Dossier – L’affaire Maryvonne Thamin : quand les fascistes s’en prennent aux squatters

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L'affaire Maryvonne Thamin : quand les fascistes s'en prennent aux squatters

Vendredi premier mai 2015, un groupe d’individus aux profils plus ou moins clairs a tenté d’attaquer un squat rue de Châtillon à Rennes. L’information présentée telle quelle est celle que l’on a vu fleurir dans les différents médias nationaux, argumentant paresseusement sur la nécessité de protéger une pauvre propriétaire dépossédée de son lieu de vie (qu’elle laissait depuis des années en jachère…).
Nous entendons, par le biais de ce dossier, mettre à jour la réelle nature de ces « défenseurs de la propriété privée », en l’occurrence un agrégat de royalistes, de supporters de football d’extrême droite, de néo-fascistes bretonnants, et de restes des « fameux » Bonnets Rouges.
Nous décortiquerons également la mécanique particulière instiguée en premier lieu par le journal Ouest France, qui par le ton employé et les appels lancés à certaines catégories politiques, porte une lourde responsabilité dans la constitution de ce que l’on peut qualifier de milice d’extrême droite.
Nota bene : toutes les informations contenues dans ce dossier sont publiques et généralement encore accessibles sur la toile pour qui veut s’en donner la peine – nous donnons systématiquement les liens à cet effet.

1. Chronologie rétrospective

Événement 0 : Ouest France sort un article, présentant l’affaire brièvement.1
Événement 1 : Breizh Info (Yann Vallerie) sort à son tour un article, reprenant de très près la trame journalistique de Ouest France.2 Ce média rayonne dans la fachosphère Bretonne et au-delà.
Événement 2 : Breizh Info lance une pétition en ligne, qui recueille dès l’ouverture un grand nombre de signatures de pontes d’extrême droite et d’élus FN.3
Événement 3 : L’affaire prend une tournure nationale. Divers médias de la presse écrite et en ligne relaient l’info, sans vérification ni des sources ni des assertions, toujours suivant la trame exacte de Ouest France.4
Événement 4 : Il est 11 heures du matin le premier mai. La première manifestation a lieu. 30 personnes tentent de pénétrer dans le squat. Les policiers de la BAC sont présents sur les lieux. Tout est filmé par Samuel Norah de Ouest France (journaliste en froid avec le milieu de gauche locale, contre lequel il instruit en général à charge).5 Ouest France est d’ailleurs présent sur les lieux avant les manifestants, puisque Norah filme leur arrivée sur le site… La manifestation se déplace ensuite en ville pendant environ deux heures. Sur le parcours, un homme, simple quidam, se fera molester. Breizh Info (Yann Valerie) filme également de son côté.6 Ouest France interview Eric Launay (trésorier d’Adsav, parti d’extrême droite breton).7
Événement 5 : sur Facebook, la page de soutien à Maryvonne est en roue libre.8 Un tas de commentaires et d’appels à la violence à l’encontre des squatters fleurit. On y trouve par exemple, un individu se faisant passer pour un mercenaire,9 ami de miliciens ukrainiens, tenir un journal de planque minute par minute, surveillant l’entrée du squat, relevant les plaques d’immatriculation, ajoutant les descriptions des habitants, etc.
Événement 6 : Les Bonnets Rouges de Landivisiau (Finistère), annoncent et font monter la pression autour d’une manifestation pour déloger les squatters le dimanche 04 mai à midi, sur place.10
Événement 7 : La manif a lieu. Les Bonnets Rouges sont une vingtaine. Les manifestants forcent une des portes du squat, et brisent une des vitrines. Des voisins appellent la police à cet instant. Les habitants sont retranchés dans la maison. La police entre et constate qu’il s’agit bel et bien de la résidence des squatters, qu’ils ne sont pas armés. L’avocate des squatters est présente. Alors qu’elle quitte le squat, elle est prise à parti par les manifestants. Elle essuie menaces et intimidations physiques. Ouest France est présent sur les lieux.
Événement 8 : l’événement Facebook est clôturé.
Événement 9 : les Bonnets Rouges, tout comme les autres groupes identifiés de manifestants, appellent d’ores-et-déjà à de nouvelles mobilisations le week-end du 08 mai.11

2. Les participants aux manifs anti-squatters

Immédiatement après les premiers articles de Ouest France, le média d’extrême droite Breizh Info s’est fait porte-parole de la cause de « Maryvonne contre les squatters ». Breizh Info est tenu par une célébrité de l’extrême droite bretonne : Yann Vallerie. Retour rapide sur le CV de cet individu.
Initialement supporter de l’équipe de Rennes, il fondera et participera activement au club supporter « Breizh Stourmer » (Combattants Bretons), déjà connu et reconnu comme étant un groupe d’extrême droite. Il militera alors un temps chez Adsav, le parti nationaliste breton d’extrême droite. En perpétuelle quête d’accomplissement personnel, il quittera le groupuscule régionaliste pour se consacrer à la lutte au sein du mouvement identitaire, fondant alors la branche bretonne Jeune Bretagne des Jeunesses Identitaires. Ce mouvement, sans réelle implantation locale, et étant pour le coup en concurrence directe avec Adsav, va se rendre responsable de plusieurs actions se voulant motrices de « buzz », présentant par exemple des candidats aux élections régionales de 2012.12 La sauce identitaire ne prendra pas en Bretagne. Vallerie fera alors perdurer le groupuscule Jeune Bretagne hors du Bloc Identitaire, tout en s’attaquant à la mise en place d’outils propres de communication d’extrême droite, faisant naître Breizh Info.13
Bien en phase avec l’air du temps, le mode de consommation d’information parcellaire lié à la nature de l’internet, ce média n’annonce qu’en filigrane ses accointances et motivations réelles, tentant inlassablement par tous moyens possibles de phagocyter quelconque phénomène médiatique. Le web journal se fait dès lors spécialiste de pseudos « coups d’éclats », balançant sans relâche toutes sortes d’informations non vérifiées, sur un ton profondément populiste.14
Les obsessions permanentes de l’extrême droite s’y expriment alors avec plus ou moins de délicatesse, et de temps à autre, le média se lance corps et âme dans la genèse d’un coup médiatique. Un des plus emblématiques restant l’appel à l’attaque d’un squat (déjà…) abritant plus de 300 migrants, sur la commune de Pacé en novembre 2012.15 Cette affaire avait fait grand bruit, excitant au plus haut point à peu près l’ensemble des fachos Bretons et du grand Ouest. Jeune Bretagne, déjà à l’époque ne faisait plus que vivoter. Et Vallerie se consacrera presque entièrement à son web journal.
Ce personnage, jamais très loin de l’action néofasciste locale, pétri de méthodes fallacieuses, va refaire parler de lui aux élections municipales de 2014, se retrouvant « innocemment » sur la liste divers droite de la ville de Duault. Dès la mise à jour de son réel profil politique, il en sera exclu par la tête de liste, sans doute peu naïf sur le vrai visage du gentil innocent « journaliste ». Cet épisode correspond à peu près à la date de son retour au sein du parti Adsav, qui, s’il ne progresse pas, ne régresse pas numériquement depuis des années, fédérant des profils militants fachos classiques : skinheads, petits patrons, néo-nazis, admirateurs des collaborationnistes bretons de la seconde guerre mondiale…
Yann Vallerie, via Breizh Info, est surinvesti dans l’affaire « Maryvonne contre les méchants squatters ». Il poste plusieurs articles par jour16, est présent en première ligne dans les attroupements de la milice, réalise un document vidéo.
Yann Vallerie, troisième à partir de la droite, membre d'Adsav et gérant du site Breizh Info, présent lors de la manifestation du 1er mai rue de Châtillon et filmant l'évènement.

Yann Vallerie, troisième à partir de la droite, membre d’Adsav et gérant du site Breizh Info,
présent lors de la manifestation du 1er mai rue de Châtillon et filmant l’évènement.

Christophe Daniou, ami de longue date de Yann Vallerie, n’est probablement pas aussi malin. Lui aussi a structuré son orientation politique en compagnie de supporters de football, Guingampais et Rennais. Il est ensuite présent aux côtés de Vallerie à la création de Jeune Bretagne, puis au cours de l’existence du mouvement. À la fin de ce dernier, il passera du nationalisme breton au nationalisme français, le temps de rester occupé sans doute, rejoignant le Bloc Identitaire. Voir notre dossier « Adsav- PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire – Fusions, arnaques et traîtrises à la chaîne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne ».17

Il semble par la suite se calmer temporairement, pour refaire surface récemment en tant que candidat sur la liste Front National des municipales de Rennes en 2014.18


Christophe Daniou, membre du Bloc Identitaire venu à la politique par le football, candidat sur la liste Front Natio- nal pour les municipales à Rennes, partie prenante de la manifestation du 1er mai.

Christophe Daniou, membre du Bloc Identitaire venu à la politique par le football, candidat sur la liste Front National
pour les municipales à Rennes, partie prenante de la manifestation du 1er mai.

Des supporters de foot d’extrême droite sont également présents, via divers membres du groupe « Unvez Keltz ». Ce petit Kop comprend un certains nombre de néo-fascistes. Responsables de multiples attaques contre des groupes supporters d’autres villes, ils sont parfois également présents sur des événements d’extrême droite qui promettent de l’action. En octobre 2014, associés à une quinzaine de hooligans de Lens, ils tenteront l’attaque de plusieurs bars rennais estampillés comme étant « d’extrême gauche ».

Ils s’associent sur un plus long terme avec d’autres fascistes locaux au sein d’un groupe qui se voudrait hooligan appelé « Rennes 1901 », où l’on retrouve par exemple Christophe Daniou.


A gauche, Julien Resnais, supporter rennais de la mouvance ultra des « Unvez Kelt », connu pour avoir participé à deux attaques de bars rennais de « gauche ». Présent à la manifestation du 1er mai d'Adsav. A droite, Matthias Busson, membre des « Unvez Kelt », a également participé aux différentes attaques de bars.

A gauche, Julien Resnais, supporter rennais de la mouvance ultra des « Unvez Kelt », connu pour avoir participé à deux attaques de bars rennais de « gauche ». Présent à la manifestation du 1er mai d’Adsav. A droite, Matthias Busson, membre des « Unvez Kelt », a également participé aux différentes attaques de bars.

L’Action Française, mouvement d’extrême droite antisémite royaliste, vieux comme le racialisme anti-Juif, est également sur place. Ce groupuscule, folklorique à bien des niveaux, connaît une forme de petit regain sur la place rennaise depuis la rentrée 2015.19 Ses membres se sont rencontrés dans les Manifs pour tous et après avoir pour certains terminé leur cycle scolaire, ont décidé de se lancer dans l’action politique de rue.

Majoritairement résidents du quartier du Thabor, ils ont alors entrepris divers collages et tags à la gloire du « Roy de france ». En prenant de l’assurance, ils s’en prendront également à la vitrine de la librairie anarchiste « La Commune »20 implantée en plein cœur du quartier Jeanne d’Arc, territoire de jeu de nos petits chevaliers modernes ayant vélos pour montures. Leur look ayant tendance à ne pas mentir, on les retrouve en général très facilement dans les diverses apparitions médiatiques de l’extrême droite locale, avec une mèche d’inspiration austro-germanique génocidaire, divers vêtements culturellement skinheads, mais bien noblement repassés. L’ex-chef de ce remake des 6 compagnons, Mickael Herpe, a vainement tenté de rejoindre le Bloc Identitaire par l’entremise de Christophe Daniou, mais a été recalé pour des raisons qui nous échappent.


À gauche, Martin Le Ray, membre de l' Action Française Étudiante de Rennes, s'est notemment démarqué par sa participation à l'attaque de la manifestation du 1er novembre à Nantes suite à la mort de Rémi Fraisse. Le groupe de militants d'extrême droite avait à cette occasion chargé le cortège en collaboration avec la police, projeté un homme noir dans une vitrine, déclenché une bagarre générale dans un quartier et frappé un enfant. À droite, Mickaël Herpe : son premier investissement dans la Manif pour tous avait fait de lui le chef spirituel de notre toute jeune Action Française Étudiante . Mais la chute fut rapide.

À gauche, Martin Le Ray, membre de l’ Action Française Étudiante de Rennes, s’est notemment démarqué par sa participation à l’attaque de la manifestation du 1er novembre à Nantes suite à la mort de Rémi Fraisse. Le groupe de militants d’extrême droite avait à cette occasion chargé le cortège en collaboration avec la police, projeté un homme noir dans une vitrine, déclenché une bagarre générale dans un quartier et frappé un enfant. À droite, Mickaël Herpe : son premier investissement dans la Manif pour tous avait fait de lui le chef spirituel de notre toute jeune Action Française Étudiante. Mais la chute fut rapide.

À gauche, Antoine, qui se montre pour le moins discret depuis que la peur d'être vu en manifestation par son père, gendarme de son état, semble l'avoir gagné. À droite : Enguerrand Josseaume, beau-frère de Mickaël Herpe, présent à la manifestation du 1er mai 2015 devant le 94 rue de Châtillon.

À gauche, Antoine, qui se montre pour le moins discret depuis que la peur d’être vu en manifestation par son père, gendarme de son état, semble l’avoir gagné. À droite : Enguerrand Josseaume, beau-frère de Mickaël Herpe, présent à la manifestation du 1er mai 2015 devant le 94 rue de Châtillon.

Foulques de Roquefeuil et « Tintin », les deux acolytes.

Foulques de Roquefeuil et « Tintin », les deux acolytes.

Monsieur Simons, le plus rôdé de la bande de l'Action Française, qui a débuté dans les jupes de la Manif pour tous avant de frayer aux côtés de différents mentors, tous plus infréquentables les uns que les autres, notamment Chistophe Daniou.

Monsieur Simons, le plus rôdé de la bande de l’Action Française, qui a débuté dans les jupes de la Manif pour tous avant de frayer aux côtés de différents mentors, tous plus infréquentables les uns que les autres, notamment Chistophe Daniou.

L' Action Française Étudiante Rennes en pleine action militante.

L’ Action Française Étudiante Rennes en pleine action militante.

On a également pu voir le MPNA Bretagne, le Mouvement Populaire pour une Nouvelle Aurore.21 Infiniment groupusculaire, ce mouvement clairement néo-nazi (pour le coup) était représenté par Romain, chef de la section du coin.

Romain, membre du Mouvement Populaire pour une Nouvelle Aurore, (MPNA , organisation ouvertement nazie). Présent lors de la manifestation d'Adsav du 1er mai.

Romain, membre du Mouvement Populaire pour une Nouvelle Aurore, (MPNA, organisation ouvertement nazie).
Présent lors de la manifestation d’Adsav du 1er mai.

Enfin pour clore cette énumération, les Bonnets Rouges étaient de la partie. De nombreuses histoires de collusion avec l’extrême droite bretonne ont émaillées la fin du mouvement. Les Bonnets Rouges comptaient carrément quelques sections au sein desquelles des militants d’Adsav s’ébrouaient tranquillement. C’était le cas dans les environs de St-Brieuc, par exemple. Les procès suite aux violences de ces individus d’extrême droite lors de manifestations verront la condamnation de certains. Le porte parole d’Adsav Ronan Le Gall s’exprimera en personne au nom des Bonnets Rouges, sur le parvis du tribunal de Rennes, face à la camera.22
Les Bonnets Rouges, mouvement aux fondations profondément corporatistes, regroupant sur des critères flous des patrons comme des ouvriers, ne s’exprimera jamais clairement sur les dérives fascisantes de certains de ses membres. Les seuls gains obtenus par le mouvement seront des bonus patronaux en nature, parfaite mise en œuvre d’une collaboration de classe malhonnête. Troadec, à la tête des Bonnets Rouges, a disparu médiatiquement après les élections municipales. Que reste-t-il aujourd’hui des chantres de la liberté version bretonne et moderne ?
On retrouve une poignée de ces Bonnets Rouges dans l’action pour « Maryvonne » du dimanche 04 mai. C’est la section de Landivisiau (deux bonnes heures de route pour arriver à Rennes) qui est à l’origine de l’événement Facebook de ce rassemblement. Le vide politique de cette manifestation s’exprime devant la caméra de France 3 durant l’après midi du dimanche : « L’extrême gauche est comme Le Pen ».23 En attendant, les « pacifiques Bonnets Rouges » ont défoncé la porte du squat ainsi que la vitrine, et également émaillé leur « tranquille défense de mamie Maryvonne » par des menaces de représailles à l’encontre de l’avocate des résidents du squat, prise à partie alors qu’elle quittait les lieux. Alors évidemment tous les Bonnets Rouges ne se retrouvent pas dans cet état de fait et certains ont déjà commencé à contester la légitimité de cette action. Dans un mouvement en cours de décomposition, presque n’importe qui peut se réclamer des Bonnets Rouges et c’est ce qu’ont fait les participants à la manifestation de dimanche. Peut être enfin y aura-t-il une clarification du milieu suite à cette affaire, ce que nous ne pouvons que souhaiter.

Fondée en 2000 par Patrick Montauzier, Adsav est une organisation qui se place en héritière des collaborateurs bretons pendant la deuxième guerre mondiale. Ses références explicites y sont extrêmement nombreuses, à commencer par l’utilisation de drapeaux très similaires. Groupusculaire dès son origine, l’organisation ne connaîtra qu’une seule réelle « bonne année » en 2008, où elle présente 6 candidats aux élections cantonales pour des résultats peu élevés. Depuis, ses effectifs ne cessent de décroître. Il faut dire que ses adhérents se recrutent pour une bonne partie dans le petit milieu skinhead breton, ce qui réduit d’office ses opportunités et forces militantes. Un bon exemple de militant typique est Eric Alhinc de Saint-Brieuc qui a joué dans un groupe musical intitulé : Bretonische Waffenverband, le nom de l’unité nazie bretonne qui a fini dans la division francophone Charlemagne de la Waffen SS.

Adsav révèle les contacts et la photographie de l'avocate chargée de défendre les habitants du 94 rue de Châtillon : « Pas besoin d'être polie avec de la merde. »

Adsav révèle les contacts et la photographie de l’avocate chargée de défendre les habitants du 94 rue de Châtillon : « Pas besoin d’être polie avec de la merde. »

Au-delà des individus et des organisations d’extrême droite bien identifiés, on voit également comme dans tout rassemblement de ce type débarquer un certain nombre d’électrons libres, difficiles à cerner parce qu’apparaissant pour la première fois dans nos radars. Par exemple la personne se dissimulant sous le pseudonyme de Col Moschin campe devant le 94 rue de Châtillon, et minute par minute relaie sur le net les plaques des véhicules ou les descriptions des passants qui semblent s’y arrêter. On pourra se faire une idée plus précise de son état d’esprit en visitant sa page Facebook, sur laquelle il se revendique mercenaire et « pose » avec des paramilitaires ukrainiens.24

« Col Moshin », d'après son pseudo. Ce « mercenaire » tient un journal de planque publié en direct sur la page Facebook de soutien à Maryvonne, relevant les voitures et les passants de la rue de Châtillon.

« Col Moshin », d’après son pseudo. Ce « mercenaire » tient un journal de planque publié en direct sur
la page Facebook de soutien à Maryvonne, relevant les voitures et les passants de la rue de Châtillon.

Un autre individu mérite qu’on s’y attarde : Léopold Jimmy. Journaliste détenteur d’une carte de presse, il produit des reportages vidéos pour sa propre agence, LDC News.25 Visiblement fasciné par les grands rassemblement à tonalité militaire, il a été condamné pour port illégal d’uniforme et de décorations.26 Ce mythomane s’est également présenté – cette fois pour de vrai – comme candidat en deuxième position FN aux cantonales de Balleroy en Normandie. Il déclarait soutenir à 200% la candidature de Marine Le Pen dans la course à la succession au sein du parti. Après avoir interviewé Maître Peltier pour le compte de son agence et avoir coupé sa caméra, il lui demande : « Tu peux me donner ton adresse perso ? » Surprise l’avocate décline. Ce à quoi il rétorque : « On va venir. On va venir chez toi quand tu seras pas là et tu verras ce que ça fait ! »

Voilà pour la nature exacte de la composition des deux rassemblements qui ont eu lieu devant la maison de la rue de Châtillon. Nous sommes très loin d’un phénomène spontané, motivé par une candide défense d’une innocente victime. La réalité est qu’une bande de fachos en quête de lynchage s’est trouvé un prétexte bidon pour faire de l’apparition publique, et que la perspective de l’éventualité d’un passage à tabac de squatters en position de faiblesse a fait grossir les rangs des cortèges.


3. Analyse de la mécanique mise en place et des différents intérêts en jeu

L’ensemble des éléments précédents est certes de nature à relativiser la précision du battage médiatique et militant des derniers jours. Cependant, nous considérons qu’ils ne sauraient se suffire à eux-mêmes et qu’une analyse en profondeur de la mécanique en présence s’impose. Car en effet, quel peut bien être l’intérêt pour autant de partenaires si différents de s’allier de façon inextricable ?

Ouest France est le premier producteur d’article sur le sujet. Mensonger de A à Z, ce dernier brosse un portrait à charge des squatters, une image complaisante des soi-disant propriétaires, le tout saupoudré d’un pathétique que d’aucun-e-s pourraient juger assez indigeste. Si le quotidien nous a depuis longtemps habitués via ses fameuses « affiches jaunes » à un traitement démagogique de l’information, il passe ici un tout autre cap en participant à une entreprise de falsification.

Sa position en tant que journal dans cette histoire est double : opportuniste et idéologique. Opportuniste parce que le journal fait clairement le choix d’un récit qui fait gonfler ses ventes. Il est à noter que celui-ci est produit par Serge Le Luyer, propriétaire du « Malek Taouk », un restaurant situé rue de Penhoët.27 Ce dernier n’est que pigiste au journal et s’est déjà illustré au fil des années via des articles où la déontologie tenait peu de place, tout particulièrement lorsqu’ils traitaient de la gauche. Il a d’ailleurs déjà été été condamné pour diffamation dans le cadre de son activité professionnelle.28

Le manque de déontologie de cet article est flagrant en effet : la profession a pourtant défini un un certain nombre de règles. Parmi elles, vérifier l’exactitude de ses sources. Or à aucun moment celles-ci ne sont mises en question ou étayées. La simple vérification du réel statut de propriétaire des témoins n’a même pas été effectuée. Aucune enquête sur leur bonne foi. Pour faire simple : nous avons affaire à un pur et simple témoignage de personnes retirant un intérêt certain de cette affaire, et rien d’autre en dehors d’un appui manifeste et scandalisé sous couvert d’objectivité journalistique. Une seconde règle serait d’obtenir différents sons de cloche, bref, de croiser ses informations afin de vérifier qu’elles ne sont pas biaisées. Ici rien : les voisins ne sont pas interviewés, ni la mairie, ni même bien sûr les premiers concernés que sont les habitants du lieu. Pourquoi diable perdre du temps avec de telles inepties quand le scoop du siècle nous est servi sur un plateau ?

Idéologique parce qu’au-delà des fautes méthodologiques et déontologiques qui émaillent le papier, ce qui pose problème c’est le ton « militant » de l’article et son appel sous-jacent à créer une mobilisation pour faire bouger les choses. N’en déplaise à Ouest France, l’occupation de ces lieux est parfaitement encadrée par la loi, ce qui fait du lancement d’un tel appel une tentative de contournement extra-légale, porte ouverte au plus grand des n’importe quoi pour que « mamie » retrouve son rocking-chair. De la part d’un quotidien de ce poids, même en recherche de chiens écrasés pour vendre du papier, il s’agit pour le moins d’une attitude extrêmement légère. On ne peut donc l’envisager que sous la forme d’une prise de position politique initialement individuelle, appuyée par la rédaction. Nous n’oublions pas en effet le soutien apporté par Ouest France à la Manif pour tous dans son combat rétrograde contre l’égalité des droits : c’est bien dans ses colonnes en effet qu’étaient reproduits les numéros de téléphones et contacts mail pour réserver ses places dans les cars à destination de Paris lors des grosses mobilisations du mouvement réactionnaire.29 Cet élément, pris en considération avec les nombreuses prises de positions d’inspiration droitière de ces dernières années nous incite à penser qu’à tout le moins, certains journalistes et pigistes du quotidien ont décidé à travers cette démarche de s’en prendre « aux gauchistes ».

La deuxième partie de l’offensive médiatique qui suit immédiatement la publication de Ouest France est celle menée par l’organe de propagande d’extrême-droite Breizh Info. Dès la publication de Ouest France, ce blog politique fondé par Yann Vallerie publie un article au ton étonnamment peu éloigné de celui du grand quotidien, très rapidement augmenté d’une pétition en ligne.

Breizh Info est toujours en recherche de faits divers venant appuyer son discours raciste. Sa rubrique « La Bretagne Orange Mécanique » (au titre dérivé de l’ouvrage La France Orange Mécanique30) en recense de multiples exemples aussi biaisés les uns que les autres. En cela, le site ne se distingue guère de la tradition d’extrême droite en ce domaine. À une différence cependant : à de rares mais révélatrices exceptions, ses articles cherchent à transformer la propagande idéologique en actions de terrain. Le cas symptomatique du squat de Pacé, déjà évoqué plus haut, en est un des exemples.31 Le cas de « Maryvonne » s’inscrit dans cette démarche.

Cette volonté s’explique par une série de chocs au sein de l’extrême droite bretonne ces dernières années, ayant relégué Yann Vallerie du statut de chef absolu du mouvement le plus dynamique de Bretagne à celui de Monsieur Personne, perdu en rase campagne, n’ayant plus d’influence sur rien qui importe. Ces péripéties sont narrées en détail dans notre dossier « Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire – Fusions, arnaques et traîtrises à la chaîne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne ».32

Pour l’extrême droite en général et pour Yann Vallerie en particulier il s’agit donc d’une occasion unique de tremplin médiatique comme de recomposition organique. En mal de publicité, l’extrême droite trouve dans cette affaire un allié objectif de choix dans Ouest France.

Mais si l’intérêt est publicitaire au sens d’une communication médiatique, il l’est tout autant au sens de ce que l’extrême droite valorise au plus haut point : la street cred’ – ou, en gros, la capacité, au sein des forces réactionnaires, à ne pas passer pour des losers en sortant dans la rue. En ce sens, pour l’extrême droite, l’histoire de Maryvonne est purement accessoire. Il s’agit dans la rue de réitérer ce qui a déjà eu lieu sur le net : un coup d’éclat, si possible amusant à réaliser, permettant de se montrer comme une force locale. La communication de cette force de rue se fait par le biais de ses propres « médias » que sont par exemple Breizh Info, mais également par celui de Ouest France qui relativise grandement sa dangerosité, alors même que le quotidien les a accompagné sur tout le trajet. On se permettra d’ailleurs de soulever une question légitime : où donc est passée l’agression d’un passant par la manifestation d’extrême droite dans le compte-rendu effectué par Ouest France ? Car enfin : un homme frappé au visage, dégoulinant de sang, en pleine journée dans le centre-ville, c’est quand même difficile à louper quand on colle un cortège constitué de 35 personnes !

La forme même des interviews filmées est aberrante. Éric Launay, trésorier d’Adsav33, alors même qu’il n’est que le représentant d’une organisation complètement extérieure au sujet, dispose d’un temps de parole au moins aussi long que la fameuse Maryvonne, et certainement beaucoup plus que son fils Pierre ou même que leur avocat dans les articles pondus par le quotidien – et qui plus est en vidéo alors qu’il est un membre éminent d’un groupe néo-fasciste ultra connu en Bretagne.34 Il n’y a absolument aucune ambiguïté ni excuse : ce n’est plus de l’information, mais une tribune d’expression libre pour un groupe d’extrême droite.

Eric Launay, trésorier du mouvement nationaliste Adsav apparait dans la vidéo du Ouest France comme un simple citoyen outré par la situation.

Eric Launay, trésorier du mouvement nationaliste Adsav apparait dans la vidéo du Ouest France comme un simple citoyen outré par la situation.

Les troisième protagonistes sont bien sûr les propriétaires revendiqués. À la lecture attentive des articles successifs, on distingue en filigrane à la manœuvre la mère et le fils Thamin.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est que leur situation paraît sans issue. Alors même qu’ils reconnaissent dans un article de L’Obs35 qu’ils souhaitent récupérer le bien pour le vendre – ce qui met à mal leur version d’une grand-mère mise à la rue par des squatters – ceux-ci semblent dans l’incapacité juridique d’obtenir gain de cause. Nous n’avons évidemment pas accès aux informations relatives à cette affaire, mais même en considérant la bonne fois des protagonistes lorsqu’ils déclarent avoir été dépassés par les événements, on a du mal à croire que la justice n’ait rien fait pour leur venir en aide si leurs prétentions quant à la possession du lieu sont fermement établies. Qu’il nous soit permis ici de souligner la fragilité de leurs déclarations à la lumière de la façon dont la loi protège les propriétaires dans ce pays.

Quoi qu’il en soit et contrairement à ce qu’affirment la fachosphère et les propriétaires depuis quelques jours (relayés sans aucune distance critique par une partie de la presse), on ne peut pas en France s’installer n’importe où, chez n’importe qui, et devenir inexpulsable en 48h. La version défendue selon laquelle une grand-mère peut sortir faire ses courses et revenir deux minutes plus tard pour trouver un squatter hirsute aux cheveux gras, les pieds sur la table basse du salon, en train de se siffler au goulot la bouteille de Suze dominicale tout en brandissant un article de loi le consacrant légitime occupant des lieux est un mythe pur et simple. Certaines choses doivent être dites sans pincettes : il faut être soit particulièrement limité, soit complètement ignorant de la réalité de la société dans laquelle on vit pour pouvoir avaler un tel bobard sans se dire que quelque chose cloche.

La réalité c’est que bien entendu les fameuses « 48h » ne sont applicables que dans le cas où le logement investi est réputé inhabité depuis longtemps. En aucune façon on ne peut déloger un propriétaire ou locataire d’un logement qu’il occupe, une distinction claire apparaissant de fait entre le statut de propriétaire d’un bien immobilier et celui d’habitant de ce bien immobilier.

La réalité c’est aussi bien sûr qu’être squatter en France est tout sauf une partie de plaisir, une solution de facilité ou de confort.

La réalité enfin c’est que dans les faits les expulsions de squats hors de tout cadre légal par des propriétaires avec le renfort de gros bras, ou encore par la police elle-même sont monnaie courante.36 Les expulsions peuvent également se produire de façon légale avec le renfort d’unités tactiques normalement dédiées à la gestion des prises d’otages telles que le RAID, ce qui s’est produit un nombre incalculable de fois, y compris à Rennes.37 L’extrême droite elle, ne voit pas souvent débouler le RAID, sauf quand dans le cadre de ses business malodorants du type trafic d’armes, elle commet l’erreur d’en vendre certaines qui finissent aux mains des frères Coulibaly…38

Les propriétaires sont donc, a priori bloqués comme ils le sont sur le plan juridique, de mettre en place une stratégie de récupération de leur bien de façon, disons-le tout net, illégale. Leur intérêt dans cette affaire est de chasser par la force physique ou par l’intimidation les habitants actuels du lieu, de manière à court-circuiter le circuit judiciaire, et in fine, de réaliser un profit important en vendant le bâtiment – et surtout son terrain – à un promoteur immobilier, dans un quartier de la ville fortement touché par le réaménagement urbain.

Le 08 mai, Maryvonne Thamin déclare vouloir se rendre avec son drapeau à un rassemblement appelé par des gens aussi dangereux politiquement que physiquement. Libre à elle. Mais vouloir récupérer par la force un bien grâce à l’aide d’une frange politique si peu recommandable constitue un seuil qu’il faut bien considérer avant de franchir…

4. En forme de conclusion

Alors que nous refermions ce dossier, Nathalie Appéré, maire de Rennes, envoyait un communiqué aux rédactions. Plutôt que de conclure par nous-même, nous laisserons pour une fois, assez ironiquement et avec la distance qui s’impose, le Parti – dit – Socialiste, conclure un dossier de notre cru, tant le contenu de cette communication valide l’ensemble du précédent dossier. Bonne lecture.

Nota bene : ce dossier a été rédigé dans des délais très brefs et sera corrigé dans la forme et également très légèrement dans le fond après le week-end à venir (et la manifestation appellée le 8 mai qui devrait être intéressante à suivre). Il nous paraît important de signaler cependant dès à présent que contrairement à ce qu’affirme Nathalie Appéré – et cela nous a été confirmé par les squatters depuis – il n’y a eu aucune confrontation, ni même aucune tentative de confrontation avec les militants d’extrême droite et que par voie de conséquence la police n’a pas eu à intervenir pour séparer des belligérants. En fouillant rapidement le net, on peut identifier la source de ce hoax : Col Moschin, le mythomane qui Photoshope son visage sur des photos de troupes paramiliaires ukrainiennes déjà évoqué plus haut, a lancé les premiers éléments dans un de ses posts Facebook, repris par la suite par Breizh Info qui parle d’antifas. Depuis, ce hoax s’est diffusé dans la presse généraliste. Même si cela paraît superflu, précisons tout de même ici que le CAR n’a évidemment rien à voir avec ces allégations d’une part, et d’autre part que lorsque nous disions que « le contenu de cette communication valide l’ensemble du précédent dossier« , nous parlions à l’évidence des éléments apportés concernant les propriétaires du lieu. Jusqu’à preuve du contraire, donc, les seuls fauteurs de troubles demeurent à ce jour les milices d’extrême doite…

« Nathalie Appéré, députée maire de Rennes, lance « solennellement un appel au calme » dans l’affaire du squat de la maison de Maryvonne Thamin, rue de Châtillon.

La maire de Rennes a fait parvenir un communiqué aux rédactions, ce mardi soir, au sujet

de l’affaire Maryvonne, du nom de cette retraitée dont la maison de la rue de Châtillon, à Rennes, est occupée par des squatteurs.

Pour Nathalie Appéré, « Madame Thamin est victime d’une situation intolérable, privée de sa maison par des squatteurs qui utilisent toutes les ressources du droit pour l’empêcher de regagner son logement. Nous sommes en contact avec elle depuis l’automne 2013, puisque ce sont les services municipaux qui lui ont appris que sa maison était squattée et ont tenté de l’accompagner dans les démarches à entreprendre. »

Un relogement proposé

La maire de Rennes rappelle également que des solutions de relogement ont été proposées à l’octogénaire. « Ma crainte est que son domicile doive faire l’objet de travaux de remise en état qui repousseront d’autant son retour à la maison. »

« Manœuvres politiques écœurantes »

Elle déplore que « cette triste affaire, dont une vieille dame est la victime, ait également déchaîné un flot de propos mensongers et diffamatoires d’une rare violence et des manoeuvres politiques écœurantes, notamment sur les réseaux sociaux. Des affrontements entre deux groupes de manifestants extrémistes ont été évités de justesse par les services de police, qui sont intervenus rapidement pour ramener le calme rue de Châtillon. »

Nathalie Appéré lance « solennellement un appel au calme » alors que des groupes d’extrême droite appellent à une nouvelle manifestation anti-squatteurs, vendredi matin, devant le domicile. »

« Maison squattée à Rennes. La maire lance « un appel au calme », Ouest France, 6 mai 2015.

En ligne à cette adresse : http://www.ouest-france.fr/nathalieappere-lance-un-appel-au-calme-3379406



  1. Serge Le Luyer, « Rennes. Maryvonne, à la porte de sa maison à cause de squatteurs », Ouest France, 30 avril 2015. À lire ici : http://www.ouestfrance.fr/sa-maison-squattee-maryvonne-ne-peut-plus-rentrer-chez-elle-3364084 []
  2. « Rennes. Une octogénaire délogée de chez elle par des squatteurs », Breizh Info, 30 avril 2015. En ligne à cette adresse : http://www.breizh-info.com/25889/actualite-societale/rennes-une-octogenaire-delogee-de-chez-elle-par-des-squatteurs/ []
  3. « Rennes. Une octogénaire délogée de chez elle par des squatteurs. [MAJ : pétition ] », Breizh Info, 30 avril 2015. À lire à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2014/02/le-tournant-social-du-fn-genealogie-dune-imposture/ La pétition a été mise en ligne le même jour à cette adresse : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Nathalie_Appere_maire_de_Rennes_Maryvonne_T_a_la_rue_doit_pouvoir_recuperer_sa_propriete_squattee []
  4. Voir par exemple : « Rennes : une octogénaire se retrouve à la rue, délogée par des squatteurs », La Dépêche, 05 mai 2015. En ligne ici : http://www.ladepeche.fr/article/2015/04/30/2096897-octogenaire-retrouve-rue-cause-squatteurs.html []
  5. « Rennes: Adsav manifeste pour déloger les squatteurs de la maison de Maryvonne », Ouest France, 1er mai 2015. À voir ici : http://www.ouest-france.fr/une-manifestation-pour-deloger-les-squatteurs-de-chez-maryvonne-3372162 []
  6. Voir : https://www.facebook.com/soutienmaryvonne/photos/a.1088352367847149.1073741828.1088340404515012/1089880137694372/?type=3&theater []
  7. « Rennes: Adsav manifeste pour déloger les squatteurs de la maison de Maryvonne », Ouest France, 1er mai 2015. À voir ici : http://www.ouest-france.fr/une-manifestation-pour-deloger-les-squatteurs-de-chez-maryvonne-3372162 []
  8. Facebook de soutien à Maryvonne : https://www.facebook.com/soutienmaryvonne?fref=ts []
  9. Facebook de Col Moschin : https://www.facebook.com/profile.php?id=100007253836003&fref=ts []
  10. Facebook des Bonnets Rouges : https://www.facebook.com/ForumdesBonnetsRougesOfficiel []
  11. L’appel aux couleurs du mouvement Adsav pour la manif du 8 mai est disponible ici : https://www.facebook.com/events/877704135630768/ []
  12. Collectif Antifasciste Rennais, « Les identitaires aux législatives de juin 2012 en Bretagne. Retour sur la liste d’extrême droite Bretagne nous avons foi en toi », 28 mai 2012. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2012/05/dossier-les-identitaires-aux-legislatives-de-juin-2012-enbretagne/ []
  13. Le site est logé à cette adresse : http://www.breizh-info.com/25889/actualite-societale/rennes-une-octogenaire-delogee-de-chez-elle-par-dessquatteurs/ []
  14. Voici un exemple parmi la multitude qu’on pourrait citer : « Nantes. Un Congolais en prison après une course-poursuite », Breizh info, 27 avril 2015. À lire ici : http://www.breizh-info.com/25684/actualite-orange-mecanique/nantes-un-congolais-en-prison-apres-une-course-poursuite/ Ou encore : Yann Vallerie, « Serge Atlaoui: et si l’indonésie avait raison ? », Boulevard Voltaire (Relayé sur Breizh Info), 1er mai 2015. En ligne ici : http://www.breizh-info.com/25923/actualite-internationale/serge-atlaoui-et-si-lindonesie-avait-raison-vu-ailleurs/ []
  15. Appel dont on trouve encore une trace à cette adresse : http://lvci.hautetfort.com/archive/2012/10/12/pace-35-mercredi-7-novembre-a-l-appel-de-jeune-bretagne-expu.html []
  16. On peut s’en faire une idée en regardant sa liste Twitter, le premier concernant cette affaire datant du 29 avril : https://twitter.com/Breizh_Info?original_referer=http%3A%2F%2Fwww.breizh-info.com%2F&profile_id=14330 Pour les courageux-ses on peut aussi consulter tous les articles sur le sujet : Breizh Info, « Rennes. Une octogénaire délogée de chez elle par des squatteurs. [MAJ : pétition] », 30 avril 2015. À lire ici : http://www.breizh-info.com/25889/actualite-societale/rennes-une-octogenaire-delogee-de-chez-elle-par-des-squatteurs/ Breizh info, « Rennes. Manifestation de soutien à Maryvonne Thamin, victime de squatteurs », 2 mai 2015. En ligne ici : http://www.breizh-info.com/25984/actualite-societale/rennes-45-personnes-manifestent-pour-defendre-la-propriete-de-maryvonne-thamin/ Breizh info, « Affaire Maryvonne à Rennes. « Je ne mange plus, j’ai le visage de la mort » [vidéo] », 4 mai 2015. À lire ici : http://www.breizh-info.com/26041/actualites-sociales/affaire-maryvonne-a-rennes-jene-mange-plus-jai-le-visage-de-la-mort-video/ []
  17. Collectif Antifasciste Rennais, « Dossier Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire. Fusions, arnaques et traïtrises à la chaïne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne », 20 mars 2013. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2012/05/dossier-les-identitaires-aux-legislatives-de-juin-2012-en-bretagne/ []
  18. Ouest France, « Municipales à Rennes. Gérard de Mellon (Bleu Marine) dévoile sa liste », 27 février 2014. À consulter ici : http://www.ouest-france.fr/municipales-rennes-gerard-de-mellon-bleu-marine-devoile-sa-liste-1964336 Christophe Daniou est 13ème de la liste. Pour plus d’informations à ce sujet, relire : Collectif Antifasciste Rennais, « Les municipales et le Front National », 12 mars 2014. En ligne ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2014/03/les-municipales-et-le-front-national/ []
  19. Voir le Facebook de l’organisation : https://fr-fr.facebook.com/action.francaise.etudiante.rennes []
  20. Extraits du communiqué de la Fédération Anarchiste à ce sujet, publié le 26 mars 2015 : « Le local la commune dans lequel le groupe la sociale de la FA tient ses permanences les mercredis et samedis depuis 2006 a fait l’objet, lors de l’une de ses récentes permanences, d’une agression caractérisée par le jet d’un pavé dans sa vitrine. 2 individus, le visage dissimulé par des foulards, se sont rapidement échappés à vélo. La projection des éclats de verre à l’intérieur du local aurait pu occasionner de gros dommages corporels sur les personnes présentes, il n’en a été heureusement pas le cas. […] Le local du Parti de gauche avait fait l’objet en avril mai 2014 de plusieurs agressions du même ordre. » []
  21. Facebook de l’organisation : https://www.facebook.com/pages/MPNA-Bretagne/1512774018984186?fref=ts []
  22. France 3 Bretagne, reportage de S.Breton et V. Bars, et article de Thierry Peigné, « Le procès des Bonnets Rouges est renvoyé au 15 mai », 22 avril 2014. À lire et voir ici : http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/04/22/le-proces-des-11-bonnets-rouges-est-renvoye-464123.html []
  23. La vidéo est en ligne à cette adresse : http://www.dailymotion.com/video/x2oywao_seconde-manifestation-contre-les-squatters-de-la-maisonde-maryvonne_news []
  24. Facebook de Col Moschin : https://www.facebook.com/profile.php?id=100007253836003&fref=ts []
  25. Dont voici la chaine YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCsGs7XjHyYuaBUoNnTF6k7Q []
  26. Jean-Dominique Merchet, « Faux réserviste : ouverture d’une enquête préliminaire sur le cas Léopold Jimmy (actualisé) » Blog Marianne Secret Défense. À lire ici : http://www.marianne.net/blogsecretdefense/Faux-reserviste-ouverture-d-une-enquete-preliminaire-sur-le-cas-Leopold-Jimmyactualise_a187.html []
  27. Pour plus d’infos : http://www.societe.com/societe/sarl-chiche-tawouk-793851486.html []
  28. Maître Anthony Bem, « Diffamation : sanction du journal Ouest France et préjudice particulier de la diffusion sur internet », Legavox.fr, 30 août 2012. À lire ici : http://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/diffamation-sanction-journal-ouest-france-9359.htm#.VUetk5MmNdE []
  29. « Manif pour tous. Inscriptions pour les départs de cars », Ouest-France, 23 janvier 2014, Finistère. À consulter ici : http://www.ouest-france.fr/departs-de-cars-pour-la-manif-pour-tous-1880065.> []
  30. Laurent Obertone, La France Orange Mécanique, Ring, 2013. La France Orange Mécanique est un ouvrage d’extrême droite vanté par Marine Le Pen. On trouvera plus d’information sur son auteur à cette adresse : https://larmurerie.wordpress.com/2013/03/07/la-france-orange-mecaniquele-vrai-parcours-de-laurent-obertone/ []
  31. Appel dont on trouve encore une trace à cette adresse : http://lvci.hautetfort.com/archive/2012/10/12/pace-35-mercredi-7-novembre-a-l-appel-de-jeune-bretagne-expu.html []
  32. Collectif Antifasciste Rennais, « Dossier Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire. Fusions, arnaques et traïtrises à la chaïne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne », 20 mars 2013. À consulter ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2012/05/dossierles-identitaires-aux-legislatives-de-juin-2012-en-bretagne/ []
  33. Voir à ce sujet : Ronan Le Gall, « Présidence d’Adsav! le parti du peuple breton », 9 février 2010. À lire à cette adresse : http://blog.adsav.org/969/presidence-adsav-parti-peuple-breton/ []
  34. « Rennes : Adsav manifeste pour déloger les squatteurs de la maison de Maryvonne », Ouest France, 1er mai 2015. À voir ici : http://www.ouestfrance.fr/une-manifestation-pour-deloger-les-squatteurs-de-chez-maryvonne-3372162 []
  35. Louise Auvitu, « Défense d’entrer. Nous occupons cette maison » : à 83 ans, on m’a chassée de chez moi », L’Obs, 30 avril 2015. À consulter ici : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1362214-defense-d-entrer-nous-occupons-cette-maison-a-83-ans-on-m-a-chassee-de-chez-moi.html []
  36. Un exemple parmi d’autres, qui a le mérite de l’actualité : « Expulsion d’un squatt rue Gérard (13ème) », Paris-luttes, le 21 avril 2015. À lire ici : https://paris-luttes.info/expulsion-d-un-squatt-rue-gerard-3127 []
  37. Voir par exemple Squat.net, « Rennes : La Grivèlerie est de retour », 7 juin 2010. Sur l’expulsion de leur ancien lieu 47 rue de Paris par le GIPN/RAID en urgence deux semaines après l’ouverture. []
  38. « Lille: une figure de l’extrême droite soupçonnée d’avoir fourni des armes à Coulibaly », Francetv info, le 3 mai 2015. En ligne ici : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/lille-une-figure-de-l-extreme-droite-soupconnee-d-avoir-fourni-des-armes-a-coulibaly_893505.html []


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