistes et/ou de lutte de libération nationale.

Cela n’a pas échappé au Télégramme suite à l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers par les identitaires, en citant le militant néofasciste Mario Borguezio, eurodéputé de la Ligue du Nord.30 Celui-ci œuvrait autrefois lors de réunions d’Adsav, comme en 2009 à Ligné,  mais c’est lors d’une convention du Bloc Identitaire qu’il prodiguait ce genre de conseils :

« Il faut insister beaucoup sur le côté régionaliste de votre mouvement. (…) Mais en dessous, nous sommes toujours les mêmes. »31

Signalons que Éric Alhinc a répondu en compagnie de Patrick Montauzier à l’été 2012 à une interview sur le site Meridien Zero, un média radio de la galaxie identitaire animé par Eric Fornal, qui fut comme le rappelle Libération du 13 mars 1999 : « responsable de la revue Terre et Peuple, le bulletin de l’association du même nom fondée par Pierre Vial, l’ancien secrétaire général du GRECE (Groupement d’études et de recherche sur la civilisation européenne), qui, face à « la menace de submersion démographique du tiers monde », a plaidé pour une « culture enracinée » »32 et surtout un ex-membre du MNR de Bruno Mégret, tout comme Phillipe Milliau.

Car à ceux et celles à qui cela aurait échappé, c’est bien au sein d’un authentique mouvement d’extrême droite français (le MNR de Bruno Mégret, une scission du FN), qu’a émergé l’idée d’un outil électoral et d’agitation pour tenter de reprendre l’idée bretonne « aux mondialistes et aux gauchistes » et faire progresser par là même d’authentiques idées racistes et xénophobes.33 Ainsi on notera qu’une des candidates Jeune Bretagne aux législatives de 2012 Anne-Marie Rimbault, aurait été selon nos informations membre du MRB (Mouvement Régionaliste Breton) éphémère cache sexe d’un ancien conseiller régional… MNR en 2004. Structure où milita aussi Anges Belbeoc’h, suppléante de Mickael Prima (Bloc Identitaire) aux cantonales de 2011 dans le Finistère.

D’autres facteurs et individus ont contribués à ce rapprochement : notamment le site Breiz Atao animé de l’étranger par l’ex-membre d’Adsav Boris Le Lay.

Ce militant ultra, aprés avoir un temps épousé la cause de l’État d’Israël par pur opportunisme anti-arabe et anti-musulman, n’a pas peur de montrer son vrai visage à travers des articles sur (par exemple) « Les origines juives d’Alan Stivell ».34 Si son site est hébergé à l’étranger, c’est pour se prémunir face à aux poursuites que pourraient provoquer ses écrits : il est en effet poursuivi suite à de nombreux articles.

Au cas où Jeune Bretagne souhaiterait se démarquer de ce site à l’antisémitisme assumé, rappelons que lors de sa création il avait été qualifié de « très intéressant » par le blog de Jeune Bretagne.35

Pour le reste de la littérature de ce site, on peut citer des attaques permanentes contre les antifascistes, les communistes, les militants de la gauche indépendantiste ou autonomiste, mais surtout un soutien sans faille aux Jeunesses Nationalistes françaises de Gabriac36 ou encore aux… identitaires.37

Citons un des hauts faits d’arme de Breiz Atao : en février 2011 il mettait en doute la bretonnité de Yannick Martin, musicien sacré champion de Bretagne pour ses prestations de sonneurs de bombarde, en raison de la couleur de sa peau.38 La réprobation sera unanime dans l’ensemble du mouvement musical, linguistique et culturel Breton. À aucun moment les dirigeants de Jeune Bretagne ne se démarqueront de ces propos ignobles publiés sur un site qu’ils ont qualifié d’intéressant.

Enfin, pour remplir son site de propos haineux, Boris Le Lay recevrait l’aide de Fabrice Coupechoux sous le pseudo de Fañch Louarn. Ce jeune homme est membre de Jeune Bretagne. Son nom figure aussi sur la liste des candidats UMP à la mairie de Rennes en 2008, sauf erreur d’homonymie. Il est professeur des écoles catholiques à Grandchamp dans le Morbihan. Il essaiera d’infiltrer le mouvement de défense de la langue bretonne « Ai’ta » avant d’en être poliment mis à l’écart en raison de ses engagements nauséabonds.

Quelques extraits des publications effectuées sur le site Breiz Atao.

Quelques extraits des publications effectuées sur le site Breiz Atao.

Si au bout de dix ans le bilan d’Adsav en terme d’implantation est désastreux, on pourrait trouver plus efficace le travail de Jeune Bretagne, en tous cas en terme médiatiques. Mais ces derniers n’ont pas réussi bien longtemps à se faire passer pour de « gentils militants bretons ».

Le constat que nous tirions de l’ensemble de ces éléments nous amenait, au mois d’octobre 2012, à conclure ce dossier, déjà en cours de rédaction, de la façon suivante :

« Le rapprochement des éléments les plus radicaux des deux groupes qui semble très bien engagé, contribuera à creuser encore plus leur isolement dans la société et dans le secteur préoccupé des revendications linguistiques, culturelles et territoriales bretonnes, tant ils cachent mal le fond de leur pensée. Ils restent cependant à surveiller : marginaux au sein de la mouvance identitaire, marginaux électoralement par rapport au FN, ils pourraient être tentés par une dérive activiste dont les militants libertaires, indépendantistes, communistes, féministes et antifascistes, tout comme les réfugiés économiques, les personnes étrangères, d’origine étrangère ou supposées telles, pourraient être les cibles. »

Mais c’était sans compter de nouveaux et rapides changements au sein des mouvances d’extrême-droite en Bretagne. Entrainés par la suite du feuilleton, nous avons donc remisé nos conclusions, préférant attendre de voir se concrétiser une série d’éléments que nous ne pouvions alors que suspecter.

 Bien nous en a pris, comme les chapitres suivants viennent le confirmer…

4. L’extrême droite à la rue ?

Jeune Bretagne, isolée politiquement, se devait de trouver des alliés sur le territoire breton. On l’a dit, Adsav-PPB, lui aussi profondément isolé, s’avéra être un bon candidat dans cette optique. Ce rapprochement coûte pourtant beaucoup à Adsav, qui devient au fil de l’année 2012-2013 un simple alibi folklorique, au point de ne plus être qu’un accessoire dans les tentatives de Jeune Bretagne. Ce fut déjà le cas à Vannes, même si ce premier événement commun se devait de lui laisser une place relativement conséquente, pour préserver les hypothétiques futures relations, stratégiques et politiques.

Les menaces communes proférées à l’encontre du squat de Pacé durant le mois de novembre 2012, ont sans surprise abouti à un lamentable échec. Les velléités d’agression et d’expulsion du squat par l’extrême droite se sont tout simplement effondrées une fois confrontées au principe de réalité : incapables d’aligner suffisamment de militants pour cette initiative (moins d’une dizaine annonçaient leur participation), probablement incitées en sous-main à annuler leur rassemblement par la préfecture, et enfin placées face à une forte mobilisation du mouvement social en soutien aux migrants, les organisations de la mouvance identitaire ont dû opérer une prompte retraite. Rien de très étonnant pour qui connaît la méthodologie de ces réseaux : le but ici était comme d’habitude, non pas de manifester, mais bien de créer de la publicité autour d’un événement sans avoir à prendre le risque d’en assumer l’échec in situ.38

Mais si cette tactique permet une visibilité relative de l’organisation pour un travail militant quasi-nul, elle génère également deux contrecoups gênants : d’abord elle contribue à fédérer le mouvement social contre Jeune Bretagne et à améliorer ses capacités de riposte, mais plus important, elle créée de l’insatisfaction sur le long terme chez ses militants les plus « sportifs ». En effet, à force d’effets d’annonces sans aucun impact réel, Jeune Bretagne court le risque de passer au sein même de la mouvance identitaire pour une bande de rigolos, perspective dangereuse tant on sait combien est importante pour la réputation d’une organisation d’extrême droite sa « street credibility ».

Dès le début de l’année 2012, on pouvait pressentir les germes d’un désaccord tactique au sein de Jeune Bretagne, autour des deux responsables que sont Yann Vallerie et Christophe Daniou. Le premier, plutôt adepte de l’agitation-propagande sur le net et de la construction d’un mouvement politique à travers des initiatives telles que la liste « Bretagne nous avons foi en toi » ou du colloque de Vannes ; le second plus intéressé par l’action de rue, tant en Bretagne qu’en France, voire en Europe. Le premier, responsable de Jeune Bretagne, très éloigné des centres urbains puisqu’installé en plein Trégor ; le second responsable de la section rennaise, dans une ville à la population assez jeune et brassant un nombre important de personnes et de courants politiques.

Ces frémissements avaient été entre autre rendus publics par une étrange interview accordée par Philippe Milliau à 7Seizh fin 2012, où l’on apprenait que la question de la pérennité du local de Jeune Bretagne, Ty Breizh, allait être débattue lors d’une prochaine assemblée générale. On y apprenait également par sous-entendus, qu’un changement du bureau de l’association semblait être au programme.

Pour finir, il évoquait en des termes peu amènes des militants en veine de dissidence qu’il qualifiait de « marginaux sociaux et personnels »39 – militants dont il serrait amicalement la main quelques mois plus tôt à Vannes.

Au centre, Philippe Milliau serre la main des futurs scisionnaires Christophe Daniou à gauche (en t-shirt de CasaPound « Banda Tiene Botta ») et Killian Larzul à droite, lors du colloque de Vannes.

Au centre, Philippe Milliau serre la main des futurs scisionnaires Christophe Daniou à gauche (en t-shirt de CasaPound « Banda Tiene Botta ») et Killian Larzul à droite, lors du colloque de Vannes.

Par ailleurs, les liens avec le Bloc Identitaire n’avaient pas été rompus par le départ de Jeune Bretagne en 2012. Une multitude d’exemples était venu confirmer que les rapports entre militants de l’une ou de l’autre organisation persistaient. Seule la personne de Phillipe Milliau condamnait ces contacts à plus de discrétion et les cantonnait à des rapports individuels, les structures se faisant face sans compromis possible.

Or il s’avère que ces contacts étaient bien souvent le fait de la section rennaise de Jeune Bretagne, principalement sous l’impulsion de Christophe Daniou. Implanté en zone urbaine, responsable de la section la plus dynamique de Jeune Bretagne, plus axé sur l’action que sur la réflexion, il n’est pas étonnant qu’il aie vu dans ces circonstances l’opportunité de prendre le pas sur ses compagnons trégorois. C’est donc chose faite en février 201340 où il quitte Jeune Bretagne, entraînant avec lui la section rennaise pour retourner dans le giron du Bloc Identitaire. Devenu calife à la place du calife – et perpétuant ainsi cette longue tradition de l’extrême droite de trahir à la moindre occasion pour pouvoir monter en grade – Christophe Daniou a désormais les coudées franches pour faire de la politique comme il l’entend.

De cette nouvelle donne résulte un paysage politique différent. La mouvance identitaire en Bretagne aura subi en l’espace de deux ans deux scissions majeures, chacune venant l’affaiblir un peu plus. Au fil de ces événement, elle se ghettoïse toujours plus. Cette tendance à l’enfermement, dûe en particulier à son incapacité à être efficiente politiquement en Bretagne, réduit considérablement sa dangerosité rhétorique, tout en augmentant sa dangerosité physique. Il convient dès lors d’analyser l’impact de cette nouvelle scission de façon plus détaillée.

Jeune Bretagne va être très impactée par cette nouvelle scission. On l’a dit, l’organisation perd sa section la plus dynamique et la plus fournie en terme de militants. Elle perd également tout marchepied dans les centres urbains qui comptent, malgré des tentatives de recrutement menées sur Brest depuis l’été 2012.41 Son isolement se renforce parce qu’elle trouve en Bretagne une structure directement concurrente avec laquelle tout travail est impossible, à cause des très mauvais rapports entre Philippe Milliau et le Bloc Identitaire.

Elle conserve quelques anciens militants de la section de Rennes ayant quitté l’agglomération. Le couple Aurore Pêcheul / Simon Danjou, candidats sur les listes de « Bretagne nous avons foi en toi » est en effet demeuré fidèle à Jeune Bretagne. La dernière action de Jeune Bretagne, à Lorient, met clairement en lumière le manque de consistance actuel de l’organisation : en être réduit à se filmer, glissant des tracts sous les essuie-glaces de voitures en stationnement, en dit long sur leurs difficultés.42

Sa prochaine action prévue à Chartres-de-Bretagne le 23 mars 2013 est en revanche préoccupante, quoi que là encore révélatrice de la pente de ghettoïsation qu’elle ne peut s’empêcher de dévaler, mais nous allons avoir l’occasion d’y revenir en détail plus bas dans le cadre du chapitre sur la tentation nazie.

Le Bloc Identitaire, présent uniquement à Rennes, s’est refondé le 16 février 2013 sous le nom de la campagne des Jeunesses Identitaires pour cette année, lancée lors de l’occupation de la mosquée de Poitiers : « Génération Identitaire » (la précédente campagne s’intitulait « Une Autre Jeunesse »). Son cas est lui aussi révélateur d’une forme d’échec. Si l’appui d’une organisation à l’échelle hexagonale est d’une aide précieuse, tant sur le plan militant que financier, il n’en demeure pas moins que cela se fait au détriment de ce qui aurait eu de faibles chances de réussite à travers Jeune Bretagne. Dès son origine, son attachement revendiqué à la Bretagne, à sa culture ou encore à une promotion ambiguë et fluctuante de son indépendance, masquait mal qu’il ne s’agissait là que d’un paravent à une idéologie d’extrême droite très classique. Malgré tout, parmi un public restreint et en se camouflant un maximum, ces différents points étaient les seuls qui auraient pu permettre une certaine forme d’insertion dans le paysage breton. Chez Jeune Bretagne (et nous y reviendront plus bas quand nous aborderons la question du 23 mars) ce paravent devient peau de chagrin, mais chez Génération Identitaire il disparaît purement et simplement.

Le retour au sein du Bloc aurait pourtant pu se faire avec certains aménagements tactiques liés à la situation politique locale : un triskell par-ci, une déclaration d’intention pour la culture par-là et une pincée de régionalisme aurait pu être perpétués. Il n’en est rien. Ce que révèle cet abandon soudain et total de toute référence à la Bretagne dans le discours et l’iconographie de Génération Identitaire, c’est le retour à l’essence de l’extrême droite jacobine française traditionnelle d’une part, et le retour aux fondamentaux de la haine de l’immigration comme ciment de l’organisation d’autre part. Finis les faux-semblant sur les bretons maîtres chez eux. Re-bonjour le satisfecit cocardier et le dégoût des bronzés. Génération Identitaire abandonne résolument la stratégie de Jeune Bretagne de se fondre dans le paysage breton en lissant son image ou en jouant sur un folklore digne des étagères « souvenirs » des stations-service. Sur leur communication la présence d’un blason breton au côté du lambda, insigne des Jeunesses Identitaires, revêt bien plus une signification de pin’s de province ou de club de foot qu’un intérêt quelconque pour la Bretagne et sa culture. Sur le plan politique, stratégiquement parlant, cette attitude est suicidaire – mais qui s’en plaindra ?

Réunion de lancement de Génération Identitaire Rennes, le 15 février 2013. La référence à la Bretagne devient, comme on peut le constater, purement accessoire.

Réunion de lancement de Génération Identitaire Rennes, le 15 février 2013. La référence à la Bretagne devient, comme on peut le constater, purement accessoire.

Les tactiques déployées sont celles du Bloc au niveau hexagonal. On y retrouve par exemple la volonté affichée de distribuer des sandwichs aux sans-abris sous le sigle « Génération Solidaire », bien que ces initiatives soient condamnées à court terme, les suiveurs de la mouvance étant plus passionnés de combat de rue que de solidarité au quotidien, fusse au bénéfice de sans-abris blancs… Ce à quoi l’on peut logiquement s’attendre de leur part, c’est plutôt à une hausse des actions « de rue ». Les adhérents à cette nouvelle-ancienne structure sont en effet loin de rivaliser même avec le piètre niveau politique d’un Yann Vallerie, tout en accentuant le côté bravache déjà présent chez Jeune Bretagne.43

Seule et unique tournée à ce jour de Génération Identitaire pour soi-disant venir en aide aux sans-abris, le 22 février 2013, le profil de hooligan étant peu compatible avec l'objectif  affiché.

Seule et unique tournée à ce jour de Génération Identitaire pour soi-disant venir en aide aux sans-abris, le 22 février 2013, le profil de hooligan étant peu compatible avec l’objectif affiché.

En un sens, ce changement d’attitude, conforme à la citation déjà évoquée plus haut de Mario Borguezio44 établi un constat d’échec des Identitaires en Bretagne, celui d’avoir été incapable en presque cinq ans de mettre sur pied un véritable travail politique. Cet échec peut être imputé à un mouvement assez erratique et « génétiquement » peu disposé à cela45, mais il est incontestable que les mobilisations constantes et systématiques du mouvement social à leur encontre ont permis dans une large mesure d’enrayer, voire de réduire à néant toute tentative de leur part de prendre pied dans l’espace politique breton. Bien qu’imparfaites, ces réactions hostiles à leur encontre ont donc bien joué leur rôle et continueront à le jouer de façon toujours plus efficace, les années, l’expérience et la massification aidant. Nul doute que sans ce travail de longue haleine, la situation bretonne serait aujourd’hui sensiblement plus préoccupante.

La seule issue qui reste à ces groupes est donc une fuite en avant vers la violence. Loin d’être gratuite, cette déduction s’appuie sur les multiples exemples produits par le Bloc Identitaire à l’échelle de la France : les exemples de Toulouse ou de Lyon révèlent bien ce vers quoi tendent ces sections, dès lors qu’elles sont absentes du circuit politique par contrainte ou par choix. L’avenir nous dira si oui ou non, la section rennaise emprunte à son tour le chemin qui conduit à la case « prison »…

5. Mars et avril 2013 : La tentation nazie

Jeune Bretagne se trouve donc en grande difficulté. Aux éléments précédemment cités pourrait même se rajouter un désengagement de Philippe Milliau : lancé dans un grand projet de télévision d’extrême droite sur internet avec une série de personnalités46 , il est en recherche d’importants financements et on peut se poser la question dès lors de la pertinence de conserver une maison identitaire à Guerlesquin, pour une organisation en pleine débandade. Achetée par Milliau aux alentours de 300 000 euros en 2009, il n’est donc pas impossible que la propriété soit revendue pour contribuer au financement de ce projet de télévision. Rien n’est encore sûr à cette heure, mais rappelons que l’adresse postale de Ty Breizh a été changée en mars 2013…47 En d’autres termes : ça sent le sapin.

La pente dès lors suivie par l’organisation est tout à fait similaire à celle arpentée par les rennais qui ont rejoint le Bloc Identitaire : celle de la radicalisation du discours et de l’action de rue. En incapacité d’agir politiquement, trahie par une partie de ses membres à Rennes et probablement également par celui qui l’avait contrainte à quitter le Bloc il y a un an, elle se trouve dans une situation classique de groupuscule périphérique d’extrême droite : à la fois contrainte à plus de radicalité pour exister face aux organisations plus massives et en même temps libérée de cette nécessité d’un discours plus souple que ces mêmes organisations doivent mettre en place pour être à peu près présentables. Le schéma est toujours le même : c’est dans ces types de cas de figures que la tentation nazie se fait jour et donne naissance à des groupuscules aux discours et actions extrêmement violents.

Deux éléments viennent corroborer cette analyse, l’un prévu le 23 mars à Chartres-de-Bretagne, l’autre à Nantes à la mi-avril 2013.

Le premier d’entre eux était probablement initialement censé poursuivre le travail mené par Jeune Bretagne en 2011 et 2012, à savoir une forme de normalisation et de dilution de son discours, en se servant de la lutte sociale menée à PSA pour semer le trouble sur le fond réel de l’organisation. Las ! Entre temps la situation est devenue pour elle catastrophique et la conférence ne pouvait plus fonctionner qu’en étant la plus provocatrice possible. Cette journée de débat sur le thème « Que faire face à la crise ? »48 joue donc de la présence d’une dizaine d’organisations de France et de l’étranger, de la plus dure extrême droite qui soit, des organisations qui se revendiquent fascistes et ont à leur actif quantité de faits d’ultra-violence raciste.

Un tour d’horizon des intervenants et des organisations représentées est nécessaire pour bien comprendre le tête-à-queue spectaculaire, opéré par Jeune Bretagne entre le printemps 2012 et celui de 2013 en terme de communication.

Serge Ayoub : membre éminent de la frange la plus ouvertement néo-nazie des supporters du PSG dans les années 1980, Ayoub dit « Batskin » (in extenso : le skinhead à la batte) fonde, en 1987, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Nombre de membres des JNR passeront devant les tribunaux pour des violences à caractère politique ou raciste – y compris pour meurtre.49

Après une longue mise au vert (toutefois marquée par une condamnation à 9 mois de prison pour trafic de drogue), Batskin fait son retour en politique à partir de 2007, en participant à l’université d’été d’Égalité & Réconciliation (association présidée par Alain Soral, antisémite obsessionnel compulsif alors membre du Front National). En octobre 2010, il créé et prend la tête d’un groupe appelé Troisième Voie. Ayoub fait du neuf avec du vieux puisqu’on retrouve, dans Troisième Voie, un certain nombre de « vétérans » des JNR.

À gauche, l'affiche de l'évènement de Chartres. À droite les JNR de Batskin dans les années 1980.

À gauche, l’affiche de l’évènement de Chartres. À droite les JNR de Batskin dans les années 1980.

À gauche, les JNR aujourd'hui. À droite, Serge Ayoub à la tribune.

À gauche, les JNR aujourd’hui. À droite, Serge Ayoub à la tribune.

Richard Roudier (représentant le Réseau Identités) : il a fait partie de l’organisation Unité Radicale, dissoute par les pouvoirs publics en 2002, après qu’un de ses membres – Maxime Brunerie – a tenté d’assassiner Jacques Chirac.50 Il est, en avril 2003, un des fondateurs du Bloc Identitaire. Il en a été exclu l’année dernière sur fond de divergences internes quant à un éventuel rapprochement entre le Bloc et le Front National. Il est depuis lors investi dans la Ligue du Midi, qui elle-même est rattachée au Réseau Identités, tout comme son fils Olivier Roudier. Celui-ci s’est une nouvelle fois fait remarquer en 2011 par un violent comportement raciste à Saint-Nazaire-de-Pézan51 , qui lui vaudra six mois de prison ferme52 (ses sept condamnations précédentes n’étant sûrement pas complètement étrangères au verdict).

Riposte Laïque (représentée par Pierre Cassen)  : cette structure s’est fait connaître en co-organisant avec le Bloc Identitaire, en juin 2010, un rassemblement d’extrême droite à Paris dit « apéro saucisson pinard ».  Pour la mal-nommée organisation Riposte Laïque, la défense de la laïcité sert uniquement de prétexte au déversement des pires insanités xénophobes : ainsi, même les « Jeunes Pour la France » – soit les sections jeunes du Mouvement Pour la France (MPF) de Philippe de Villiers – appelaient à participer à l’ « apéro saucisson pinard ». Or, comme chacun sait, le MPF est un refuge de catholiques intégristes, scouts d’Europe, mères de douze enfants et autres nostalgiques du Moyen-Âge… Pour la laïcité, on repassera !

En revanche, pour les fréquentations de bars fascisants, Pierre Cassen sait répondre présent : dès 2010, il était intervenu au Local, un établissement du 15ème arrondissement de Paris tenu par… Serge Ayoub.

CasaPound (représenté le 23 mars par Xavier Eman) : organisation politique italienne souhaitant incarner un « fascisme du troisième millénaire », CasaPound se targue, depuis sa création en 2003, d’avoir des préoccupations sociales (ce qui se traduit par l’ouverture de « centres sociaux »). En réalité, ses militants se sont surtout signalés par leurs violences contre les étudiants grévistes et/ou les militants de gauche.

Plus grave, c’est un individu membre de CasaPound qui, en décembre 2011 à Florence, a tué deux vendeurs ambulants sénégalais, en blessant trois autres.53

À gauche, le local romain de CasaPound. À droite, un aperçu de leur propagande.

À gauche, le local romain de CasaPound. À droite, un aperçu de leur propagande.

Ci-dessus et ici, CasaPound lors de manifestations.

Ci-dessus et ici, CasaPound lors de manifestations.

Guillaume Faye : issu, selon ses propres termes, « de la grande bourgeoisie parisienne », Faye est une des principales plumes de l’extrême droite française contemporaine. Dans les années 70-80, Guillaume Faye, outre ses activités pour le Figaro Magazine ou encore Paris-Match, était membre du GRECE54 et, à ce titre, un des principaux théoriciens de la Nouvelle Droite.55

Après un « break » d’une dizaine d’année et un crochet par Skyrock en tant qu’animateur, Guillaume Faye fait son retour en politique en 1998. Depuis, bon nombre de ses publications ou de ses conférences ont fait recette (à défaut de faire nécessairement consensus) chez les diverses familles de l’extrême droite.

Adsav (représenté par Ronan Le Gall) : Adsav s’inscrit, de fait, dans la lignée directe de la frange du mouvement indépendantiste/autonomiste breton qui, sous l’Occupation, a collaboré avec les nazis. Ainsi, Adsav « se refuse à condamner ceux qui ont combattu pour l’indépendance bretonne avec sincérité et droiture, quelles que soient l’époque et les circonstances ».56

Sans surprise, on a pu retrouver aux côtés d’Adsav un individu tel que Gérard Hirel : ex-gendarme, ex-para durant la guerre d’Algérie, il a été un membre éminent du DPS (service d’ordre du Front National) puis du DPA (service d’ordre du MNR de Bruno Mégret). Cerise sur le gâteau, Hirel a été condamné, en 2003, pour provocation à la discrimination raciale.57

Sur le plan économique également, le programme officiel d’Adsav est très éloquent58 et ressemble à un copié-collé de celui du MEDEF : « favoriser la création d’entreprises », « assurer la liberté d’initiative et supprimer les contraintes administratives », « réduire le plus possible les charges des entreprises », « assouplir la réglementation sur le temps de travail, éviter toute réglementation rigide généralisée », etc. À toutes fins utiles, dans sa rubriques « 20 questions / réponses », Adsav précise qu’il « défend l’entreprise privée »… Ouf, on avait un doute !

Jeune Bretagne (représenté par Yann Vallerie) : à l’instar d’Adsav, Jeune Bretagne considère comme des références politiques acceptables les figures du mouvement nationaliste breton qui ont collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, sur le blog de Jeune Bretagne, il était possible de trouver des hommages à l’abbé Perrot (collaborateur notoire exécuté par la Résistance en 1943) ou encore à Olivier Mordrelle (condamné à mort par contumace à la Libération, il s’est notamment réfugié au Brésil, en Argentine, puis dans l’Espagne de Franco59 ).  Dans un registre approchant, Jeune Bretagne a aussi fait la promotion de Ramiro Ledesma Ramos, un « national-syndicaliste » exécuté par les Républicains en 1936 lors de la guerre civile espagnole.60

Last but not least, des militants de Jeune Bretagne étaient présents à Lyon lors de la « Marche des cochons » du 14 mai 2011 : ce défilé s’est terminé par des déprédations dans les rues de Lyon, principalement des attaques contre des commerces supposés tenus ou fréquentés par des étrangers.61

Débordements racistes et saccages de commerces supposés appartenir à des étrangers à Lyon, après la « Marche des cohons », le 14 mai 2011.

Débordements racistes et saccages de commerces supposés appartenir à des étrangers à Lyon, après la « Marche des cohons », le 14 mai 2011.

Le Mouvement d’Action Sociale (MAS) : en concentrant la majeure partie de sa propagande sur les thématiques sociales et économiques, le MAS cherche à s’inspirer de l’exemple italien de CasaPound. Il existe une revue dont la ligne politique est très proche du MAS : il s’agit du bimestriel Rébellion62, lui-même fondé par des anciens d’Unité Radicale.

La NSV (Nationalistische Studentenvereniging) : organisation étudiante nationaliste flamande fondée en 1976 et se voulant un « syndicat ». Elle est très proche du Vlaams Belang (extrême droite nationaliste flamande). Le leader du Vlaams Belang, Filip Dewinter – qui, avant de soigner son discours, ne cachait pas sa fascination pour le nazisme63 – est un ancien membre de la  Nationalistische Studentenvereniging.

Thomas Ferrier : il est le dirigeant du PSUNE (Parti Socialiste pour l’Union de la Nation Européenne). Cadre dans la fonction publique, Ferrier n’en est pas moins un fervent partisan de la simplification des procédures de licenciement des agents publics et un apologiste de « l’initiative privée de nature entrepreneuriale ».64

Thomas Ferrier a donc parfaitement sa place dans une réunion d’extrême-droite prétendant démagogiquement se pencher sur la question sociale, puisque ses « solutions » sont – très logiquement – les mêmes que celles prônées par le patronat !

Le deuxième évènement, bien que plus discret, n’en est pas moins hautement significatif. Il s’agit là encore d’une conférence, cette fois-ci devant se dérouler à Nantes. Le lieu n’est pas encore connu mais il y n’est pas impossible que cela se tienne aux Comptoirs d’Armorique, établissement tenu par Jean-Joseph Buronfosse, responsable de Jeune Bretagne dans le 44. Le dimanche 14 avril 2013, Jeune Bretagne invite Jared Taylor, fondateur de la revue « American Renaissance », à s’exprimer lors d’un repas conférence-débat.

« Le thème de la conférence portera sur la ville de Camden, dans le New Jersey. Elle sera intitulée : « vie et mort d’une cité américaine, victime de l’idéologie antiraciste et de l’exode des blancs ». »65

Le profil de Jared Taylor interpelle, car il s’agit d’un tenant de l’extrême droite racialiste américaine : ses thèses portent sur la ségrégation raciale, l’eugénisme et la hiérarchie des races. Le glissement de Jeune Bretagne se caractérise de plus en plus en une radicalisation du discours – même si le fond n’a probablement jamais changé – qui le rapproche des classiques mouvements « White Power ».

À gauche, l'affiche de la conférence de Jared Taylor. À droite, un aperçu du site American Renaissance.

À gauche, l’affiche de la conférence de Jared Taylor. À droite, un aperçu du site American Renaissance.

Quelques citations issues de publications de Jared Taylor permettent de bien saisir la gravité des propos qui seront tenus à Nantes en avril.

« La race est un aspect important de l’identité de l’individu et du groupe. De toutes les lignes de fracture qui divisent la société – langage, religion, classe, idéologie – elle est la plus importante et décisive. La race et le conflit racial se trouvent au cœur des plus sérieux défis que le Monde Occidental devra relever au 21ème siècle… Tenter de dissimuler la signification de la race, ou même de nier sa réalité ne fait qu’aggraver les problèmes. »66

« [Quand] les noirs sont laissés entièrement à eux-mêmes, la Civilisation Occidentale – et tout autre forme de civilisation – disparaît. Et durant une crise, la civilisation disparaît du jour au lendemain. »67

« Je veux que mes petits enfants ressemblent à leurs grand-parents, déclare-t-il à propos des mariages mixtes. Je ne veux pas qu’ils ressemblent à Anwar Sadat ou Fu Manchu ou Whoopi Goldberg. »68

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La boutique du site.

La boutique du site, avec plus bas de gauche à droite : « Le raz-de-marée coloré contre la supprématie du monde blanc », « Quand les noirs dirigent les blancs », « Victoire de la violence - l'histoire de l'AWR d'Afrique du Sud » et « Le trépas de la grande race ».

La boutique du site, avec de gauche à droite : « Le raz-de-marée coloré contre la supprématie du monde blanc », « Quand les noirs dirigent les blancs », « Victoire de la violence – l’histoire de l’AWR d’Afrique du Sud » et « Le trépas de la grande race ».

Taylor est décrit en ces termes par le Southern Poverty Law Center, une organisation américaine de défense des droits civiques et d’observation des groupes racistes : « Jared Taylor est la face cultivée,  cosmopolite de la suprémacie blanche. Il est le type qui apporte une caution intellectuelle, une sorte de Klansmen69 moderne. »70 Nul besoin d’en rajouter, donc. À ce stade, la démonstration de la dérive ouvertement raciste de Jeune Bretagne ne fait plus aucun doute.

6. Conclusions en attendant le 23 mars

Quelles conclusions tirer à l’issue de ce dossier ? Au vu de tous ces éléments accumulés au cours de ces pages et de leur gravité, nous pouvons paradoxalement commencer par nous féliciter de la situation actuelle.

Il y a encore un an en effet, il était particulièrement fastidieux de mettre en lumière les réelles motivations du groupe constitué par et autour de Jeune Bretagne. Certes l’idéologie sous-jacente était sensiblement la même qu’aujourd’hui mais elle était déguisée par un discours lisse et démagogique. Il était donc pénible pour nous de devoir expliciter les liens pourtant évidents existant entre ces groupes et d’autres, plus ouvertement racistes et physiquement dangereux. Nos prises de position qui lient critique du capitalisme et antifascisme radical nous rendaient – et nous rendent encore – profondément suspects aux yeux d’une partie de la presse et des institutions ayant trop bien intégré le discours fallacieux des « extrêmes qui se rejoignent ».71 Au moins les dernières mutations en date permettent-elles de confirmer sans le moindre doute toutes nos assertions précédentes et la nécessité de notre combat.

Le deuxième motif de satisfaction réside dans le fait que ce retour à la case « racisme » de Jeune Bretagne, Génération Identitaire et autres Adsav, révèle un échec patent de toute implantation politique en Bretagne. C’est un réel soulagement car les mantras répétés ad nauseam sur une Bretagne tolérante et imperméable au racisme n’ont jamais recouvert ou déterminé la moindre réalité politique. Bien sûr la Bretagne reste une terre hostile à l’extrême droite, mais il ne suffit pas d’invoquer ces constats pour contenir ou éliminer toute implantation d’extrême droite. La figure de proue de l’extrême droite qu’est le Front National y reste en difficulté avec une activité quasi-nulle. Cependant il bénéficie de la dédiabolisation de façade opérée par Marine Le Pen depuis son accession à la présidence du mouvement. Les dernières élections le montrent avec des scores non négligeables que ce soit en zone urbaine ou rurale. Décrocher une mairie ou de façon plus réaliste quelques postes de conseillers municipaux dans des villages est d’ailleurs l’objectif national du FN aux prochaines municipales.

Globalement l’on peut dire que le travail politique de terrain mené par les antifascistes bretons a en partie payé et continuera à payer. Les liens avec le mouvement social apparaissent à nos yeux déterminants dans cette réussite et nous confortent dans notre analyse initiale : l’extrême droite sera concrètement et efficacement battue par les forces de gauche, qui au travers des luttes sociales menées au quotidien, cherchent à transformer radicalement la société.

L’impasse politique de cette extrême droite particulière en Bretagne, la conduit au cul-de-sac qu’est l’activisme raciste : en un sens c’est une bonne chose parce que cela conduit à une nuisance très relative de sa part. Ça n’est en revanche pas une bonne nouvelle en ce qui concerne la sécurité des personnes, les situations déjà évoquées en cours de dossier ayant suffisamment soulevé les risques que cette attitude comporte. La passivité et la tolérance récurrentes de l’État à l’encontre de tels groupes nous conduit au constat suivant : les forces de gauche doivent dorénavant prendre la mesure de ce changement de situation et en tenir compte pour la sécurité de leurs militants ou sympathisants, lors des évènements tenus à son initiative, mais également en-dehors. Déjà à plusieurs reprises des évènements inquiétants se sont produits sur Rennes et sa région, il va donc falloir prendre cela en compte à l’avenir.

Si la situation est ce qu’elle est aujourd’hui c’est grâce au travail de fond fourni, entre autre, par le Collectif Antifasciste Rennais depuis 2007 et aux organisations et individus de gauche qui ont soutenu ce travail (sans oublier les initiatives qui ont précédé, comme le SCALP et celles qui l’accompagnent tels le CVED, VISA ou la CONEX). Ce travail doit être poursuivi et gagner en efficacité, ce qui ne saurait se faire sans une prise de conscience générale que l’antifascisme doit redevenir un sujet important dans chaque organisation du mouvement social.

Pour finir, quels développements envisager ? À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous nous trouvons encore dans un « avant 23 mars ». Quelles en seront les conséquences ? On sait déjà que Jeune Bretagne adopte à cette occasion une atitude de défi et de menace physique, ayant pour une fois pour soutenir ses maigres troupes, l’apport de réels « combattants » venus d’ailleurs. Il nous semble improbable que la préfecture laisse la moindre porte de sortie à ces individus pour commettre leurs exactions, a fortiori puisque le maire de Chartres-de-Bretagne a condamné « fermement la posture idéologique d’intolérance et de xénophobie des intervenants annoncés à cette manifestation »72 et a annoncé son intention de participer à la manifestation antifasciste. Il précise par ailleurs « que le propriétaire des lieux ne disposait pas des moyens d’informations nécessaires pour connaître la teneur du rassemblement, lors de la prise de réservation »73 , autrement dit qu’il a été escroqué par Jeune Bretagne. La sécurité des personnes sera dès lors, on peut l’espérer, garantie.

Il est probable que même sans interdiction, les individus participant à cette journée seront parqués entre eux, encerclés par la police. Combien déciderons de venir malgré tout ? Gageons que cela devrait en décourager une bonne partie. Souhaitons également que ce fiasco coûte le plus d’argent possible à Jeune Bretagne, que cela l’empêche de s’en relever financièrement.

Quant au reste, il ne fait guère de doute que la mobilisation antifasciste le 23 mars sera importante, montrant la marginalisation de l’extrême droite dans le paysage breton, mais il serait bon que chacun tire les conséquences d’un tel évènement pour l’avenir politique en Bretagne.

Nous concluons donc ce dossier comme nous avions déjà conclu le précédent (et le suivant tant qu’il le faudra) :

« À nous tous et toutes de rester vigilants  à l’avenir, pour que la Bretagne reste une terre inospitalière au fascisme, qu’il avance en pleine lumière ou en se dissimulant. »

  1. Louis-Benoît Greffe, « Législatives : la liste Bretagne nous avons Foi en toi confrontée au dossier des antifas bretons », Agence Bretagne Presse, 28 mai 2012. À lire ici : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=26125 []
  2. Interview anonyme de Yann Vallerie, « Droit de réponse de la liste Bretagne nous avons Foi en Toi », Agence Bretagne Presse, 28 mai 2012. À lire ici : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=26125 De la plainte dont il était question à l’époque, aucune nouvelle évidemment… Rappelons que les « dérapages » ne relèvent pas d’une, mais de plusieurs déclarations racistes, haineuses et même d’appels au meurtre publiés par une personne majeure. Relire à ce sujet : Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne – Retour sur la liste d’extrême droite Bretagne nous avons Foi en Toi », pages 18, 19 et 20, mai 2012. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=594 []
  3. Ils ont en effet « […] tenu à dénoncer la construction de cet édifice […] attaquant une nouvelle fois la mémoire et l’histoire des nantais et des Euro-
    péens. En effet, un mémorial “objectif” aurait dénoncé, dans une large majorité, la traite arabo-musulmane ainsi que la traite africaine. [Nous] appelons toutes les personnes conscientes à […] boycotter purement et simplement cette pollution visuelle et mémorielle qu’est le mémorial de l’esclavage. » Pour voir la vidéo et le texte qui l’accompagne :
    www.jeune-bretagne.com/2012/03/memorial-de-lesclavage-a-nantes-jeune-bretagne-dit-non/ []
  4. « It’s an honour today to be with you and to represent the « Bloc Identitaire », the French movement against islamisation. » (« C’est un honneur d’être
    aujourd’hui parmi vous et de représenter le « Bloc Identitaire », le mouvement Français contre l’islamisation. »), extrait du discours de Yann Vallerie à une manifastation de l’EDL, Luton, 05 février 2011. Pour regarder la vidéo du discours (en anglais) :
    http://www.bloc-identitaire.com/video/356/yann-vallerie-intervenu-nom-bloc-identitaire-manifestation-edl-luton []
  5.  « [Nous] sommes […] ennemis du régionalisme, de l’européisme et de l’autonomie des régions françaises [.] » extrait de « Mes raisons d’’intervenir aux assises bretonnes sur l’immigration », interview de Christine Tasin, Novopress, 27 mai 2012. À lire à cette adresse : http://breizh.novopress.info/17937/christine-tasin-mes-raisons-dintervenir-aux-assises-bretonnes-sur-limmigration []
  6.  « It’s an honour today to be with you and to represent the « Bloc Identitaire », the French movement against islamisation. » (« C’est un honneur d’être aujourd’hui parmi vous et de représenter le « Bloc Identitaire », le mouvement Français contre l’islamisation. »), extrait du discours de Yann Vallerie à une manifastation de l’EDL, Luton, 05 février 2011. Pour regarder la vidéo du discours (en anglais) : http://www.bloc-identitaire.com/video/356/yann-vallerie-intervenu-nom-bloc-identitaire-manifestation-edl-luton []
  7. Manuel Andrès Pardo, étudiant en master d’anthropologie sociale et historique à l’EHESS et à l’Université de Toulouse 2, est sorti d’un inquiétant coma à la fin du week-end. Après des semaines d’hôpital, dont il est sorti mi-juin 2012, il conserve de graves séquelles, entre autre une hémiplégie. L’enquête, confiée à un juge d’instruction, assisté d’enquêteurs de la sûreté départementale, a conduit à une quinzaine d’interpellations dans les milieux d’extrême droite, le mercredi 27 juillet 2012. L’auteur présumé du coup ayant entraîné le coma a été interpellé fin juin alors qu’il travaillait pour le service communication de la ville de Bollène, commune  dirigée par Marie-Claude Bompard (élue de la Ligue du Sud, épouse de Jacques Bompard – lui aussi Ligue du Sud, ancien FN, MPF et maire d’Orange). puis placé en détention provisoire pour « violences en réunion ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours ». Il s’agit de  Matthieu Clique, leader du Bloc Identitaire toulousain, responsable des Jeunesses Identitaires toulousaines, responsable de l’Oustal – l’équivalent de la Ti-Breizh bretonne. Le milieu identitaire toulousain a en partie explosé suite à ces événements, certains d’entre eux ayant rallié, sous l’impulsion de Victor Lenta, les Jeunesses Nationalistes d’Alexandre Gabriac (les Jeunesses Nationalistes sont une branche de l’Œuvre Française, un mouvement pétainiste entretenant des rapports variables avec le Front National). Relâché six mois plus tard, en novembre, Matthieu Clique tâche depuis de se faire discret. Pour plus d’information à ce sujet, relire : Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne – Retour sur la liste d’extrême droite Bretagne nous avons Foi en Toi », pages 15, 16, 17 et 18, mai 2012. Consultable ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=594 Également consultable en ligne : Union Antifasciste Toulousaine, « Suite de l’affaire Andrès », 09 octobre 2012. À lire ici : http://unionantifascistetoulousaine.wordpress.com/2012/10/09/suite-de-laffaire-andres []
  8. Cette commémoration était organisée par des proches de Forza Nuova et de Casapound. Des représentants de groupes fascistes français et
    espagnols s’y sont joints. Pour plus d’informations : Collectif Vigilance 69, « Dossier Gabriac », juillet 2012. À consulter à cette adresse :
    http://collectifvigilance69.over-blog.com/article-dossier-gabriac-108064444.html []
  9. Blog d’information sur l’extrême droite, tenu par les journalistes du Monde Caroline Monnot et Abel Mestre. En ligne ici : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr []
  10. Caroline Monnot et Abel Mestre, « Législatives : Le FN investit à Guingamp l’ex attachée de presse… du Bloc identitaire », 18 mai 2012. À lire ici : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/05/18/legislatives-le-fn-investit-a-guingamp-lex-attachee-de-presse-du-bloc-identitaire []
  11. Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne – Retour sur la liste d’extrême droite « Bretagne nous avons foi en toi ». », mai 2012. En ligne à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=594. []
  12. Le site de Risposte Laïque s’est empressé de publier un article à ce sujet : article sous le pseudonyme de Paul Le Poulpe, « Assises bretonnes sur l’immigration : l’agression des islamistes renforce la cohésion des patriotes », site de Riposte Laïque, 3 juin 2012. À consulter en ligne à cette adresse : http://ripostelaique.com/assises-bretonnes-sur-limmigration-lagression-des-islamistes-renforce-la-cohesion-des-patriotes.html Extrait : « Certains nationalistes bretons paraissaient avoir un compte historique à régler avec une France pour laquelle certains d’entre eux ne cachaient pas leur haine. Quand Christine Tasin leur disait « République une et indivisible, une seule Nation, une seule langue, une seule France« , c’était des hurlements dans la salle. Les républicains surent encaisser avec calme et sérénité mâtinés d’étonnement devant ces règlements de compte d’un autre âge la charge la plus violente, quand Ronan Le Gall, porte-parole d’Adsav, qui se présente comme le Parti du Peuple breton, compara la République française  à un mélange d’oumma, d’URSS de Staline, d’Italie de Mussolini, d’Allemagne d’Hitler et d’Espagne de Franco  ! Rien de moins ! Les républicains avaient aussi appris en passant que la langue du « colonisateur de la Bretagne » était un patois, ce qui avait donné un fou rire mémorable -pas trop bien perçu en face –  à Christine Tasin qui avait demandé où étaient les Molière et  Voltaire bretons, au grand dam de Padrig Montauzier, président de la revue “War raok, la voix de la nation bretonne“ ! Bref, ces tensions avaient oblitéré en partie les raisons d’être de ces assises quand le réel remit les choses à leur place. En effet, la meilleure réponse à cette diatribe vint de l’extérieur. Un commando d’une cinquantaine d’islamistes, menaçants et agressifs, se regroupait devant l’hôtel où se tenaient les assises. Immédiatement, dans la salle, il n’y avait plus d’Identitaires, de Bretons, d’Européens ou de Républicains français, il y avait un front commun patriotique décidé à ne pas s’en laisser conter. » Une vidéo publiée par Jeune Bretagne revient sur l’agression commise à l’encontre des jeunes du quartier. Dans celle-ci, on les présente bien entendu comme des agresseurs « salafistes », mais la réalité c’est qu’un militant d’extrême droite les a attaqué seul, forçant les autres militants à charger également. On distingue clairement le premier attaquant au sol au début de la vidéo. En regardant attentivement les images, on distingue également du côté des militants d’extrême droite des matraques télescopiques et jets de briques. La vidéo est en ligne à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=pDTJpOzq8gg  La réaction de Christine Tasin le jour-même sera laconique : « Il va falloir qu’on monte nos propres milices, on n’a plus que ça hein ! ». On l’entend distinctement faire ce commentaire à Philippe Milliau sur l’enregistrement vidéo de la journée, trouvable à cette adresse : http://www.jeune-bretagne.com/2012/06/assises-bretonnes-sur-limmigration-les-interventions/ Une vidéo filmée par les jeunes du quartier montre clairement un salut nazi fait en leur direction par un militant. Les photographies en revanche n’ont pas de rapport avec Vannes, provenant d’autres mouvements et récupérées sur le net à fins, un peu maladroite sur la forme, de démonstration. À voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=bi_jEx3yLkg []
  13. « Mes raisons d’’intervenir aux assises bretonnes sur l’immigration », interview de Christine Tasin, Novopress, 27 mai 2012. À lire à cette adresse :  http://breizh.novopress.info/17937/christine-tasin-mes-raisons-dintervenir-aux-assises-bretonnes-sur-limmigration []
  14. L’information « bretonne » est relayée sur le site Fdesouche et sur bien d’autres. Voir ici : www.fdesouche.com/ 304304-violente-attaque-dislamistes-contre-les-assises-bretonnes-sur- limmigration Voir un autre exemple à cette adresse : https://francaisdefrance.wordpress.com/2012/06/04/assises-de-limmigration-a-vannes-le-2-juin-2012-patriotes-bretons-vs-salafistes/ []
  15. En ligne ici : http://www.jeune-bretagne.com/2012/06/assises-bretonnes-sur-limmigration-les-interventions/ []
  16. L’intégralité des citations suivantes provient de l’enregistrement vidéo de la journée, en ligne ici : http://www.jeune-bretagne.com/2012/06/assises-bretonnes-sur-limmigration-les-interventions/ []
  17. La référence aux Pieds-Noirs, vieille antienne de l’extrême droite, évoque une situation assez bien connue en France. Le cas des Sudètes en revanche, mérite d’être quelque peu explicité : conquise par Hitler en 1938, cette région germanophone tchecoslovaque devient un bastion de supporters des nazis : lors des élections de 1938, 97,32 % des voix reviennent au Parti nazi ; un demi-million d’Allemands des Sudètes rejoignent le NSDAP avec un taux d’adhésion de 17,34 % de la population – la moyenne sur toute l’Allemagne n’était estimée qu’à seulement 7,85 %. En 1945 la tchécoslovaquie  expulse les minorités allemandes et hongroises et confisquent leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclame pas de dommages de guerre à l’Allemagne vaincue. []
  18. Les Boers – connus plus généralement sous le nom d’Afrikaners – sont des colons implantés dans le Sud de l’Afrique. Esclavagistes ayant des velléités d’indépendance quant au pouvoir colonial, ils sont progressivement supplantés par l’influence britannique. Ils perdent de leur influence mais se signalent entre autre par une violente tentative de colonisation du pays Zoulou. « Un boer, une balle » est un slogan qui a été souvent employé par les groupes militants noirs en Afrique du Sud, durant l’apartheid. []
  19. Cette phrase fait référence au livre « L’Europe aux cent drapeaux » écrit par le nationaliste et collaborationniste breton Yann Fouéré. Cet essai met en avant une Europe composée de Nations plutôt que d’États, structurées par ethnies. []
  20. Il s’agit bien sûr d’une allusion aux Juifs. []
  21. Sur ce point la stratégie de Jeune Bretagne reste conforme à celle du Bloc Identitaire : « Stratégies et méthodes du Bloc identitaire. Agir en réseau. Prenant acte de la lourdeur et du centralisme de certains appareils politiques parisiens, nous prônons le travail en réseau, plus souple, plus interactif et également plus respectueux des différentes sensibilités. En fédérant des hommes, des projets, des compétences, il est possible de relancer une dynamique de l’action qui permet de refaire l’unité à la base. « Les mots divisent, l’action unit ». Refus du tout-électoral et accent mis sur l’enracinement local. Il y a une vie avant, pendant et après les élections. Le combat électoral ne doit donc être qu’un moyen supplémentaire – au service de nos idées – et non pas une fin en soi. Le pouvoir ne se trouve pas uniquement dans les assemblées d’élus mais également dans des structures (associations, syndicats, etc.) et des outils (médias, réseau Internet, etc.) qui peuvent se transformer en véritables relais d’opinion. Le Bloc Identitaire a donc logiquement développé des sites et une agence d’information en ligne. Développement du travail dans le domaine associatif. Nous investissons massivement ce secteur occupé essentiellement par les militants de gauche. L’objectif est de bâtir un maillage du territoire avec des acteurs associatifs présents dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, traditions, solidarité, etc.). Les succès rencontrés par nos associations de solidarité avec les sans abris, les serbes du Kosovo ou les victimes de l’insécurité démontrent la pertinence de cette démarche. Centrale d’agitation. En organisant des actions de sensibilisation de l’opinion (ou opérations de lobbying), il est possible de redevenir acteur de résistance, d’imposer des concepts dans les champs politiques et médiatiques et donc de participer au déplacement du centre de gravité de la politique française. Les victoires obtenues contre des groupes de rap anti-blanc et sexiste – comme « Sniper » – ou encore contre les responsables du RESF qui soutiennent les clandestins en France, le démontrent. Action métapolitique. Le pouvoir se prend aussi par la conquête des esprits. Il est nécessaire de développer des projets de type métapolitique qui permettent d’attirer des personnes qui ne viendront jamais à l’action politique par le militantisme classique. L’objectif est alors d’agir sur la perception qu’ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d’opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés. Ce gramscisme identitaire peut s’illustrer à travers diverses formes d’expression : littérature, bande dessinée, peinture, musique, web, etc. » Tiré de « Stratégies et méthodes du Bloc Identitaire », site du Bloc Identitaire, octobre 2012. Disponible ici : http://www.bloc-identitaire.com/bloc-identitaire/strategies-methodes Voir également l’interview d’un « repenti » du Bloc Identitaire chargé de la propagande internet : « Languedoc-Roussillon Un militant repenti balance les secrets de l’ultra-droite », N.B.-D., Le Midi Libre, 08 octobre 2012. À lire en ligne ici : http://www.midilibre.fr/2012/10/08/un-militant-repenti-balance-les-secrets-de-l-ultra-droite,574771.php []
  22. À consulter ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=874 []
  23. « Sur ordonnance de la justice et sans aucun doute grâce à la mobilisation et à la pression populaire (et notamment à la pétition réunissant plusieurs milliers de signatures mise en ligne sur le site Jeune Bretagne), les clandestins devraient être expulsés du squat de Pacé d’ici la fin novembre. » Extrait de « 29/10/12 : Annulation du rassemblement de Pacé », site de Jeune Bretagne, 29 octobre 2012. À consulter en ligne à cette adresse : http://www.jeune-bretagne.com/2012/10/291012-annulation-du-rassemblement-de-pace/ []
  24. Dans des vœux datés du 22 novembre 2012 à destination de Manuel Valls, rédigés et votés à l’unanimité par Rennes Métropole et le Conseil
    Municipal de Rennes, on découvre en effet des lignes consternantes. Le Conseil de Rennes Métropole pointe notamment « une hausse sensible de populations étrangères en demande de statut ». En clair, le problème vient de la hausse du nombre de premières demandes d’asile en Ille-et-Vilaine. Il écrit également qu’« il faut conjuguer valeurs humanistes, respect de l’Etat de Droit et sens de la responsabilité », pour mieux conclure en « demand[ant] instamment » à Manuel Valls de « renforcer la lutte contre les filières d’immigration et de travail clandestin ». Ce texte profondément dérangeant est lisible à cette adresse : http://metropole.rennes.fr/politiques-publiques/elus-institution-citoyennete/institutions-et-competences/le-conseil-d-agglomeration/ Lire également pour une analyse plus complète : « Réaction au vœu du Conseil communautaire de Rennes Agglomération », Un Toît c’est Un Droit, 04 décembre 2012. Lisible ici : http://untoitundroit35.blogspot.com/2012/12/reaction-au-vu-du-conseil-communautaire.html []
  25.  « Diwan et le mouvement breton ont répondu présent – Louannec  », Ouest-France, 16 septembre 2012. À lire ici : www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Diwan-et-le-mouvement-breton-ont-repondu-present-_22134-avd-20120916-63605608_actuLocale.Htm []
  26. « Diwan : les réactions à la décision du conseil municipal – Louannec  », Ouest-France, 31 août 2012. consultable à cette adresse : www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Diwan-les-reactions-a-la-decision-du-conseil-municipal-_22134-avd-20120831-63489084_actuLocale.Htm []
  27. « La Charte des écoles Diwan », site internet de Diwan. En ligne ici : http://www.diwanbreizh.org/sections.php4?op=viewarticle&artid=26 []
  28. Communiqué de presse d’Adsav du 07 mars 2011. En ligne à cette adresse : http://blog.adsav.org/1837/cantonales-2011-union-sacre-pour-bretagne/ []
  29. Paskal Mazé, « Cantonales. Adsav soutient… le candidat UDB », Le Télégramme, 08 mars 2011. En ligne ici : www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimperle-concarneau/concregion/rosporden/cantonales-adsav-soutient-le-candidat-udb-08-03-2011-1229022.php?xtmc=langue&xtcr=6 []
  30. Didier Déniel, « Identitaires bretons. Leur vrai visage. », Le Télégramme, 22 octobre 2012. À lire à cette adresse : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/identitaires-bretons-leur-vrai-visage-22-10-2012-1880137.php []
  31. Ibid. []
  32. Renaud Dely, « Jeunes, musclés et mégrétistes. La majorité du FNJ est passée dans le camp «félon», séduite par l’idéologie radicale. », Libération, 13 mars 1999. À lire à cette adresse : www.liberation.fr/politiques/0101276698-jeunes-muscles-et-megretistes-la-majorite-du-fnj-est-passee-dans-le-camp-felon-seduite-par-l-ideologie-radicale []
  33. Ibid. Lire aussi sur Éric Fornal alias Eugène Krampon, ce qu’en disait le site de référence Reflexes : « Rubrique faits divers », Reflexes, 21 juin 2006. En ligne ici : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article259 []
  34. « Les origines juives d’Alan Stivell », Breiz Atao, 29 septembre 2011. À consulter en ligne à cette adresse : http://breizatao.com/?p=6008 []
  35. Article aujourd’hui opportunément supprimé. Auparavant trouvable à cette adresse : http://jeune-bretagne.com/dotclear2/index.php?post/2010/08/19/Un-nouveau-site-d-information-interessant-%3A-Breizh-atao []
  36. « Manifestation des Jeunesses Nationalistes à Paris : le jeune Gabriac hospitalisé », Breiz Atao, 01 octobre 2012. En ligne ici : http://breizatao.com/?p=10609 []
  37. « Coup de force contre l’islamisation de Poitiers : l’État Français au secours des allogènes », Breiz Atao, 20 octobre 2012. À lire à cette adresse : http://breizatao.com/?p=10911 []
  38. À cet égard, relire notre communiqué du 09 novembre 2012 : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=874 []
  39. Lire en ligne l’invitation à l’assemblée générale : http://www.jeune-bretagne.com/2012/12/assemblee-generale-jeune-bretagne-2012/ Fabien Lécuyer, « Identitaires : fin de party pour Ti-Breizh ? », 7Seizh, 17 décembre 2012. À consulter à cette adresse : http://7seizh.info/2012/12/17/identitaires-fin-de-party-pour-ti-breizh/ []
  40. Génération Identitaire fait sa réunion de création le 16 février 2013. Plus d’infos ici : http://www.generation-identitaire.com/rennes-lancement-de-generation-identitaire/ []
  41. Ces tentatives de recrutement s’apparentent d’ailleurs plus à du détournement de mineur, si l’on se réfère à la moyenne d’âge de ce qu’il faut
    bien qualifier d’enfants qu’elle a pu séduire. Si vous êtes parents à Brest… []
  42. La vidéo de cette action est disponible en ligne à cette adresse :  http://www.jeune-bretagne.com/2013/02/un-toit-pour-tous-round-2-la-video/ []
  43. Par exemple à travers des communications de type « + de boxe – de badminton » : www.generation-identitaire.com/de-boxe-de-badminton/ []
  44. « Il faut insister beaucoup sur le côté régionaliste de votre mouvement. (…) Mais en dessous, nous sommes toujours les mêmes. » cité dans Didier Déniel, « Identitaires bretons. Leur vrai visage. », Le Télégramme, 22 octobre 2012. À lire à cette adresse : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/identitaires-bretons-leur-vrai-visage-22-10-2012-1880137.php []
  45. Référence aux déclarations de Fabrice Robert, dirigeant du Bloc Identitaire, durant leur Congrès, tenu en novembre 2012 à Orange. Il confirmait la fin de la volonté du Bloc de se transformer en parti politique en ces termes : « Nous nous sommes trompés. Ce n’est pas dans notre ADN. » Source : Caroline Monnot et Abel Mestre, « Les identitaires font la police de la presse », Droite(s) Extrême(s), 04 novembre 2012. En ligne ici : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/11/04/les-identitaires-font-la-police-de-la-presse/ []
  46. Le projet, intitulé « Notre Antenne », tourne en effet autour de Jean Yves Le Gallou (Club de l’Horloge, président de Polémia), Jean Raspail et Renaud Camus, Robert Ménard,  Gérard Marin (ancien rédacteur en chef du Figaro), Roger Holeindre (ancien du FN), Paul-Marie Couteaux (SIEL, Rassemblement Bleu Marine), Pierre Descaves (ex-OAS, ex-FN), Michel Marmin (GRECE), Yvan BLOT (cofondateur du Club de l’Horloge). Les besoins financiers s’élèvent dans un premier temps à 1,5 million d’euros. Lire à ce sujet : Abel Mestre et Caroline Monnot, « La télé identitaire, la drôle d’agence de presse et le « soft power » russe », Droite(s) Extrême(s), 29 janvier 2013. Consultable ici : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2013/01/29/la-tele-identitaire-la-drole-dagence-de-presse-et-le-soft-power-russe/ []
  47. Se reporter à cette note du Facebook de Jeune Bretagne, en date du 02 mars 2013 : « Rappel : l’adresse postale de Jeune Bretagne à Guerlesquin est en cours de changement. Le courrier est désormais transféré. Vous pouvez écrire à l’adresse habituelle pendant encore deux mois, durée du transfert de courrier. La nouvelle adresse sera communiquée rapidement. » À lire ici : https://www.facebook.com/pages/Jeune-Bretagne/208770417037 []
  48. Lorsque l’extrême droite se pose la question de savoir que faire face à la crise, elle trouve des réponses somme toute assez originales, comme par exemple de vendre les affiches de ses conférences 10 euros pièce. Plus d’hésitation donc, achetez vos affiches à cette adresse : http://www.weezevent.com/meeting-dbat-que-faire-face-la-crise-sociale-en-europe []
  49. Le 18 juin 1990, Régis Kerhuel et Joël Giraud avaient empoisonné James Dindoyal, un jeune Mauricien de 24 ans, le forçant à ingurgiter un mélange de bière et de peroxydase,­ un nettoyant pour pièces mécaniques, avant de le jeter à la mer du haut d’une digue du Havre. Parvenu à sortir de l’eau, il décédait quinze jours plus tard, après avoir subi plusieurs opérations chirurgicales à l’estomac et à l’œsophage. Pour plus d’information, lire : Patricia Tourancheau, « Les deux skins nient nazisme et meurtre. », Libération, 18 octobre 2000. En ligne ici : http://www.liberation.fr/societe/0101350392-les-deux-skins-nient-nazisme-et-meurtre Les deux skinheads ont finalement été condamnés à 20 ans de réclusion, mais le MRAP regrettait à l’époque du verdict « les hésitations d’une enquête hâtivement fermée », qui « n’ont pas permis de faire toute la lumière sur la responsabilité des autres membres du groupe » et entre autre sur ceux de Serge Ayoub. « Dix ans après, les deux skins du Havre prennent vingt ans. », Libération, 23 octobre 2000. En ligne ici : http://www.liberation.fr/societe/0101350915-dix-ans-apres-les-deux-skins-du-havre-prennent-vingt-ans []
  50. Pour un résumé de l’histoire d’Unité Radicale, se reporter à cet article de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_radicale []
  51. Ses propos (« Ratons, bicots, les Arabes dehors, on est chez nous, on va tous vous crever, le crâne rasé collabo des melons. ») ainsi que le résumé de l’affaire peut être trouvé dans les deux articles suivants. E.B., « Un éleveur incarcéré pour saluts nazis et insultes racistes », 20minutes.fr, 03 août 2011. À lire ici : http://www.20minutes.fr/societe/765664-eleveur-incarcere-saluts-nazis-insultes-racistes & Yanick Philipponnat, « Saluts nazis : le candidat d’extrême-droite Olivier Roudier libéré », Le Midi Libre, 20 septembre 2011. À lire ici : http://www.midilibre.fr/2011/09/19/saluts-nazis-o-roudier-libere,390108.php []
  52. Yanick Philipponnat, « Saluts nazis, insultes racistes : 6 mois ferme pour le militant d’extrême droite », Le Midi Libre, 27 juin 2012. En ligne à cette adresse : http://www.midilibre.fr/2012/06/26/saluts-nazis-insultes-racistes-six-mois-ferme,523833.php []
  53. Nous avions déjà évoqué cette affaire dans notre précédent dossier, trouvable à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=594 D’autres informations peuvent être trouvées en lisant cet article : « Italie : le meurtrier de Florence, un néofasciste lié à Casa Pound  », RFI, 14 décembre 2011. En ligne ici : http://www.rfi.fr/afrique/20111214-italie-le-senegal-veut-faire-lumiere-fusillade-florence []
  54. Groupe de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne ; créé en 1969 et dont la figure de proue est Alain de Benoist. []
  55. Voir pour aller plus loin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Faye []
  56. Rubrique « 20 questions / réponses », site d’Adsav. En ligne ici : http://www.adsav.org/adsav-20-questions-reponses.php []
  57. « Provocation à la discrimination raciale : peine aggravée pour un ex-gendarme », AP, mai 2003. Reproduit à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/condamnation.htm []
  58. « Programme de Gouvernement Breton », site d’Adsav. En ligne ici : http://www.adsav.org/programme-adsav.php []
  59. Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne – Retour sur la liste d’extrême droite « Bretagne nous avons foi en toi ». », mai 2012. En ligne à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=594 []
  60. Ibid. []
  61. Lire notamment ces deux articles : Laurent Burlet, « Le Vieux Lyon ne veut pas devenir « Facho-land » », Rue89, 15 novembre 2011. En ligne à cette adresse : http://www.rue89lyon.fr/2011/11/15/vieux-lyon-ne-veut-pas-devenir-facho-land/ « A Lyon dans la rue – et sous la pluie – contre les racistes et leurs cochonneries », Rebellyon, 14 mai 2011. À lire ici : http://rebellyon.info/A-Lyon-dans-la-rue-et-sous-la.html []
  62. Rubrique « Le réseau », site du MAS. Lire ici : http://www.mas-org.com/#!le-reseau/ca4p []
  63. Plus d’informations ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Filip_Dewinter#Controversies_and_Opinions []
  64. Rubrique « Programme 2012 », site du PSUNE. À lire ici : http://psune.fr/programme/ []
  65. Voir à cette adresse : http://www.weezevent.com/conference-de-jared-taylor-a-nantes []
  66. « Race is an important aspect of individual and group identity. Of all the fault lines that divide society—language, religion, class, ideology—it is the most prominent and divisive. Race and racial conflict are at the heart of the most serious challenges the Western World faces in the 21st century… Attempts to gloss over the significance of race or even to deny its reality only make problems worse. », rubrique « About US », site d’American Renaissance. À consulter ici : http://www.amren.com/about/ []
  67. « [When] blacks are left entirely to their own devices, Western Civilization—any kind of civilization—disappears. And in a crisis, civilization disappears overnight. » in Jared Taylor, « Africa in Our Midst : The media suppress Katrina’s lessons. », American Renaissance, vol.16 – n°10, octobre 2005. À lire ici : http://www.amren.com/ar/2005/10/index.html []
  68. « I want my grandchildren to look like my grandparents. I don’t want them to look like Anwar Sadat or Fu Manchu or Whoopi Goldberg. » tiré de Jared Taylor, « Demographic Change In White Western European World Uk Usa », conférence devant l’organisation Sovereignty, 28 mai 2005. Désormais inaccessible en ligne. []
  69. Un Klansmen est un membre du Ku-Klux-Klan. []
  70. «Jared Taylor is the cultivated, cosmopolitan face of white supremacy. He is the guy who is providing the intellectual heft, in effect, to modern-day Klansmen. » tiré de Mark Potok and Heidi Beirich, « Schism over Anti-Semitism Divides Key White Nationalist Group, American Renaissance », Intelligence Report, n°122, été 2006. Disponible à cette adresse : http://www.splcenter.org/get-informed/intelligence-report/browse-all-issues/2006/summer/irreconcilable-differences Le « Intelligence Report » fournit des informations sur les efforts organisationnels et tactiques des groupes incitant à la haine raciale. Il s’agit d’une publication considérée par les chercheurs comme parfaitement fiable et comme la source la plus complète aux États-Unis concernant l’activisme d’extrême droite. []
  71. Rappelons que ce discours, élaboré consciemment par les tenants de la sociale-démocratie, n’est étayé par absolument aucune réalité historique ou politique et que bien au contraire, ce sont les forces de gauche anticapitaliste qui ont été de tout temps les fers de lance de la lutte antifasciste. []
  72. « Communiqué de Philippe Bonnin, Maire de Chartres de Bretagne, Conseiller Général du canton de Bruz », 18 mars 2013. []
  73. Ibid. []


One Comment

  1. […] un premier article de Ouest-France du 30 avril en faveur de Maryvonne est immédiatement suivi par celui du blog BreizhInfo, blog d’extrême droite tenu par Yann Vallerie ; actif dans la fachosphère depuis 2000, ce dernier est un des fondateurs de Jeune Bretagne (l’équivalent du Bloc identitaire local), et milite activement au sein du groupe néo nazi ADSAV. […]

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