Les municipales et le Front National

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La di...débilosa...sion, la dé-dia-bo-li-sa-tion - bref : les mensonges à l'épreuve des faits

Cela fait déjà presque un an que le Collectif Antifasciste Rennais n’avait pas remis l’ouvrage sur le métier, et plus précisément depuis les évènements du 23 mars 2013 à Chartres-de-Bretagne ou Jeune Bretagne rassemblait ce que la France compte de pire en terme de militants fascistes.
Cependant, une fois n’est pas coutume, c’est un dossier très court et très spécial que nous sortons en cette période d’élections municipales.
Il y a quelques semaines seulement, se tenait à la Maison du Peuple le meeting de campagne du Front National, sur décision de la mairie dite socialiste. Quelques 300 membres des forces de l’ordre ont alors protégé 60 misérables militants du racisme et de la réaction sur ordre de la bourgeoisie rennaise. En face, la profonde colère de 800 manifestantes et manifestants de tous horizons, venus sur place empêcher la tenue de cette gabegie, avec pour dénominateur commun la haine radicale et absolue de l’extrême droite.
Bien que nous ayons jusqu’à présent principalement publié des analyses sur l’extrême droite radicale, le FN n’est jamais sorti de nos écrans-radar, et alors que les élections approchaient, nous avons tendu l’oreille aux déclarations du FN.
Ce court dossier est la synthèse de nos réflexions sur les listes FN-RBM de Rennes, Saint-Malo et Fougères.
Nota bene : toutes les informations contenues dans ce dossier sont publiques et généralement encore accessibles sur la toile pour qui veut s’en donner la peine – nous donnons systématiquement les liens à cet effet. Certaines cependant nous ont été fournies par des déçu-e-s du Front National, tombés dans le panneau de la « dédiabolisation » et stupéfaits par la réalité du terrain. Nous ne pouvons faire autrement que de leur exprimer ici notre reconnaissance…

Remerciements : le Collectif Antifasciste Rennais tient à remercier le Collectif Mouton Noir et Rouge Émeraude pour leur aide dans la constitution de ce dossier.

1. L'extrême droite à peine voilée

Jeudi 27 Février 2014 était présentée la liste du candidat de Mellon, représentant du Front National à Rennes. Il y a des années que ce parti n’était plus en mesure de produire quelque chose sur Rennes, depuis la  candidature de Pierre Maugendre en 1995. L’on passera sur  l’épisode des dernières municipales où Nicolas Joly fut l’éphémère candidat d’un FN sans troupes. Le Front National présente donc 597 listes aux élections municipales1 soit 107 de plus que lors de leur meilleur année, 1995. Parmi celles-ci une dizaine en Bretagne : Rennes, Saint-Malo, Brest, Quimper, Morlaix, Vannes, Lorient, Fougères et Saint-Brieuc. Un chiffre relativisé même par les médias puisque le FN prétendait en aligner 20, en privilégiant les petites communes rurales où il avait fait de bons scores aux dernière élections.

« Plus on s’éloigne de Rennes, plus nos scores dans les campagnes sont hauts, explique, l’air gourmand, Gilles Pennelle, prof d’histoire-géo. Voilà pourquoi Marine a décidé de s’enraciner dans ce type de département. »2

Si cela a été rendu possible aujourd’hui, c’est principalement grâce à l’opération de dédiabolisation de ce parti impulsée par l’élection de Marine Le Pen à sa tête, lors du congrès de Tours de 2011. La « dédiabolisation » : une sorte de grand ravalement de façade, pour lequel le FN doit déployer une grosse dose de mauvaise foi et un torrent de mensonges sur sa propre nature. Cela passe entre autre par la censure des propos jugés « gênants » médiatiquement parlant, ce qui pousse de fait à un balayage partiel de certains éléments incontrôlables qui ont leur carte au FN, la recherche d’une audience plus large3 , et une remise en cause de l’esthétique historique du parti.

À gauche, Bastien Durocher présent sur la liste de Châteauroux exhibe son tatouage de la division SS Charlemagne. Il a depuis été exclu du FN. En haut à droite, la skinhead Séverine Amelot (liste de Nevers) arbore le même insigne sur sur sweet.

À gauche, Bastien Durocher présent sur la liste de Châteauroux exhibe son tatouage de la division SS Charlemagne. Il a depuis été exclu du FN. En haut à droite, la skinhead Séverine Amelot (liste de Nevers) arbore le même insigne sur sur sweet.

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Séverine Amelot et son intérieur.

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Tête de liste FN-RBM dans le 6ème arrondissement de Paris, Paul-Marie Coûteaux ici en 2007 à un meeting du MPF de de Villiers dont il était membre à l’époque, suggère de « concentrer » les Rroms « dans des camps ».

Comme nous le démontrerons ci-dessous les choses n’ont au fond pas changé au FN. La presse s’est faite l’écho de nombreux candidats bien loin de l’image voulue par Marine Le Pen : candidate comparant la ministre Taubira à un singe4 ou dernièrement à Nevers le goût d’une colistière pour la décoration nazie.5 Le Monde décrivant ainsi les listes Front National-Rassemblement Bleu Marine comme « l’auberge espagnole de l’extrême droite »6 puisque l’on peut y retrouver des catholiques intégristes de Civitas, côtoyant des militants issus du Bloc Identitaire. Et que dire lorsque l’un des cadres incarnant en théorie la réussite de cette dédiabolisation, prône l’enfermement des Rroms dans des camps  et co-anime un meeting avec un représentant du plus vieux mouvement royaliste français, l’Action Française ? Cerise sur le gâteau, on apprend aussi que de nombreuses personnes se découvrent colistiers ou colistières : c’est le cas à Grand-Quevily en Seine-Maritime, où 22 personnes sur les 35 que compte la liste ont porté réclamation7 ou encore à Elbeuf où cela concerne 6 personnes. Dans ce dernier cas, la tête de liste est Nicolas Bay, secrétaire-général adjoint du Front National, c’est dire !8

L’objectif de ce court dossier est donc de montrer que la liste du Front national pour ces élections municipales à Rennes est plus que représentative de cette « auberge espagnole de l’extrême droite », la dédiabolisation n’étant qu’un écran de fumée pour conquérir des places au pouvoir.

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Marion Maréchal-Le Pen pose avec Élie Hatem, le 22 juin 2013 pour une interview accordée au journal de l’Action Française. Élie Hatem, tête de liste dans le 4ème arrondissement de Paris, est un royaliste maurassien avocat de Bob Denard et de l’Action Française dont il est membre.

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L’Action Française est une très vieille organisation d’extrême droite dont le chef, Charles Maurras, a été condamné après-guerre à la prison à vie pour intelligence avec l’ennemi.


2. La stabilité retrouvée de la fédération 35 du FN

Reprise en main en 2009 par un nouveau secrétaire départemental, Cédric Abdilla, un petit jeune de moins de 30 ans qui présente bien, la fédération d’Ille-et-Vilaine semblait correspondre à 100% aux souhaits de Marine Le Pen. Il mettra ainsi en place un militantisme à visage quasi-découvert : mettant en place des tractages (limités il est vrai aux petits marché de campagne ou en périphérie rennaise), s’affichant dans les médias, collant de temps en temps, tentant d’organiser sérieusement la structuration du parti dans le département. Mais patatras, première alerte lors de la campagne pour la succession de Jean Marie Le Pen : Cédric Abdilla démissionne de son poste dénonçant des coups bas dans la fédé suite à son soutien à Marine Le Pen. Il faudra que la direction nationale, en la personne de Steve Briois, décroche son téléphone pour le convaincre de revenir. Il faut dire aussi que les élections cantonales arrivaient à grands pas… Le 02 septembre 2010, dans un communiqué  de presse, Abdilla prenait d’énormes pincettes pour expliquer son soutien à Marine Le Pen et en dissocier les autres militants-es.

« Bruno Gollnisch regroupe sans aucun doute l’ensemble des qualités nécessaires pour assumer la fonction de président du Front National. Cependant, peut être à cause de mon jeune âge, je me reconnais plus dans la candidature de Marine Le Pen. […] A noter, qu’il s’agit d’une démarche personnelle qui ne peut en aucun cas engager l’ensemble de la fédération d’Ille-et-Vilaine. »

Mais en janvier 2011 c’en est finalement trop et il jette définitivement l’éponge, quittant le parti. Jusqu’à l’arrivée de Gilles Pennelle dans la période récente, le FN n’avait donc plus de structuration départementale.

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Affiche officielle Front National-Rassemblement Bleu Marine de Cédric Abdilla lors des élections législatives de juin 2012.

Nouveau venu, Gilles Pennelle professeur en lycée privé à Fougère, est très représentatif de la nouvelle stratégie du FN : sur le fond rien ne change, mais il s’agit d’adopter une stratégie plus présentable pour séduire l’électorat et s’imposer dans le paysage politique.

En effet Pennelle est un pur produit de l’extrême droite française. Conseiller municipal FN à Rouen de 1989 à 2001 et conseiller régional de 1992 à 2004, il quitte le parti en 1998, suivant Bruno Mégret qui emportera au passage une majorité des cadres du mouvement. Il intégrera les instances dirigeantes du MNR, alors nouvellement créé par Mégret. En 2002 il participe à la rédaction d’un livre intitulé « Balades au cœur de l’Europe Païenne »9 regroupant tout un aéropage de théoriciens de l’extrême droite : Alain de Benoist, Pierre Vial, Robert Spieler, Guillaume Faye, Jean Mabire. Certains sont des habitués de la marche du 9 Mai10 regroupant l’extrême droite la plus radicale. On y trouve notamment lorsqu’il n’est pas en train de « gifler » sa compagne11 le fameux Serge « Batskin » Ayoub, fondateur et dirigeant de l’aujourd’hui dissoute Troisième Voie, dont les militants ont tué Clément Méric le 05 juin 2013. Symptomatique du FN de Marine Le Pen Gilles Pennelle l’est également selon un autre critère, puisque la nouvelle présidente s’appuie sur un retour des cadres partis au MNR pour reconstruire le Front. Ainsi Steve Briois candidat à Hénin Beaumont et membre de la direction du FN, ou encore Nicolas Baye, candidat à Elbeuf et lui aussi membre de la direction, sont tous deux d’anciens mégretistes et très proches de Marine Le Pen.

La stabilité semble  revenue avec Pennelle qui semble à peu près capable d’assurer les fonctions de chef départemental du FN, mais les bisbilles continuent puisque selon nos informations, Tiffen Georges (46ème) a quitté la liste tandis que Gilles Crambert (37ème) va jusqu’à traiter de Mellon de « nul » et de « con » sur un célèbre réseau social. Les différends semblent pour une fois de nature politique. Gilles Crambert est en effet le cousin de Pascal Crambert, militant « historique » du FN dans le 35. Les raisons profondes de leurs dissidences respectives ne semblent cependant pas très claires : critique d’un parachutage ? Position trop basse sur la liste ? Absence de consultation des militants ? Ces hypothèses restent ouvertes.

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Gilles Pennelle, professeur d’histoire-géographie au lycée privé Notre Dame des Marais et candidat tête de liste à Fougères. Plus bas, le même entouré de ses colistiers et colistières.

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La page d’accueil des Éditions de la Forêt au 11 mars 2014. Plus bas à la même date, l’ouvrage collectif auquel Gilles Pennelle a participé et les autres publications à la vente sur La Diffusion du Lore.

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3. La liste FN rennaise, une ouverture... à l'extrême droite !

Le Front National s’est créé au début des années 70 sur l’unité des différentes composantes de l’extrême droite française, rendue en partie possible grâce au mouvement fasciste Ordre Nouveau. En 2014, la liste rennaise semble rendre un certain hommage aux racines du Front. La direction politique : ouverture aux aristocrates et aux catholiques intégristes.

La tête de liste Gérard de Mellon, de son vrai nom Gérard-Hubert de Mellon, présente plusieurs particularités.

Premier point il n’habite pas Rennes mais Sévignac, une commune des Côtes-d’Armor. Il s’y est d’ailleurs présenté pour le FN aux dernières élections législatives12 obtenant 9,25%.  Un parachutage rennais qu’il assume totalement, obéissant à Marine Le Pen : « Quand Marine est venue me demander d’aller à Rennes, je n’ai pas pu refuser. »13 N’étant pas à une contradiction près dans le même article, il avoue connaître la famille Le Pen depuis des années alors même qu’il déclarait au Télégramme le 14 avril 2012 que « rien dans mes conviction ne me conduit aux extrêmes ». Il faudrait peut être savoir Gérard-Hubert : des années ça veut dire depuis le congrès de Tours ? Ou avant ? Nous verrons plus loin qu’évidemment nous ne le croyons pas sur parole.

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Gérard-Hubert de Mellon lors d’une interview menée par RennesTV le 20 janvier 2014 dans la permanence FN du 46 boulevard de la Liberté.

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Le même entouré de ses colistiers et colistières 2014.

Second point, Gérard-Hubert de Mellon est Comte, son nom laissant présumer assez facilement quelque ascendance aristocratique. En cela rien à lui reprocher, on ne choisit pas sa famille. Cependant Monsieur le Comte semble plutôt perpétuer l’héritage aristocratique réactionnaire. En effet sa femme Odile, responsable de la fédération des Côtes-d’Armor du Front (décidément le FN est une véritable institution dans la famille) contredit le fait que Gérard-Hubert ne côtoie pas les extrêmes. Odile de Mellon est née Odile de Lacoste-Lareymondie. Une fois encore peu nous importe le nom, pourvu qu’on ait les faits : il se trouve que son frère Jean-Marc est candidat FN à La Rochelle, secrétaire départemental de Charente-Maritime du parti, mais également membre du bureau politique et du comité central.14 Leur père Alain, un peu comme Gérard-Hubert de Mellon, cotoie la famille Le Pen depuis des années. Il connaît Jean-Marie Le Pen depuis que ce dernier a été élu à l’assemblée nationale et fut un fervent de l’Algérie Française, soutien de l’OAS. Catholique intégriste il participa le 27 février 1977 à l’occupation de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, permettant aux lefebvristes d’en prendre possession. Depuis, Saint-Nicolas-du-Chardonnet célèbre tous les ans une messe en hommage à Louis XVI.

On peut donc dire que Gérard de Mellon fait plus que côtoyer les extrêmes, d’autant que son fils Amaury s’est marié le 25 septembre 2004… à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, justement. Le mariage a donc probablement été célébré par l’abbé Xavier Beauvais, membre de Civitas, « curé » y officiant depuis 2003 sans reconnaissance de l’Église parce que celle-ci appartient à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Cette dernière, dont les membres sont également communément appelés « lefebvristes » du nom de son fondateur Mgr Lefebvre, ne fait en effet plus partie de l’Église catholique et certains de ses membres en ont même été pendant longtemps purement et simplement excommuniés. Les lefebvristes sont surtout connus pour avoir durant de longues années caché Paul Touvier, ancien chef de la milice lyonnaise et premier français condamné pour crime contre l’humanité, qui passera d’une cache à l’autre jusqu’en 1989, avant de se faire arrêter. Il est mort en prison en 1996.

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L’abbé Xavier Beauvais de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, à proximité de l’Assemblée Nationale, le 29 janvier 2013. Accompagné des militants de Civitas, il priait pour obtenir une intercession divine contre la loi aujourd’hui promulgée n° 2013-404 du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, dite loi Taubira.

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Le même aux côtés d’Alain Escada, dirigeant de Civitas, lors d’une manifestation de l’organisation le 21 novembre 2013 à Paris, lançant le slogan « Y a bon Banania, y a pas bon Taubira » devant les caméras du Petit Journal.

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À droite, manifestation de Civitas à Rennes le 11 novembre 2011 contre la pièce de théâtre de Romeo Castelluci. À gauche à la même manifestation, des militants du Parti de la France du Calvados.

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Toujours au cours de cette manifestation, les mêmes militants du Parti de la France, en bas à droite, posant avec les Jeunesses Nationalistes aujourd’hui dissoutes d’Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti.

Pour le folklore et clore la partie consacré aux aristocrates, on peut citer en position numéro 12 Pauline de la Contrie. Les ancêtres de Charette de La Contrie se sont illustrés après la révolution par leurs convictions contre-révolutionnaire en participant aux guerres de Vendée  contre le pouvoir révolutionnaire, défendant l’héritage royaliste et catholique. Par ailleurs un autre de Charette de La Contrie a connu ses heures de gloire en la personne d’Hervé de Charette, ministre des affaires étrangères sous le gouvernement Juppé et député du Maine-et-Loire jusqu’en 2012.

Avec une telle composante catholique intégriste dans ses rangs, le FN montre une fois de plus qu’avec lui il ne faut pas s’en tenir aux discours officiels. Sa prétendue défense de la laïcité après l’avoir rejetée pendant des années, ne sert qu’à développer des thèses racistes au travers d’attaques contre l’Islam.


4. Coup de projecteur sur Saint-Malo

Petite digression vers la liste FN de Saint-Malo emmenée par Jean-Louis Robin. S’il n’est pas noble il est en revanche très proche des catholiques intégristes de Civitas, puisqu’il participait à un colloque de cette organisation en février 2011 sur le thème « des catholiques dans l’action municipale ». On y retrouvait également l’abbé Beauvais, qui s’est illustré en lançant le slogan « y a bon Banania, y a pas bon Taubira » lors d’une manifestation de Civitas l’an dernier.15

De même et toujours dans le registre des fous de Dieu, Dominique Chrissement apparaissait dans l’équipe de direction de la liste FN de Saint-Malo avant sa publication. Ce monsieur faisait parti des 31 premiers noms et était responsable des affaires scolaires. Son nom n’est finalement plus sur la liste, mais il était bien aux premiers rangs lors de sa présentation à la presse. Dominique Chrissement n’est pas un inconnu des milieux catholiques intégristes puisqu’il est l’actuel directeur de la revue de Civitas et l’ancien secrétaire général de cette organisation. En bon militant il applique les directives de son organisation. Comme le déclarait l’abbé Cacqueray, responsable de Civitas en janvier 2011 :

« Nous souhaitons donc qu’il puisse résulter des élections de 2014 la conquête de quelques dizaines de petites mairies par des maires et des élus vraiment catholiques et soucieux de l’extension du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ».16

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L’abbé Régis de Cacqueray-Valménier, responsable de Civitas et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, se fait offrir pour son Noël le 02 janvier 2008 un livre écrit par Maurras à la centrale de Clairvaux où, après une dégradation nationale, il purgeait une peine de prison à vie pour haute trahison et intelligence avec l’ennemi.

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La liste initiale du FN à St-Malo incluait Dominique Chrissement aux affaires scolaires.

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Présentation de la liste Saint-Malo Bleu Marine. Bien qu’absent de la liste définitive, Dominique Chrissement est bien présent tout à droite.

 


5. Le Bloc Identitaire : intégration d'authentiques néo-fascistes

Un nom frappe l’esprit de quiconque aura suivi les dernières élections cantonales : en treizième position figure Christophe Daniou, boucher de son état.

Nous sommes déjà revenus plusieurs fois sur Christophe Daniou au travers de nos précédents dossiers, portant sur la campagne des législatives de Jeune Bretagne17 et la reconfiguration des rapports entre Adsav, Jeune Bretagne et Génération Identitaire.18 Christophe Daniou se faisait discret ces derniers mois : on comprend maintenant la raison puisqu’il s’agissait de se faire oublier pour figurer sur la liste du FN. Il fallait cependant être naïf pour penser qu’une telle candidature passerait inaperçue, le profil du candidat ne collant une fois de plus absolument pas avec la ligne officielle de Marine Le Pen.

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Christophe Daniou, au centre de la tribune, animant la réunion de lancement de Génération Identitaire Rennes, le 16 février 2013.

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Second à partir de la droite, Christophe Daniou déballe ses convictions lors du « Premier mai identitaire » organisé en 2010 par Jeune Bretagne, alors encore pleinement membre du Bloc Identitaire. Initialement, Jeune Bretagne avait prévu de défiler dans le centre-ville de Landivisiau. La mobilisation antifasciste avait permis de bloquer litéralement le cortège hors de la ville. Celui-ci était composé d’un bus de militants du Bloc Identitaire de toute la France, ainsi que de hooligans d’extrême droite dont certains apparaissent sur cette photographie.

Daniou a un parcours compliqué. Membre en 2009 de Jeune Bretagne, branche du Bloc Identitaire devenu ensuite un mouvement indépendant, voici la présentation que nous en faisions dans l’un de nos précédents dossiers que nous encourageons vivement à consulter :

« Christophe Daniou, 26 ans, commercial, 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine. Peu prolixe sur internet, Christophe Daniou est surtout quelqu’un qui voyage : responsable de Jeune Bretagne pour Rennes, il se déplace beaucoup pour nouer des liens militants. C’est dans cette logique déjà qu’il défilait avec d’autres militants identitaires lors de la manifestation organisée à Rennes le 10 novembre 2011 par Civitas (catholiques intégristes reliés à l’extrême droite chrétienne). On le retrouve au gré des manifestations ou événements identitaires un peu partout en France, comme par exemple à Toulouse où il a inauguré le triste week-end du 31 avril 2012 en volant aux organisateurs la banderole prévue pour la manifestation en faveur de l’Occitanie. Une manifestation dont les mêmes organisateurs les avaient fermement éconduits, ne tolérant pas l’extrême droite dans leurs rangs. La journée s’était tragiquement terminée par un blessé très sérieux, plongé dans le coma : roué de coups par des supporters racistes proches des identitaires locaux, un étudiant chilien est resté entre la vie et la mort durant une longue et inquiétante journée. Mathieu Clique que Daniou côtoyait de près durant ce week end a été arrêté pour cette agression19 et est à l’heure actuelle le principal suspect.

Il faut dire que Christophe Daniou revenait juste d’un séjour à Casapound, un des hauts lieux d’expérimentation du fascisme européen, en Italie. De quoi gonfler le moral d’un militant d’extrême droite comme lui… Ce voyage, suivi d’un deuxième mi-mai 2012, est attesté par la photographie consultable ci-dessous. »20

Il se présentera donc en 2012 sur la liste cache-sexe de Jeune Bretagne « Bretagne nous avons Foi en Toi ». En 2012, le financier et dirigeant de Jeune Bretagne Philippe Milliau tente un putsch sein du Bloc identitaire, dont Jeune Bretagne est alors une branche. Sa tentative de renverser la direction à son profit est un échec et il devra quitter le Bloc. Dans un premier temps, Jeune Bretagne le suivra en faisant scission. Cependant, en février 2013, Christophe Daniou, plus enclin à l’action musclée, décide de monter Génération Identitaire – nouvelle structure jeune du Bloc Identitaire lancée suite à l’occupation de la mosquée de Poitiers. En février 2013 on le retrouve ainsi assurant l’animation de la réunion de lancement de Génération Identitaire Rennes, retournant dans le giron du Bloc après la désastreuse scission de Jeune Bretagne.

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Christophe Daniou candidat aux législatives sur la liste « Bretagne nous avons Foi en Toi » montée par Jeune Bretagne.

Perquisitions à l’Oustal, le local des identitaires toulousains, le 28 juin 2012. Une quinzaine d’interpellations sera réalisée dans les milieux d’extrême droite.

À gauche, Matthieu Clique leader du Bloc Identitaire de Toulouse et auteur présumé des coups ayant entrainé le coma d’Andrès Pardo. À droite, Victor Lenta. Membre du Bloc Identitaire, il a suite à ces événements entraîné plusieurs militants aux Jeunesses Nationalistes.

À droite sur les deux photos, Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses Nationalistes. La photo de droite a été prise le 28 avril 2012 en Italie, lors d’une cérémonie en l’honneur de Benito Mussolini organisée par des proches de Casapound.21

Casapound, c’est le mouvement fasciste italien auquel appartenait Gianluca Casseri, qui assassinait en décembre 2011 deux personnes d’origine sénégalaise et en blessait trois autres.

Casapound, c’est le lieu où Christophe Daniou, quatrième à partir de la gauche, partait en formation deux mois plus tard.

Christophe Daniou que l’on retrouve ici à droite, fin mars, à Toulouse. On le voit voler la banderole de Convergence Occitane en compagnie de Victor Lenta, à sa gauche. Cette organisation était à l’initiative de la manifestation pour l’Occitanie. Le Bloc Identitaire s’en était vu interdire l’accés par les organisateurs.

À la suite de quoi il rejoint Matthieu Clique – deuxième à partir de la droite – à l’Oustal, toujours en compagnie de Victor Lenta. La journée aura la conclusion que l’on sait et il y a décidément bien peu d’étapes d’un bord à l’autre de l’extrême droite…


6. Un discours raciste, pro-patronal et sécuritaire

Le FN se défend d’être raciste ainsi que de toute discrimination. Pourtant le seul acte de militantisme local déployé par Gérard-Hubert de Mellon durant cette campagne à l’exception d’un sondage élaboré nationalement, consiste en une réaction à l’affaire de la boucherie du Blosne, où une charcuterie-traiteur a fait place à une boucherie hallal. Le candidat FN a alors sorti un tract dénonçant le grand remplacement.

Le grand remplacement est un concept très en vogue à l’extrême droite, élaboré par l’écrivain Renaud Camus. Pour ce dernier, l’immigration amène la fin de la civilisation française. Camus participa aux « Assises internationales contre l’islamisation de l’Europe »22 organisées par le Bloc Identitaire et Riposte Laïque en décembre 2010. Pour les propos qu’il y a tenus, le MRAP a porté plainte contre lui pour incitation à la haine raciale.23 Dernièrement, Renaud Camus a participé à la manifestation dite « Jour de colère », aux côtés de toutes les composantes de l’extrême droite à l’exception du FN, qui entonnaient des slogans antisémites, racistes, négationnistes et homophobes.

Si la manif « Jour de colère » a été condamnée par le FN au niveau national, ceci est loin d’être le cas partout. Ainsi, la liste FN de Saint-Malo y appelait, y voyant une jonction avec les mobilisations de la « Manif pour tous ».

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À gauche, tract du FN de Rennes reprenant la théorie du grand remplacement. À droite, Renaud Camus, l’auteur de cette théorie aux Bibliothèques Idéales à Strasbourg le 20 septembre 2010.

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Le soutien affiché de la liste Saint-Malo Bleu Marine à la manifestation « Jour de colère », dont s’était pourtant éloigné le FN au plan national. Regroupant les franges les plus agressives de l’extrême droite française, 69 ans presque jour pour jour après la libération d’Auschwitz, la manifestation sera l’occasion d’entendre en pleine rue des slogans tels que « Juif, la France n’est pas à toi » accompagnés de saluts nazis et de quenelles en quantité.24 Elle se concluera par des échauffourées et 250 interpellations.25

Toujours au niveau des prétentions du FN, celui-ci serait pour ses dirigeants le premier parti ouvrier. En regardant la composition socio-professionnelle de la liste rennaise, le doute est plus que permis. Gérard de Mellon se présente comme administrateur de société, notamment dans l’immobilier ; l’on retrouve aussi en cinquième position Régis Barbié de Préaudeau, qui est directeur-gérant des agences immobilières  Laforet de Dinan et de Broons… des préoccupations de chefs d’entreprises qui doivent être bien éloignées de l’intérêt de la classe ouvrière !

La liste compte évidement des personnes proches ou insérées dans l’appareil répressif,  puisque Philippe Miaihes en troisième position est un ancien commandant de gendarmerie.26 De plus Alain Gilles en septième position, et présenté comme « restaurateur », tient « Le Maigret café », situé à proximité immédiate du commissariat central, et lieu de détente des forces de police. Marianne Looten, 54ème sur la liste, est gendarme. Quant à Henry Garand, également sur la liste (en 31ème position) et retraité à 45 ans, il doit s’agir d’un ancien militaire. Enfin, concernant Saint-Malo, Dominique Chrissement dont nous avons déjà parlé plus haut est un général à la retraite.


7. Le FN d'Ille-et-Vilaine représentatif du national

Les listes Front National dans le 35 confirment les différentes affaires qui surgissent ces deniers temps : au FN, chassez ce qui dérange par la porte, ça rentrera par la fenêtre. La volonté stratégique développée par Marine Le Pen et son staff de dédiaboliser le Front en cachant ses éléments les plus problématiques (et en les excluant le cas échéant contraint et forcé par la polémique) engendre des contradictions qui font craquer le discours de toute part.

Particularité du 35, il semblerait que la fédé n’ai pas vraiment essayé de se soumettre aux nouveaux canons de la propagande mariniste – à moins qu’il n’aient tout simplement échoué – en faisant appel à un recrutement pour ses listes très traditionnel, voire même quasi-caricatural. Recrutement qui aura au moins fait rire les réseaux sociaux…

Cependant comme nous le développons dans notre document qui se penche sur le programme du Front,27 celui-ci a plus d’un tour dans son sac. Si les listes FN en Ille-et-Vilaine révèlent un certain échec, il ne faut pas oublier que cela fait un moment qu’il n’en a pas présenté autant. De même, la dynamique nationale du Front National est toujours aussi forte. Les contradictions apparentes ne semblent pas le fragiliser énormément et les revirements idéologiques sur plusieurs points programmatiques peuvent, au contraire, attirer une certaine partie de la population qui ne croit plus en la capacité d’action collective pour changer les choses. Mais sous les fleurs de la communication politique du FN et ses revirements idéologiques maîtrisés, il ne faut pas perdre de vue les erreurs et les leçons politiques du passé. L’extrême droite a toujours su se présenter comme un recours en temps de crise, recours d’abord pour les classes capitalistes et l’ordre établi afin de protéger ses intérêts en anihilant toute expression des classes populaires une fois au pouvoir.

La capacité de l’extrême droite à user d’un double discours, celui officiel pour conquérir le pouvoir et celui officieux, caché jusqu’au dernier moment et qui sera réellement appliqué, ne doit pas être oubliée. C’est bien avant qu’il faut agir pour empêcher toute banalisation et développement des idées d’extrême droite.

Le Collectif Antifasciste Rennais rappelle en cela son texte constitutif28 , mettant en exergue la nécessité de mener combat antifasciste et lutte contre le système politique et économique en place, par une démarche collective et unitaire, au travers des organisations politiques, syndicales et associatives.

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  1. Abel Mestre, « Le Front national présente 597 listes aux municipales », Le Monde, 07 mars 2014. À lire ici : http://www.lemonde.fr/municipales/article/2014/03/07/le-front-national-presente-596-listes-aux-municipales_4379401_1828682.html []
  2. « La Bretagne, terre de « mission » du Front », Le Parisien, 25 février 2013. En ligne à cette adresse : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-bretagne-terre-de-mission-du-front-25-02-2013-2595943.php []
  3. Collectif Antifasciste Rennais, « Le tournant social du FN – généalogie d’une imposture », février 2014. À lire et télécharger à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2014/02/le-tournant-social-du-fn-genealogie-dune-imposture/ []
  4. « Taubira comparée à un singe : l’ex-candidate exclue du FN », AFP, 03 décembre 2013. Consultable ici : http://www.liberation.fr/politiques/2013/12/03/taubira-comparee-a-un-singe-l-ex-candidate-exclue-du-fn_963923 []
  5. « Nevers : le drapeau nazi d’une candidate FN aux municipales », AFP, 07 mars 2014. À lire ici : http://elections.lefigaro.fr/municipales-2014/2014/03/07/01052-20140307ARTFIG00443-nevers-le-drapeau-nazi-d-une-candidate-fn-aux-municipales.php []
  6. Caroline Monnot et Abel Mestre, « Le Rassemblement bleu Marine tourne à l’auberge espagnole d’extrême droite », Droite(s) Extrême(s), 04 mars 2014. En ligne à cette adresse : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2014/03/04/le-rassemblement-bleu-marine-tourne-a-lauberge-espagnole-dextreme-droite/ []
  7. Stéphane Siret et Élise Kergal, « Municipales à Grand-Quevilly : la justice va enquêter sur le FN », Paris-Normandie, 07 mars 2014. En ligne ici : http://www.paris-normandie.fr/article/rouen/municipales-a-grand-quevilly-la-justice-va-enqueter-sur-le-fn []
  8. « Six candidats ont-ils été engagés malgré eux sur la liste Bleu Marine ? », Le Journal d’Elbeuf, 07 mars 2014. En ligne ici : http://www.lejournaldelbeuf.fr/2014/03/07/six-candidats-ont-ils-ete-engages-malgre-eux-sur-la-liste-bleu-marine/ []
  9. Ouvrage collectif, « Balades au cœur de l’Europe Païenne », Les Éditions de la Forêt, 2002. L’ouvrage est décrit comme suit : « Thulé. Brocéliande. Delphes. Ces noms nous parlent. Ils réveillent dans notre imaginaire mille images flamboyantes. Ils nous rattachent aussi à une généalogie, à notre propre identité. […] Nous avons demandé à dix amis de nous parler de l’un d’eux, tout particulièrement signifiant pour lui. Chaque contribution transmet une émotion intime, retrace une quête singulière et authentique. […] Nous voulons simplement vous donner envie d’emprunter à votre tour, après avoir lu ces textes, les sentiers de la mémoire, aux quatre coins de l’Europe, du temple d’Apollon aux rouges falaises d’Héligoland, du tombeau de Merlin l’Enchanteur à la Rome impériale. Laissez-vous guider au cœur de l’Europe païenne, là où le futur prend racine dans l’histoire de nos peuples. » Plus d’information à cette adresse : http://www.leseditionsdelaforet.com/content/view/19/27/ La maison d’édition republie également des ouvrages tels que « Critique nationale-révolutionnaire du Capitalisme spéculatif » de Gottfried Feder. Extrait de la présentation issu du site des Éditions de la Forêt et de la quatrième de couverture : « Injustice, exploitation, parasitisme… Ce sont les fruits empoisonnés du capitalisme spéculatif. Pourquoi ? Comment ? C’est ce que vous expliquera ce livre Gottfried FEDER. […] Ce document a joué un rôle important dans la genêse du mouvement et de la doctrine national-socialistes, dont Feder fut activement partie prenante. » Ce livre était achetable en ligne sur le site de La Diffusion du Lore aux côtés de « Les Mythes fondateurs de la politique israelienne » de Roger Garaudy (ce texte négationniste est publié en 1995 aux éditions La Vieille Taupe et lui vaut le 27 février 1998 d’être condamné pour contestation de crimes contre l’humanité et diffamation raciale, jugement alourdi en appel le 16 décembre 1998 par une condamnation pour provocation à la haine raciale), Léon Degrelle (fondateur et dirigeant du mouvement national-socialiste belge Rex), ou encore d’Adolf Hitler lui-même… Voir : http://www.ladiffusiondulore.fr/paganisme/258-balades-au-coeur-de-l-europe-paienne-9782951681224.html []
  10. « « 9 mai » 2011 : loin Deyzieu, loin du cœur… », Reflex-es, 09 mai 2011. À consulter en ligne à cette adresse : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article475 []
  11. FranceTVinfo et AFP, « Le militant d’extrême droite Serge Ayoub libre après sa garde à vue pour « violences conjugales » », 04 février 2014. À consulter à cette adresse : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/le-militant-d-extreme-droite-serge-ayoub-en-garde-a-vue-pour-violences-conjugales_522071.html []
  12. Benjamin Corbé, « Législatives. Gérard de Mellon candidat du Front national. », Le Télégramme, 14 avril 2012. À cette adresse : http://www.letelegramme.fr/local/cotes-d-armor/dinan/ville/legislatives-gerard-de-mellon-candidat-du-front-national-14-04-2012-1669054.php []
  13. Camille Allain, « Rennes: De Mellon enfile le bleu de chauffe », 20Minutes, 25 février 2014. Voir ici : http://www.20minutes.fr/rennes/1296654-mellon-enfile-bleu []
  14. Rubrique « Bureau Politique » du site du Front National : http://www.frontnational.com/fonctions/bureau-politique/ []
  15. Le Petit Journal du 21 novembre 2013, Canal+. La vidéo est disponible ici : http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-l-emission.html?vid=957304 Voir des captures d’écran pages précédentes. []
  16. Caroline Monnot et Abel Mestre, « Civitas : de Golgota Picnic aux municipales de 2014 », Droite(s) Extrême(s), 08 décembre 2011. En ligne ici : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/12/08/civitas-de-golgota-picnic-aux-municipales-de-2014/ []
  17. Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne – Retour sur la liste d’extrême droite Bretagne nous avons Foi en Toi », mai 2012. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2012/05/dossier-les-identitaires-aux-legislatives-de-juin-2012-en-bretagne/ []
  18. Collectif Antifasciste Rennais, « Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire – Fusions, arnaques et traîtrises à la chaîne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne », mars 2013. En ligne à cette adresse  : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2013/03/dossier-adsav-ppb-jeune-bretagne-et-generation-identitaire/ []
  19. Claire Lagadic, « Matthieu Clique, chef de file du Bloc Identitaire, placé en détention », La Dépèche, 30 juin 2012. À cette adresse : http://www.ladepeche.fr/article/2012/06/30/1390944-ivre-la-mere-de-famille-met-un-direct-au-policier.html []
  20. Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives », op. cit., pages 15, 16 et 18, mai 2012. Ces photos sont reproduites en pages suivantes. Consultable ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2012/05/dossier-les-identitaires-aux-legislatives-de-juin-2012-en-bretagne/ []
  21. Cette commémoration était organisée par des proches de Forza Nuova et de Casapound. Des représentants de groupes fascistes français et
    espagnols s’y sont joints. Pour plus d’informations : Collectif Vigilance 69, « Dossier Gabriac », juillet 2012. À consulter à cette adresse :
    http://collectifvigilance69.over-blog.com/article-dossier-gabriac-108064444.html []
  22. Ces assises ce sont tenues à Paris le samedi 18 décembre 2010 à l’espace Charenton, sous haute protection policière. Pour plus d’information, lire « Les « Assises internationales contre l’islamisation de l’Europe », un dîner de (néo)cons pour le Bloc Identitaire et Riposte Laïque », Reflex-es, 20 décembre 2010. À consulter à cette adresse : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article472#nb1 []
  23. « Le Mrap envoie Renaud Camus au tribunal », Libération, 20 février 2014. À lire ici : http://www.liberation.fr/politiques/2014/02/20/le-mrap-envoie-renaud-camus-au-tribunal_981839 []
  24. Geoffroy Clavel, « Jour de colère: quenelles et saluts nazis dans les rues de Paris », le Huffington Post, 27 janvier 2014. En ligne ici : http://www.
    huffingtonpost.fr/2014/01/27/jour-colere-quenelles-saluts-nazis-rues-paris_n_4671985.html []
  25. Sylvain Mouillard et Dominique Albertini, « 250 interpellations lors la manifestation du «Jour de colère» », Libération, 26 janvier 2014. Retrouvez
    la chronologie des évènements ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/01/26/le-jour-de-colere-se-rassemble-a-la-bastille_975584 []
  26. On retrouve sa trace dans l’article suivant : « Philippe Miailhes s’en va », 7magazine, 19 juillet 2011. À lire ici : http://www.7magazine.re/Philippe-Miailhes-s-en-va_a2971.html []
  27. Collectif Antifasciste Rennais, « Le tournant social du FN – généalogie d’une imposture », février 2014. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2014/02/le-tournant-social-du-fn-genealogie-dune-imposture []
  28. Rubrique « À propos » du site du Collectif Antifasciste Rennais : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/a-propos/ []


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