Secher, Zemmour et la comtesse

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Secher, Zemmour et la comtesse - Balade à particule en Bretagne raciste

La lecture récente de Ouest-France nous a informé de la venue d’Eric Zemmour à Châteaugiron, invité par l’association Mémoire du Futur de l’Europe à présenter son dernier livre – un brûlot anti-Hollande. Fidèle à sa tradition de naïve neutralité, le quotidien relaie sans sourciller l’information, sans s’intéresser le moins du monde aux « qui fait quoi ? qui dit quoi ? d’où cela sort-il ? ». Parmi les dernières initiatives de l’extrême droite locale, on peut pourtant affirmer que celles organisées par Mémoire du Futur de l’Europe comptent parmi les plus fréquentées, et ce sur toute la région rennaise. Les salles sont combles à chaque fois que viennent les têtes de gondole du milieu. De Nantes à Rennes, l’association joue la carte de l’intellectualisme et des points de vues « non-conformes » sur l’Histoire. Ce milieu pantouflard recycle idéologies et manipulations qui pour la plupart n’auraient jamais eu droit de cité il y a 15 ans à peine, tant leur vernis craque facilement pour révéler l’extrême droite la plus réactionnaire. Mais les temps changent puisqu’on vit à l’heure de la diffusion à grande échelle des fantasmes de la droite dure, qui se répandent des commentaires de Youtube jusqu’aux grands médias publics nationaux, en surfant sur la vague de « l’anti-système ». Il nous paraît aujourd’hui important d’aller jeter un œil sur la nature précise de ce milieu intello de droite, et d’essayer de comprendre les leviers de cette normalisation.
En première partie, nous reviendrons sur les organisateurs de la conférence de Zemmour à Châteaugiron. En seconde partie nous donnerons un apercu d’un joli panier de crabes niché au coeur de la « Bretagne Romantique », illustrant à merveille de quelle façon droite et extrême droite parviennent à trouver un parfait terrain d’entente entre petits fours, poésie et théories moyen-âgeuses.
Nota bene : toutes les informations contenues dans ce dossier sont publiques et généralement encore accessibles sur la toile pour qui veut s’en donner la peine – nous donnons systématiquement les liens à cet effet.

1. Mémoire du Futur de l'Europe et Reynald Secher

L’association Mémoire du Futur de l’Europe est fondée et tenue par Reynald Secher, 61 ans. Ce dernier s’est fait un nom dans les années 80, en se plaçant à la pointe des questions relatives à ce qu’il nomme le « génocide vendéen ». Peu de temps avant les fêtes de commémoration du bicentenaire de la Révolution, il était parvenu à déclencher de jolies polémiques, amorçant avec d’autres un mouvement anti-révolutionnaire qui allait trouver de nouveau biais de diffusion, mettant en avant les massacres et exactions des « Bleus ».

La grande salle municipale du Zéphyr, gérée par Citédia, où Zemmour est intervenu le 1er décembre 2016.

La grande salle municipale du Zéphyr, gérée par Citédia, où Zemmour est intervenu le 1er décembre 2016.

Le thème vendéen est bien connu, il a entre autre été porté sur le devant de la scène par Philippe de Villiers et son parc du Puy-du-Fou. Vieille marotte des catholiques intégristes et des royalistes, les thèses sur un génocide vendéen visent entre autres choses à dégommer la Révolution Française, en tapant plus spécifiquement sur le Diable Robespierre, les Montagnards, la Terreur… Le débat peut sembler un peu loin de l’agitation actuelle, mais il recoupe de multiples façons un très large panel des préoccupations essentialistes de l’extrême droite, qui pèle-mêle voit dans la Révolution un coup des Juifs, des Francs-Maçons, l’agression ultime contre le droit divin, la fin du catholicisme, l’origine de la mondialisation destructrice, etc. L’opposition à la Révolution et à son héritage traverse les différentes extrêmes droites qui voudraient bien en finir avec « la Gueuse ».1

À gauche, Reynald Secher, fondateur de Mémoire du Futur de l'Europe et scénariste entre autre de l'Histoire de la Bretagne en bande dessinée. À droite, publicité pour la conférence d'Éric Zemmour à Châteaugiron.

À gauche, Reynald Secher, fondateur de Mémoire du Futur de l’Europe et scénariste entre autre de l’Histoire de la Bretagne en bande dessinée. À droite, publicité pour la conférence d’Éric Zemmour à Châteaugiron.

Secher tient également une maison d’édition.2 On y trouve des « packs Vendée », où pour 50 euros vous recevrez le dernier livre de de Villiers (où il révèle l’existence d’un complot, nouvel « Édit de Nantes » visant à une partition de la France à l’avantage des musulmans, qui remplacent ainsi les protestants de jadis)3 , une ou deux bandes dessinées traitant du « génocide vendéen » et un petit CD de Jean Pax Méfret. Chanteur plus à droite que Sardou et Renaud, passionné de l’Algérie Française, des militaires et de l’empire colonial, son tube se nomme tout de même « Dien Bien Phu ». La carrière de Méfret ne se limite pas à la chansonnette, puisqu’il a été journaliste au mensuel des rapatriés d’Algérie France-Horizon, membre de la rédaction de Minute pendant quatre ans, travaillé à l’Aurore et au Figaro. Il a également commis un certain nombre d’ouvrages axés eux aussi sur son obsession de défense et préservation de l’empire français.

Le « Livre du mois » que vous recommande Secher sur son site, s’appelle La Guerre Civile qui vient d’Ivan Rioufol.4 Le thème, c’est le Grand Remplacement, c’est-à-dire les réfugiés musulmans qui viennent pour diriger la France et le Monde.

Le site de Reynald Secher Éditions et ses promotions spéciales Vendée.

Le site de Reynald Secher Éditions et ses promotions spéciales Vendée.

Reynald Secher Éditions produit un tas de bandes dessinées à prétentions pédagogiques, expliquant l’Histoire de France aux enfants.5 On les trouve en vente sur internet bien entendu, mais également dans des reseaux beaucoup plus larges de diffusion. Jettez donc un œil à l’occasion sur les étals de bouquins dans les stations-services…

Dans les bandes dessinées de Reynald Secher, la collaboration ne commence qu'en 1942. Quant aux déportations de Juifs, elles ne valent pas la peine d'être mentionnées.

Dans les bandes dessinées de Reynald Secher, la collaboration ne commence qu’en 1942. Quant aux déportations de Juifs, elles ne valent pas la peine d’être mentionnées.

La page Facebook de l’association Mémoire du Futur de l’Europe diffuse de la propagande anti-IVG modernisée, comme ce film qui nous explique en full HD le bonheur d’être handicapé et/ou d’élever un enfant handicapé.6 Si le respect de toutes et tous est un principe que le Collectif Antifasciste Rennais partage tout à fait, le message n’a bien évidemment pas le même sens selon qu’il provient d’organisations porteuses de principes politiques de gauche, ou bien comme c’est le cas de la Fondation Lejeune qui a réalisée cette vidéo, d’une façade de l’Opus Dei qui fait de la lutte contre l’IVG l’un de ses axes majeurs…

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Mémoire du Futur de l’Europe relaie la propagande anti-IVG moderne de l’Opus Dei.

 

Ci-dessus et ci-contre, la Fondation Lejeune dans l'autre volet de sa propagande anti-IVG, déjà bien plus conforme aux canons du genre.

Ci-dessus et ci-dessous, la Fondation Lejeune dans l’autre volet de sa propagande anti-IVG, déjà bien plus conforme aux canons du genre.

 

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On retrouve également Reynald Secher interviewé par l’Action Française (les maurrassiens royalistes)7, et évidemment relayé par l’incontournable Yann Valerie, de Breizh Info.8

Secher est omniprésent dans la sphère de l’extrême droite. Il est encore collaborateur à La Nouvelle Revue d’Histoire, parfaitement bien distribuée chez les marchands de journaux. Cette revue est l’émanation directe d’anciens du Groupement de recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne, cercle restreint de réflexion métapolitique très actif dans les années 70 et 80, qui verse pour le coup sans complexe vers le fascisme et le national-socialisme.9 Et c’est sans trop de surprise qu’on apprend que Mémoire du Futur de l’Europe a invité par le passé Bernard Lugan à faire une conférence sur l’Afrique. Lugan, lui même « historien africaniste », membre de l’équipe de La Nouvelle Revue d’Histoire, monarchiste, très à l’aise avec sa version du colonialisme qui aurait eu « un faible impact », « expert » appelé par la défense de trois génocidaires Rwandais en 2003 durant leur procès au Tribunal Pénal International… Les trois abominables ont été assez logiquement condamnés à la prison à vie pour génocide.10 La conférence s’est tenue dans la salle du centre commercial des Longs Champs à Rennes, le 28 avril 2015.

Deux exemples de couvertures de la Nouvelle Revue d'Histoire permettant de mieux cerner les thèses qui y sont rabachées.

Deux exemples de couvertures de la Nouvelle Revue d’Histoire permettant de mieux cerner les thèses qui y sont rabachées.

 

Bernard Lugan, défenseur de criminels de guerre et nostalgique de la colonisation.

Bernard Lugan, défenseur de criminels de guerre et nostalgique de la colonisation.

Dans la très grande majorité des cas en effet, les conférences organisées par l’association sur Rennes se sont déroulées dans les salles mises à disposition par le centre commercial des Longs Champs. Au fil des années, on ne peut que s’étonner de l’absence de questionnements chez les commerçants du coin : peut-être toute entrée financière est-elle également valable pour les gérants des diverses enseignes du centre ? Nous pouvons parier que ses client·e·s ne seront pas tous·tes du même avis. D’autant que les conférences ne se contentent pas de promouvoir des discours d’extrême droite. À chaque fois, des dizaines de membres des groupuscules les plus radicaux s’y rendent, individu·e·s qui présentent des risques en terme de confrontation physique. Ce n’est pas compliqué : prenez tous les dossiers du Collectif Antifasciste Rennais, faites un inventaire des profils les plus dangereux que nous avons évoqués et vous pouvez être certain·e·s de les y trouver – accompagnés de toutes celles et tous ceux que nous n’avons jamais cités parce que cela n’avait pas d’intérêt à nos yeux.

Voilà donc en quelques traits un peu plus de précisions sur l’hôte de Zemmour, lors de la conférence de Châteaugiron. Il est donc pathétique de constater que la presse régionale se fait le relai permanent de tout ce qui sort de la bouche d’un Secher, sans jamais se poser la question pourtant essentielle de savoir d’où sort ce personnage – il est vrai que Ouest-France est le tout premier à publier en feuilleton l’Histoire de la Bretagne en bande dessinée, réalisée par Reynald Secher et son compère René Le Honzec au dessin, qui travailla cinq ans à Minute sous le pseudonyme de Torr’ Pen…

2. Les lauréats du prix Combourg

L’an passé, on apprenait la remise d’un prix littéraire à 30 kilomètres au nord de Rennes dans la commune de Combourg. Décerné – tiens ! surprise ! – à Éric Zemmour pour son livre Le suicide français. Ce prix avait suscité la réaction indignée de quelques habitant·e·s, et même celle de l’élu PS du département censé venir faire acte de présence durant la cérémonie. Ce dernier avait alors envisagé de retirer la subvention à l’événement avant de changer d’avis (600 euros étaient en jeu, soit un RSA-et-demi). Une petite manifestation avait eu lieu devant la médiathèque publique où était organisée la sauterie. Terrifié par la population, Zemmour avait alors fuit les hordes manifestantes – au demeurant parfaitement pacifiques.11 On retrouvait sans étonnement au service d’ordre de l’événement des membres de l’Action Française et de l’Action Royaliste de Rennes.12

Ce prix littéraire, créé en 1998 par madame la comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause « […] est décerné chaque année à un écrivain dont le style honore la mémoire et l’œuvre de Chateaubriand qui passa au château de Combourg (Ille-et-Vilaine) une partie de sa jeunesse. »13 Nous reviendrons sur les fondateurs du Prix Combourg plus bas, mais en attendant la liste des lauréats vaut le coup d’œil. Sur le site du château, une citation de François-René de Châteaubriand témoigne de son attachement à la liberté de la presse, donc tout va bien…

Christophe Barbier et Reynald Secher lors de la remise du prix 2012. Ci-contre Alain Finkielkraut, lauréat 2014.

À gauche, Christophe Barbier et Reynald Secher lors de la remise du prix 2012. À droite Alain Finkielkraut, lauréat 2014.

2016 : François Sureau, fervent catholique, écrit régulièrement dans La Croix, comme par exemple en juin dernier où il s’en prend notamment aux « […] agités de la CGT où de l’extrême gauche qui, si leurs doctrines l’avaient emporté naguère, eussent diffusé les pensées de Mao à coups d’envois au Laogai ou écrit des articles délateurs dans L’Étoile rouge de Charleville. »14

2015 : Eric Zemmour, que tout le monde connait (nous avions consacré un petit dossier au personnage).15

2014 : Alain Finkelkraut, l’illustre philosophe issu du mouvement de 68, aujourd’hui adulé par l’extrême droite pour ces positions « antimulticulturalistes », son obsession du voile et sa propension à hurler dès qu’un micro passe à sa portée.16

2013 : Jean-Marie Rouart, pour un livre sur Napoléon. Académicien de droite décomplexé, très choqué par le fait que les riches paient des impôts, il s’exclamait le 29 juin 2013, dans l’émission « Ce soir ou Jamais » : « en appauvrissant les riches, vous n’enrichirez pas les pauvres ».17

Ci-dessous et de gauche à droite : Jean-Marie Rouart et Christophe Barbier respectivement lauréats 2013 et 2011.

De gauche à droite : Jean-Marie Rouart et Christophe Barbier respectivement lauréats 2013 et 2011.

2012 : Ah tiens, Reynald Secher !

2011 : Christophe Barbier, ancien directeur de rédaction de l’Express, auteur de divers ouvrages sur Mitterand, présent très régulièrement à la télé, notamment sur LCI où il prône le serrage de ceinture – des pauvres – et la diminution d’impôt – des riches. On le reconnait à son air niais et satisfait, qu’il arborera en 2012 en remettant son prix à Reynald Secher, selon la politique de la maison qui veut que le lauréat précédent remette le prix à son successeur.

De gauche à droite, le comte Guy de la Tour du Pin Verclause animateur du prix, Philippe de Saint Robert co-fondateur du prix, Jean-Marie Rouart et Alain Finkielkraut lauréats, Summer de la Tour du Pin Verclause épouse du comte, Hervé Louboutin et la comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause co-fondateurs du prix.

De gauche à droite, le comte Guy de la Tour du Pin Verclause animateur du prix, Philippe de Saint Robert co-fondateur du prix, Jean-Marie Rouart et Alain Finkielkraut lauréats, Summer de la Tour du Pin Verclause épouse du comte, Hervé Louboutin et la comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause co-fondateurs du prix.

2009 : Michel David-Weill, célèbre banquier de New-York décédé la même année, est l’héritier du co-fondateur de la banque Lazard et en a très longtemps été à la tête. Surnommé « le dernier Empereur de Wall Street » il fait de la banque Lazard la première banque française et l’une des plus importante au niveau mondial dans le domaine des fusions-acquisitions. C’est de Lazard qu’émergera par exemple un Jean-Marie Messier lorsqu’il prendra les commandes de la Générale des Eaux. On parle-là de gros poids-lourds de la finance, les « super riches ».18

2005 : Jean-Christian Petitfils, collaborateur au Figaro, biographe de Louis XIV et Louis XVI, passionné de Jésus. Là encore, un personnage spécialisé dans les fusions-acquisitions, cette fois au sein de la banque Indosuez.19 Assez ironiquement, Petitfils est l’auteur du Que sais-je ? consacré à l’extrême droite en France.20 Gageons qu’il sait de quoi il parle !

À gauche, le super-riche « dernier Empereur de Wall Street » Michel David-Weill, lauréat 2009. À droite, Jean-Christian Petitfils spécialiste en fusions-acquisitions et biographe de Louis XVI lauréat 2005.

À gauche, le super-riche « dernier Empereur de Wall Street » Michel David-Weill, lauréat 2009. À droite, Jean-Christian Petitfils spécialiste en fusions-acquisitions et biographe de Louis XVI lauréat 2005.

2004 : Marc Fumaroli, connu pour sa détestation de l’art contemporain, sa haine de Jack Lang et d’André Malraux. Il a récemment refait vaguement parler de lui en publiant une tribune dans le Figaro, au long de laquelle il déplorait la « politique égalitariste » promue par Najat Vallaud-Belkacem dans sa réforme de l’enseignement du latin.21

Marc Fumaroli lauréat 2004.

Marc Fumaroli lauréat 2004.

2003 : Régis Debray. Voilà, c’est sans doute la pièce originale du tableau. Peut-être la « caution de gauche », puisqu’il y a encore peu il soutenait activement Mélenchon. Il fut récompensé pour son livre Dieu : un itinéraire, qui s’inscrit dans la ligne de son travail autour de la transcendance. En 2003, Debray n’avait pas encore écrit son Éloge des frontières22 et ne se définissait pas encore comme un « gaulliste de gauche », dans le droit fil de la réthorique ni-droite-ni-gauche si souvent rabachée par l’extrême droite.23 Il avait en revanche déjà quelques atouts susceptibles d’attirer la sympathie du Prix Combourg, comme son soutien à la candidature souverainiste de Chevènement à la présidentielle…

Le lauréat 2000 Gérard Leclerc, royaliste et maurassien, à droite Régis Debray lauréat 2003.

Le lauréat 2000 Gérard Leclerc, royaliste et maurassien, à droite Régis Debray lauréat 2003.

2001 : Jean D’Ormesson, « star » du Figaro où il fut longtemps éditorialiste. Personne ne l’évoquera mieux que Jean Ferrat, qui lui avait consacré une chanson : « Ah monsieur d’Ormesson / Vous osez déclarer / Qu’un air de liberté / Flottait sur Saïgon / Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh / Après trente ans de feu de souffrance et de larmes / Des millions d’hectares de terre défoliés / Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam / Quand le canon se tait vous vous continuez ».24 N’oublions pas que là aussi nous parlons de gens très fortunés : d’Ormesson et sa femme auraient planqué au fisc pas moins de 16 millions d’euros sur un compte en Suisse. Suite à un vice de procédure, toutes les investigations seront abandonnées.25

Jean Raspail, auteur du Camp des Saints, livre de chevet de l'extrême droite. Un petit extrait ? « Et il tira. Ainsi disparut, un trou sanglant entre les deux yeux, l’une des cent têtes de l’animal, laquelle repoussa aussitôt sous la forme d’un visage noir carré, aux mâchoires puissantes, dont le regard portait la haine. »

Jean Raspail, auteur du Camp des Saints, livre de chevet de l’extrême droite. Un petit extrait ? « Et il tira. Ainsi disparut, un trou sanglant entre les deux yeux, l’une des cent têtes de l’animal, laquelle repoussa aussitôt sous la forme d’un visage noir carré, aux mâchoires puissantes, dont le regard portait la haine. »

2008 : Jean Raspail, « pour l’ensemble de son oeuvre ». Catholique royaliste, l’ensemble de son oeuvre inclut entre autres choses le Camp des saints, roman où l’apocalypse s’incarne sous les traits de milliers de réfugiés qui déferlent un jour sur la France… Le livre fait référence à l’extrême droite, ce qui est totalement assumé par Raspail. Voici comment le site identitaire breton Breizh Info évoquait Jean Raspail au lendemain de la remise du Prix à Zemmour en 2015 : « Difficile en effet d’être plus « sulfureux » que l’auteur du Camp des saints, ce roman prémonitoire qui décrivait l’invasion migratoire de notre pays par des hordes pacifiques venues du Tiers-monde. « Nauséabond », assurément. »26 Voilà ce qui constitue une forme d’Appellation d’Origine Contrôlée chez les identitaires.

Le Camp des Saints, c'est aussi une référence pour Marine Le Pen,28 comme on peut le voir en haut à gauche de cette capture d'écran.

Le Camp des Saints, c’est aussi une référence pour Marine Le Pen,27 comme on peut le voir en haut à gauche de cette capture d’écran.

2000 : Gérard Leclerc, royaliste, catholique proche de Lustiger, militant Maurrassien à l’Action Française dans les années 70, collaborateur au Figaro, au bimensuel Royaliste depuis 1971.

1999 : Philippe Barthelet, collaborateur à Valeurs Actuelles – un autre journal acquis aux thèses de l’extrême droite sous l’impulsion des sectateurs de la Nouvelle Droite et du GRECE qui y nichent, tels que François d’Orcival.28

1998 : Philippe de Saint Robert, gaulliste d’origine. On le retrouve dans les années 80 animant des émissions sur Radio Courtoisie – LA radio de l’extrême droite, basée à Paris – tout en virevoltant dans un tas de journaux de droite. Il n’est pas que lauréat et jury du Prix Combourg, il a aussi sa place dans celui du Prix Palestine – Mahmoud Hamchari, censé récompenser des auteurs amis des Palestiniens. Si le prix a été décerné à des auteurs et autrices divers·e·s, on note la présence de certains noms qui font tiquer. Le prix a par exemple récompensé les authentiques antisémites Marion Sigaut (même si l’honnêteté intellectuelle nous impose de préciser que cela s’est produit avant qu’elle ne soit proche d’Égalité et Réconciliation et ne publie chez Kontre-Kulture, la maison d’édition d’Alain Soral), ou Alain Menargue, un journaliste viré en 2004 de RFI pour avoir tenu des propos antisémites sur Radio Courtoisie.29 Il est pour le moins rageant de retrouver dans le jury au fil des années des journalistes de l’Humanité, de Médiapart ou du Monde Diplomatique au côté de Philippe de Saint Robert. Comme si les palestiniens avaient besoin de ça !

À partir de combien d’écrivains d’extrême droite considère-t-on qu’on est dans une assemblée politique, et non pas dans un « hommage à la mémoire de « l’enchanteur » » ? Ouest-France n’a pas la réponse, le Télégramme non plus apparemment. Le maire Les Républicains de Combourg se félicite de son côté d’accueillir le prix, bref tout va bien.

Le château de Combourg, propriété de la comtesse de la Tour du Pin Verclause.

Le château de Combourg, propriété de la comtesse de la Tour du Pin Verclause.

3. Les animateurs du prix Combourg

Après ce panel non-exaustif des lauréats, il est temps de se pencher sur les fondateurs et animateurs du Prix Combourg. Car si l’exotisme des patronymes peut prêter à sourire dans les rangs populaires, il n’en demeure pas moins que nous avons là affaire à de vrais ennemis de classe, ayant les moyens de leurs ambitions politiques. La comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause, propriétaire du château, a co-fondé le Prix Combourg avec deux autres individus, messieurs Hervé Louboutin et Philippe Jeanmet, dit « de Saint Robert ». Sur la comtesse, nous ne savons a peu près rien en vérité. La noblesse a ses privilèges et la discrétion en fait généralement partie.

Nous avons déjà évoqué plus haut le cas de Saint Robert, qui est également lauréat du Prix Combourg. Nous ne nous étalerons donc pas vraiment sur l’individu dans ce chapitre. Précisons seulement qu’il a lui aussi écrit pour Valeurs Actuelles et le Figaro, et que lui aussi serait un « gaulliste de gauche ». Décidément ! Paul-Marie Coûteaux a été son directeur de cabinet lorsqu’il était commissaire général de la langue française de 1984 à 1987. Paul-Marie Coûteaux c’est le fondateur du SIEL, un des mouvements périphériques au FN, conçu pour lui porter assistance durant les dernières présidentielles

De 1995 à 2011, Saint Robert a présenté une émission régulière sur Radio Courtoisie, reprise ensuite par… Paul-Marie Coûteaux.

Tout à droite, Philippe de Saint Robert au colloque de l'Action Française, accompagné en partant de la gauche de Siwar Al-Assad, cousin germain de Bachar Al Assad « [confiant] dans une solution syro-syrienne à la guerre civile actuelle qui est alimentée de l’étranger », Elie Hatem (comité directeur de l’Action Française) et enfin son altesse sérénissime le prince Sixte Henri de Bourbon-Parme (prétendant au trône d'Espagne pour celleux qui suivraient pas).

Tout à droite, Philippe de Saint Robert au colloque de l’Action Française, accompagné en partant de la gauche de Siwar Al-Assad, cousin germain de Bachar Al Assad « [confiant] dans une solution syro-syrienne à la guerre civile actuelle qui est alimentée de l’étranger », Elie Hatem (comité directeur de l’Action Française) et enfin son altesse sérénissime le prince Sixte Henri de Bourbon-Parme (prétendant au trône d’Espagne pour celleux qui suivraient pas).

Hervé Louboutin quant à lui est co-fondateur avec Philippe de Villiers dont il est un ami, du parc du Puy-du-Fou. Il est le patron et fondateur du mensuel Nouvel Ouest et président de la Fédération de la Presse Magazine Régionale. Il a fondé son propre journal suite à son éviction de Presse-Océan où il était rédacteur en chef adjoint. La raison est truculente : « il était interdit d’écriture depuis la publication, le 24 janvier 1997, d’un éditorial consacré à Maurice Papon. Dans un quotidien fondé à la Libération et toujours sous-titré « La Résistance de l’Ouest », il avait plaidé l’indulgence pour Papon parce que le haut fonctionnaire avait été « obligé » d’appliquer la politique de l’occupant allemand. »30 Papon c’est ce délicieux personnage qui a été condamné pour complicité de crime contre l’Humanité pour avoir déporté 1600 Juifs, mais c’est aussi le préfet responsable du massacre de plusieurs centaines de manifestant·e·s algérien·ne·s le 17 octobre 1961 en plein Paris, et des morts du métro Charonne le 8 février suivant.

Tout aussi intéressant : l’origine du financement pour monter le Nouvel Ouest. En effet, les capitaux ont été fournis par l’Institut de Locarn. L’Institut de Locarn, Cultures et Stratégies internationales est fondé en 1991 par Jean-Pierre Le Roch, fondateur des Mousquetaires et Joseph Le Bihan. Souvent décrit comme un professeur de géostratégie à l’école HEC, il est surtout un ancien des services de renseignement de l’État français. L’institut, financé en partie par des capitaux publics, a été inauguré par l’Archiduc Otto de Habsbourg, membre de l’Opus Dei et par l’ancien président du Conseil Régional de Bretagne, Yvon Bourges. On y trouve réunie toute la fine fleur du MEDEF breton.31

Si le financement de Louboutin par l’institut est intéressant, c’est que ce dernier a également soutenu financièrement Reynald Secher pour sortir son Histoire de la Bretagne en bande dessinée. Le chat se mord la queue.32

À gauche, Hervé Louboutin viré de Presse-Océan pour avoir plaidé la cause de Maurice Papon. À droite, la comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause dans l'émission « Zone Paranormale » sur TMC.

À gauche, Hervé Louboutin viré de Presse-Océan pour avoir plaidé la cause de Maurice Papon. À droite, la comtesse Sonia de la Tour du Pin Verclause dans l’émission « Zone Paranormale » sur TMC.

Le fils de la comtesse de la Tour du Pin Verclause, le comte Guy de la Tour du Pin Verclause, est devenu un des rouages essentiels du prix ces dernières années. Co-gérant avec sa mère de la SCI Gersy à Neuilly-sur-Seine et gérant de l’entreprise Jean-Baptiste de Châteaubriand à Combourg33 , on est beaucoup plus intéressés pour notre part par son statut d’associé et de vice-président au sein d’Access International Advisors, une société de conseil et un fonds d’investissement spécialisé dans les placements à risque, dont l’activité a cessé en 2009.34 Access a été co-fondée par Patrick Littaye et René-Thierry Magon de la Villehuchet, l’ancien PDG de la Crédit Lyonnais Securities Inc. Cette société, déjà, se focalisait sur les fusions-acquisitions, transactions financières, conseils divers en matière de finance, et autres manipulations boursières de haut vol. L’argent géré par Access, appartient entre autre à des personnalités bien connues telles que Philippe Junot (le premier mari de la princesse Caroline de Monaco), le prince Michel de Yougoslavie, Hugues de la Rochefoucault ou encore Liliane Bettencourt. Bien sûr, tout ce pognon transite par le Luxembourg. Luxalpha, la sicav de la société administrée par Patrick Littaye pour le compte d’Access Management Luxembourg, a placé 95% de ses actifs chez UBS. Et UBS… c’est Bernard Madoff !35

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Mais si Madoff, rappelez-vous : ancien président du Nasdaq, la bourse des valeurs technologiques, il plaçait depuis des années l’argent de ses clients (à leur demande bien entendu) dans des fonds d’investissement à risque. Les bénéfices sur ces placements peuvent être extravagants, à condition bien sûr qu’ils ne disparaissent pas dans la nature, le principe même du système étant qu’on parie sur des « assets » complètement moisis.

Madoff a rapporté pendant pas mal de temps de l’argent à ses clients non pas parce qu’il plaçait intelligemment les capitaux (sans surprise les placements à risques perdaient de l’argent à plein régime depuis le début), mais parce qu’il payait ses anciens clients avec l’argent des nouveaux. Les clients étaient contents parce qu’ils faisaient beaucoup d’argent de façon constante, prouesse qui attirait de nouveaux clients, dont les apports en capitaux permettaient de maintenir le système à flot.

L’escroquerie des escrocs, en somme, car il ne faut pas oublier que les clients de Madoff (et par ricochet les clients d’Access) n’ont jamais gagné cet argent en bossant en interim, ni en produisant quoi que ce soit : on parle bien de spéculation pure et simple, de l’argent créé à partir de rien du tout – même s’il est clair que l’origine de ces capitaux réside bien dans l’exploitation que nous vivons au quotidien et que nos ancètres ont subis durant des siècles. Enfin, peut-être pas tant une arnaque que ça puisque personne n’ignorait que ces placements étaient manifestement douteux. Simplement tant que la machine tournait et que l’argent rentrait, peu importait sa provenance. Dans ce genre de numéro de fil-de-feriste, personne ne cherche à traverser tout le chapiteau de cirque, juste à enfiler à temps son harnais de sécurité et récupérer sa mise avant l’effondrement général.

En 2008 survient la crise financière, directement générée par le même genre de requins capitalistes. Tout s’effondre et les clients de Madoff veulent récupérer leur argent, mais voilà : il n’existe pas puisque Madoff payait les anciens avec l’argent des nouveaux ! Et ce sont 50 milliards de dollars qui partent en fumée. Las, ce n’est pas parce que cet argent est généré à partir du vide qu’il n’a pas d’influence sur notre vie.

Access est la société qui a apporté le plus de clients à Madoff en provenance d’Europe. Elle a perdu dans cette affaire au moins 1,4 milliards de dollars. Son fondateur René-Thierry Magon de la Villehuchet se suicide, ne pouvant faire face au scandale. Patrick Littaye est inquiété par la justice concernant son rôle dans l’affaire Madoff – volet européen. Access est liquidée en 2009.36 Quant à Guy de la Tour du Pin Verclause, on ne sait trop ce qu’il fait depuis la fin de cette gabegie, hormis remettre des prix littéraires à tous les réactionnaires, capitalistes et membres de l’extrême droite qui croisent sa route. Une chose est sûre, en voilà un qui ne pointe pas à Pôle Emploi, à la différence de toutes celles et ceux d’entre nous qui se retrouvent victimes par ricochet de leurs aventures capitalistes. C’est bon de pouvoir compter sur la famille !

Car en définitive, c’est nous qui sommes les victimes de ce petit jeu, et pas seulement en France : ce sont littéralement des milliards d’individu·e·s qui ont été impacté·e·s sur toute la planète. Car pour fictif qu’il soit, les classes supérieures veulent récupérer l’argent qui a disparu. Comme il n’existe pas elles viennent le chercher là où elles le peuvent, c’est-à-dire dans nos poches. Les politiques austéritaires auxquelles nous sommes sommés de nous plier, les durcissements policiers, la généralisation de la surveillance des individu·e·s, la casse des codes du travail de part le monde,  ou encore l’accélération de la destruction des services publics sont les conséquences directes de cette reprise en main par les capitalistes et de leur volonté de nous museler.

Pour conclure, faisons un rapide entrechat dans le jury du Prix Combourg. Rassurez-vous, nous n’avons ni le temps ni l’envie de plonger plus avant dans ce cloaque, vous pourrez vous-même poursuivre utilement ce travail en explorant la liste de ses membres.37 Malgré tout, nous allons tout de même en piocher une pincée pour finir d’assaisonner cette soupe à la grimace. En fouillant dans le chapeau magique, nous sortons le nom de Ghislain de Diesbach de Belleroche. Et vous savez quoi ? On parie que vous ne serez pas surpris·e·s d’apprendre qu’il a été vice-président de l’Association des amis de Rivarol.

Ghislain de Diesbach de Belleroche avant son fameux récital de machine à écrire des horreurs.

Ghislain de Diesbach de Belleroche avant son fameux récital de machine à écrire des horreurs.

4. Que retirer de tout cela ?

En premier lieu, que tout cet agrégat d’intellectuels de droite s’accommode sans soucis des théories poussiéreuses de l’extrême droite. Cela peut paraitre banal à affirmer, mais cette affirmation ne prends jamais autant de poids que grâce à des exemples aussi édifiants. Des « républicains » côtoient sans mal des royalistes, cul-bénis et antisémites notoires, lorsque leurs retrouvailles se parent d’un prétexte culturel. Tous ces gens se retrouvent alors autour du Grand Remplacement, de la trouille de « l’envahisseur ». Les dénominateurs communs sont au final peu nombreux, mais semble-t-il terriblement efficaces pour fonder un terrain de rencontre neutre. La mise-en-scène est ici essentielle, elle vise à rendre intello-donc-acceptable un marasme de concepts qui prend source dans ce que l’histoire comporte de plus bigot et caricatural. En vérité, la médiocrité des propos tenus par ces « intellectuels » aurait parfaitement sa place dans la bouche du premier skinhead aviné croisé au café du coin. Tout l’art de cet étrange travestissement rhétorique consiste à enrober le tout dans des costards, des noms à particules, et surtout de beaucoup beaucoup d’argent. Partage des tâches : quand les partis et/ou groupuscules gèrent la com’ suivant l’héritage direct des think tanks d’extrême droite des années 70 (comme le Club de l’Horloge ou le GRECE), les intellos expérimentent les mises en scène des fantasmes de l’extrême droite en écrivant des bouquins. En somme, pour l’extrême droite des années 2010, le FN sert à gagner des élections, les bandes de rue à faire le spectacle, les intellos à faire vivre le « socle commun », et la droite classique à assurer la promotion de ces derniers.

On constatera qu’il est ensuite bien pratique d’accuser la base populaire d’être à l’origine de la montée électorale du FN sur des critères essentiellement sociaux ! Il est beaucoup plus pénible de dresser le réel constat que des intellectuels ont trouvé le moyen parfait d’unir tous les réactionnaires autour d’exercices de style littéraires, de mises en forme éducatives, de matraquages médiatiques.

Ces gens-là ont plein d’argent, ils sont sortis des caves de leurs châteaux pour déballer leur haine de classe, leur sexisme et leur racisme dans les bâtiments publics en se faisant passer pour des amis des belles lettres. Lorsqu’on parle de « normalisation », on devrait plutôt évoquer une occupation de l’espace intellectuel collectif. Les « normes » sont des concepts sans cesse mis au point par ces mêmes cerveaux gavés de domination.38 Ce qui fait se croiser la droite et toutes les tendances d’extrême droite, ce sont des théories pathétiques directement issues du moyen-âge, et portées par la classe la plus bourgeoise qui soit. Le cas Reynald Secher et celui du Prix Combourg l’illustrent parfaitement.

Pour finir soyons clairs, le problème n’est même pas que de vieux nobles avachis dans leur consanguinité et leurs délires revanchards s’amusent entre eux à se faire peur ou à jouer aux chevaliers. Le problème est l’emprise qu’exercent ces réseaux sur la sphère publique. Que l’extrême droite travestisse lourdement sa réflexion politique en délire « culturel » caché derrière la « liberté d’expression » est une chose. Qu’elle ait accès à des équipements publics, des subventions, des relais médiatiques en est une toute autre. Ces gens ont compris comment exprimer leurs opinions de façon à contourner toute attaque frontale. Mais ils bénéficient également d’une passivité des pouvoirs et médias locaux qui laisse songeur.

Nous concluerons en signalant ici que le 19 décembre 2016, l’association Mémoire du Futur de l’Europe invite Robert Ménard, maire de Béziers habitué des buzz médiatiques les plus provocateurs possibles, pour une conférence au fameux Centre Commercial des Longs Champs de Rennes. Cet étrange mélange de racisme de caniveau, de néons de galerie marchande, de bigoterie, trouvera sans nul doute  un écho auprès de tout ce que la région compte de réactionnaires, d’authentiques fascistes et autres « décomplexés ». Une fois de plus, la « droite » y cotoiera les identitaires, les membres de l’Action Française, les supporters d’extrême droite, des skins, comme cela a été le cas à chaque évenements de l’association en ce lieu.

ils_arrivent

Ci-dessus, de la propagande d’extrême droite produite par la mairie de Béziers dont Robert Ménard est à la tête. Ci-dessous de l’humour rennais d’extrême droite.

menard

  1. Surnom donné à la République dans la célèbre chanson royaliste du même nom, République qu’on veut voir pendue à un révèrbère avec les « Youpins », les « métèques » et les « Francs-maçons ». Les Camelots du Roi avaient popularisé ce chef-d’œuvre impérissable début XXème. []
  2. Reynald Secher Éditions, dont le site est à cette adresse : www.reynald-secher-editions.com []
  3. Libération, « Islam : Philippe de Villiers, vicomte à dormir debout », 20 novembre 2016. À lire ici :http://www.liberation.fr/france/2016/11/20/islam-philippe-de-villiers-vicomte-a-dormir-debout_1529735 []
  4. Yvan Rioufol, éditorialiste au Figaro, nous met en garde livre après livre contre la dégringolade française et nous rappelle l’urgence d’être réactionnaires. Le mieux est encore de citer longuement la quatrième de couverture de l’ouvrage pour saisir de quoi il retourne, car elle se passe de tout commentaire : « Tout doit être fait pour éviter, en France, la guerre civile que l’islam radical aimerait semer pour imposer le califat, ce nouveau communisme. L’erreur serait néanmoins de se soustraire à l’épreuve en s’accommodant de ce nouveau totalitarisme et de ses multiples collaborateurs. Le danger n’est pas le Front national, qui n’est que l’expression de la colère d’un peuple abandonné. C’est le déchaînement d’une idéologie apocalyptique qu’il s’agit de stopper pendant qu’il est encore temps. Cruellement frappée en 2015, la République doit, au préalable, vaincre son défaitisme. La société civile est prête à l’aider dans ce combat civilisationnel. » Yvan Rioufol, La Guerre Civile qui vient, Pierre-Guillaume de Roux, 2016. []
  5. Clarisse Chassigneux, « « Ouest-France » publie une bande dessinée sur l’Histoire de la Bretagne qui occulte la Shoah », Libération, 16 mars 2000. À lire en ligne à cette adresse : http://next.liberation.fr/culture/2000/03/16/grand-angle-ouest-france-publie-une-bande-dessinee-sur-l-histoire-de-la-bretagne-qui-occulte-la-shoa_321084 []
  6. La vidéo, intitulée « Dear Future Mum » est très habilement réalisée. Elle est trouvable à cette adresse :  https://www.youtube.com/watch?v=Ju-q4OnBtNU&feature=youtu.be Sous couvert de lutte contre le validisme (l’oppression des personnes non-valides), elle tient un discours antiavortement. Le message s’adresse en effet non pas à une mère mais à une future mère, suggérant que l’objectif réel de la vidéo est en fait de prévenir une IVG pouvant découler d’une détection précoce – en l’occurence de la trisomie 21. Le CSA a déprogrammé la diffusion de la vidéo sur plusieurs chaines de télévision pour ce motif, ce qui a été confirmé par le Conseil d’État après dépot de recours par la Fondation Lejeune. Cette dernière est très officiellement opposée à l’avortement et diffuse par ailleurs sur son site d’autres vidéos au message bien plus clair, comme par exemple « L’embryon, un être humain ? » ou Henri Bléhaut s’attache à démontrer qu’avorter, c’est supprimer un être humain. []
  7. Pour en savoir plus sur l’Action Française, vous pouvez vous reporter à deux dossiers que nous avons publié. Collectif Antifasciste Rennais, « Haine des juifs et des musulmans : d’un antisémitisme à l’autre (v1) », 2011. En ligne ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2011/06/brochure-du-collectif-haine-des-juifs-et-des-musulmans-dun-antisemitisme-a-lautre/ Collectif Antifasciste Rennais, « L’affaire Maryvonne Thamin : quand les fascistes s’en prennent aux squatters », 2015. En ligne à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-laffaire-maryvonne-thamin-quand-les-fascistes-sen-prennent-aux-squatters/ []
  8. Par exemple Breizh Info, « Luc Ferry reconnaît le génocide vendéen : la réaction de Reynald Secher [exclu] », 20 mai 2015. À consulter ici : http://www.breizh-info.com/2015/05/20/26774/luc-ferry-reconnait-le-genocide-vendeen-reaction-secher []
  9. Pour plus d’information sur le GRECE, vous pouvez vous reporter aux numéros 41 et 44 de la revue de référence Reflexe(s) publiés en 1994. Téléchargez les numéros à cette adresse : http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-41-janvier-1994/ Et à celle-ci : http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-44-hiver-1994/ []
  10. Bernard Lugan intervenait au nom de la défense de trois criminels de guerre, Ndindabahizi, Bagosora et Renzaho. Pour plus d’information, lire « La Chambre d’Appel confirme la sentence condamnant Ndindabahizi à l’emprisonnement à vie | Nations Unies Tribunal pénal international pour le Rwanda » ici : www.unictr.org/fr/actualit%25C3%25A9s/la-chambre-dappel-confirme-la-sentence-condamnant-ndindabahizi-%25C3%25A0-lemprisonnement-%25C3%25A0-vie Vincent Hugeux, « Rwanda : perpétuité pour Théoneste Bagosora, cavalier de l’Apocalypse », L’Express, 2008. À lire ici : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/rwanda-perpetuite-pour-theoneste-bagosora-cavalier-de-l-apocalypse_727126.html Sukhdev Chhatbar, « Ex-Rwanda governor sentenced to life for genocide », Associated Press, 2009. En anglais, à cette adresse : http://www.deseretnews.com/article/705316909/Ex-Rwanda-governor-sentenced-to-life-for-genocide.html?pg=all []
  11. Nicolas Carnec, « Éric Zemmour. Polémique autour de son prix Châteaubriand. », Ouest-France, 13 octobre 2015. Disponible à cette adresse : http://www.ouest-france.fr/bretagne/combourg-35270/eric-zemmour-polemique-autour-de-son-prix-chateaubriand-3761947 « Combourg. Éric Zemmour chahuté chez l’« Enchanteur » », Le Télégramme, 21 octobre 2015. En ligne ici : http://www.letelegramme.fr/bretagne/combourg-eric-zemmour-chahute-chez-l-enchanteur-22-10-2015-10821430.php []
  12. Pour plus d’info sur l’Action Française rennaise, se reporter à Collectif Antifasciste Rennais, « L’affaire Maryvonne Thamin : quand les fascistes s’en prennent aux squatters », 2015. En ligne à cette adresse : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-laffaire-maryvonne-thamin-quand-les-fascistes-sen-prennent-aux-squatters/ []
  13. Se référer à cette page : http://www.chateau-combourg.com/page4.htm []
  14. François Sureau, « J’ai vu finir la Ve République », La Croix, 12 avril 2016. À relire ici : http://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/J-finir-Ve-Republique-Francois-Sureau-2016-06-21-1200770285 []
  15. Collectif Antifasciste Rennais, « Avec Zemmour pour exemple – Polémiques en carton et machistes avec du sépia plein les doigts », 2015. À lire ici : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-avec-zemmour-pour-exemple/ []
  16. « Alain Finkielkraut reçoit le 16e prix Combourg Chateaubriand », Ouest-France, 30 octobre 2014. En ligne ici : http://www.ouest-france.fr/bretagne/combourg-35270/alain-finkielkraut-recoit-le-16e-prix-combourg-chateaubriand-2939791 []
  17. Vous pourrez retrouver son intervention à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=eUrmBeKlpyI []
  18. Marie Bordet, « David-Weill, l’été chic », Le Point, 22 juillet 2010. Lire à cette adresse : http://www.lepoint.fr/economie/david-weill-l-ete-chic-22-07-2010-1220030_28.php Prenons le temps de citer un extrait du livre de sa fille Cécile David-Weill, pour bien comprendre de quoi on parle  : « Marcel, le maître d’hôtel, appartenait, comme les autres membres du personnel, à une armée de l’ombre dont nous savions peu de chose. Nombreux, et omniprésents, ils oeuvraient en effet si discrètement, invisibles et silencieux, que la façon dont ils remplissaient leurs tâches demeurait pour nous un mystère. Ainsi par quel miracle nos chambres étaient-elles faites ? Et comment le salon, que nous quittions tard dans la nuit, se retrouvait-il impeccable dès 7 heures le lendemain ? Sans parler des serviettes de bain laissées au bord de la mer ou autour de la piscine que nous trouvions pliées dans des panières ou dans la grotte de la plage ! (…) Loin de la démagogie qui aurait consisté à afficher à l’égard du personnel notre éventuelle affection ou une sympathie généralisée, nous ne leur témoignions aucune familiarité. C’était notre manière de leur montrer du respect et de les assurer que nous appréciions leurs compétences. » Cécile David-Weill, Les prétendants, Grasset, 2010. []
  19. On regretterait de ne pas citer l’article suivant dans ce dossier, lorsqu’il aborde le travail de Petitfils au service fusions-acquisitions de la banque Indosuez : « Des années d’épouvante pour cet amoureux des archives et des arcanes de la cour ? « Pas du tout, rétorque l’auteur à l’allure d’homme d’affaires, c’était très amusant. Les OPA nécessitent toute une stratégie, avec ses secrets, ses noms de code », poursuit ce passionné. » Marianne Payot, « Jean-Christian Petitfils, de la banque à l’Histoire «, L’Express, 10 février 2010. En ligne ici : http://www.lexpress.fr/culture/livre/jean-christian-petitfils-de-la-banque-a-l-histoire_846113.html []
  20. Jean-Christian Petitfils, L’Extrême droite en France, PUF, 1987. []
  21. Vincent Tremolet de Villers, « Marc Fumaroli : « le latin est victime des fanatismes égalitaires et utilitaires » », FigaroVox, 31 mars 2015. En ligne à cette adresse : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/03/31/31003-20150331ARTFIG00379-marc-fumaroli-le-latin-est-victime-des-fanatismes-egalitaires-et-utilitaires-12.php []
  22. Robert Zaretsky, « « Éloge des frontières » : Debray dans le sillon de Le Pen et Barrès », Rue89, 30 décembre 2010. En ligne à cette adresse : http://rue89.nouvelobs.com/2010/12/30/eloge-des-frontieres-debray-dans-le-sillon-de-barres-et-le-pen-182815 []
  23. « Si, au bout de la discussion, on m’oblige à me classer entre droite et gauche, je me dirais gaulliste de gauche, voire, au grand dam de certains, gaulliste d’extrême gauche ! Honnêtement, j’ai beaucoup de mal à trouver quelque enjeu que ce soit à la politique intérieure de la France d’aujourd’hui. », émission Bibliothèque Médicis, LCP, 20 mars 2010. À voir ici : http://www.dailymotion.com/video/xcsdsj_bibliotheque-medicis-corriger-l-his_news []
  24. Jean Ferrat, « Un air de Liberté », tiré de l’album La Femme est l’avenir de l’homme, 1975. Texte en ligne à cette adresse : http://www.parolesmania.com/paroles_jean_ferrat_15393/paroles_un_air_de_liberte_487328.html []
  25. « D’Ormesson évite le fisc », Le Point, 19 janvier 2006. Article à lire en ligne ici : http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2007-01-17/d-ormesson-evite-le-fisc/916/0/25662 []
  26. « Éric Zemmour, prix Combourg-Chateaubriand 2015 : grosse colère des socialistes », Breizh Info, 14 octobre 2015. Article accessible à cette adresse : http://www.breizh-info.com/2015/10/14/32912/grosse-colere-des-socialistes-apres-lattribution-du-prix-combourg-chateaubriand-a-eric-zemmour []
  27. Nous ne nous contenterons pas d’une simple capture d’écran. Vous pouvez également vous reporter à cet article : Dominique Albertini, « L’un des livres favoris de Marine Le Pen décrit une apocalypse migratoire », Libération, 16 septembre 2015. En ligne ici : www.liberation.fr/politiques/2015/09/16/le-livre-de-chevet-de-marine-le-pen-decrit-une-apocalypse-migratoire_1383026 []
  28. D’Orcival a un parcours chargé : défenseur de l’Algérie Française, membre des organisations d’extrême droite Jeune Nation, Fédération des Étudiants Nationalistes et Mouvement Nationaliste du Progrès, il a surtout été un homme de plume, collaborant à des revues d’extrême droite telles que Défense de l’Occident de Maurice Bardèche ou Europe-Action de Dominique Venner. Il serait fastidieux d’en dresser ici un inventaire complet mais on peut signaler qu’il apparaît en outre régulièrement sur Radio Courtoisie et qu’il est proche d’Alain de Benoist. []
  29. « Alain Ménargues (RFI) présente sa démission », l’Obs, 21 octobre 2004. En ligne ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20041018.OBS9328/alain-menargues-rfi-presente-sa-demission.html []
  30. Nicolas de La Casinière, « Petit journal mais gros appuis. Le Lay et Pinault devraient financer «le Nouvel Ouest» lancé par un proche de Villiers. », Libération, 16 janvier 1998. À lire ici : http://www.liberation.fr/medias/1998/01/16/petit-journal-mais-gros-appuis-le-lay-et-pinault-devraient-financer-le-nouvel-ouest-lance-par-un-pro_225170 []
  31. Serge Garde, « Une croisade occulte », L’Humanité, 12 novembre 1999. À lire ici : http://www.humanite.fr/node/217201l []
  32. « Le mouvement breton javellise ses chemises noires », La lettre à Lulu, octobre 1999. En ligne ici : http://www.lalettrealulu.com/Le-mouvement-breton-javellise-ses-chemises-noires_a653.html []
  33. Pour plus d’information : http://dirigeant.societe.com/dirigeant/Guy.DE_LA_TOUR_DU_PIN_VERCLAUSE.22079986.html []
  34. Voir : https://littlesis.org/org/106339/Access_International_Advisors []
  35. « Une arnaque à la Madoff peut se reproduire », Le Parisien, 14 septembre 2010. À lire à cette adresse : http://www.leparisien.fr/economie/une-arnaque-a-la-madoff-peut-se-reproduire-14-09-2010-1067239.php []
  36. Alex Berenson et Matthew Saltmarshjan, « Madoff Investor’s Suicide Leaves Questions », The New York Times, 1er janvier 2009. À lire en anglais à cette adresse : www.nytimes.com/2009/01/02/business/02madoff.html []
  37. Vous trouverez toute la liste à cette adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Combourg#Jury_du_prix_Combourg_:_acad.C3.A9mie_Chateaubriand []
  38. « Les idées de la classe dominante sont aussi à toutes les époques les idées dominantes ; autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les idées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante ; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. » tiré de Karl Marx, Textes 1 (1845), Éditions Sociales, 1972, page 109. []


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